‹ Notre jeunesse et l'ère nouvelle [microforme]Chapitre 6 sur 24 · CHAPITRE TROISIEME Que faire dans · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME Que faire dans

embarras du choix.—La Carrière pater-

nelle. —L'attrait et la capacité, — Le rôle de l’édu- Cateur dans le choix d’une carrière,

Si on veut Comprendre ] jeune homme à la veil de se choisir une ère s'emparent de lui, on n’ haute mon es chemins Parai pénétrable,

cles, encombrée d’ pérités. Veut-il

de lui,

l’ado

ponse à faire aux d “Fais ce que tu voudras

D'autres jeunes sont-ils laissés à

d’appren cnt péri en route.

n exacte de ce que nous jeune h par l’em

fessions, d’indiquer

ssir dans son choix.

Que faire dans l'embarras du choix

À ceux que l'embarras du choix inquiète, je donnerai une indi. cation bien naturelle, c’est à savoir de rechercher s'ils pourraient suivre la carrière de :.ur père.

L'avantage d’une telle indication, c’est de préparer au jeune homme une entrée dans la vie sans lutte, sans indécision. Comme l'écrivait M. Edouard Chartin : “Le jeune homme témoir, dès son enfance, des travaux qui deviendront les siens, initié insensiblement aux devoirs de son état par tout ce qui se passe sous ses yeux, par les conversations mêmes de la famille, guidé dans son noviciat par l'expérience paternelle, succède à des relations toutes formées, à une estime, à une confiance acquises par une longue vie d’honnête labeur. Ces deux existences qui se joignent ainsi s’ajoutent l’une à l’autre de manière à n’en faire qu’une seule, Pour ce fils, c’est “trente ans gagnés sans peine,” comme Pascal disait de ceux qui naissent avec les privilèges de la naissance.”

C'est aussi ce qu'Emile de Girardin conseillait quand il disait: “Comme clientèle et comme renom, la même profession étuée de père en fils, a toujours fait jouir ceux qui l'ont exercée d’une cons'dération plus grande que celle qu’ils eussent obtenue en lui préférant une autre condition qui leur aurait paru plus élevée dans la hiérarchie professionnelle.”

Mais s’il s’en trouvait qui ne veulent pas embrasser la carrière

de leur père par crainte de s’humilier, je leur répondrais avec M. Jules Lebeaume : “ i

L’attrait et la capacité

Mais il se peut que le jeune homme n'ait ni les aptitudes, ni le goût pour la profession paternelle ; il reste alors à s'interroger et à rechercher pour quelle carrière il se sent plus d’attrait et plus de capacité.

Le Père Didon qui s’y connaissait en la matière disait : “Chez l'enfant, le goût, l'attrait précède, et le plus souvent, masque la conscience exacte de la capacité, Cependant, si la nature est inte!ligente et sérieuse, je dois le dire, un attrait véhément vers telle ou

telle carrière n’est que l'expression exacte du sentiment de la capacité personne/:e.”

à RIT

C'est au jeune hom udier ses aptitudes, es 1 C

“ses dispositi que chose. est se €ngager dans telle ou telle

Combien d’ à cette inclinati peut-être é

uses pour e d’une telle fausse orientation.

L'éducation de l'enfant est partagée entre ses parents

maîtres ;ilya l'éducation de famille et l'éducation de l'école. Or,: au foyer autant qu’à l’école, c’est le devoir des éducateurs de préparer l'avenir des enfants, ....C’est au foyer d’abord que commence l'oeuvre de l'avenir de l'enfant et Balzac disait : “Un des devoirs d’une mère est de déméler dès Je jeune âge les aptitudes, le caractè a vocation de ses enfants, ce qu'aucun

ent toujours suivi ces conseils quelles ea ées et dont leurs enfants ont été les maleu

avocat, Un notaire, un médecin, s’est-on arrêté un instant à penser ce que Ça signifie n rendu compte qu’en engageant ondaire, c'était le mettre dans e s ’âge de vingt-cinq ans ? Et la i t que de cinquante ans, la moià préparer l’autre moitié, qui souvent reste

elle fut mal préparée,

On ne saurait trop répéter aux parents Je devoir qu’ils ont d'aider leurs fils dans le choix d’une carrière et là-dessus Emile de Girardin s’exprimait ainsi: “Le père de famille s23e et prudent cherchera de bonne heure à faire naître et à entretenir dans l’esprit de son fils Je désir de lui survivre dans ga Profession; il ne

négligera aucune occasion de lui en faire apprécier les avantages.’

De grâce que les pères ne mettent pas leur orgueil à pousser leurs fils au-dessus d'eux. Ce sera le malheur des deux. Qu'ils n’aillent pas non plus inconsidérément transplanter leurs fils dans un sol qui ne leur serait pas prepice, ils en feraient des déracinés qui un 4 peut être les mépriseront.

“Bien des pères, écrivait Louise d’Alq, veulent élever leurs fils au-dessus de leur niveau à eux: ils croient les rendre plus heureux en leur donnant les moyens de pénétrer dans un monde qui n’a pas été le leur. Ils n'arrivent qu’à se faire mépriser de leurs enfants et à les exposer aux railleries de ceux qui se croient leurs supérieurs”.

- À l’école c’est aussi le devoir du prmene de rechercher chez ses élèves, les aptitudes qu'ils possèdent, Ce que je voudrais demander aux instituteurs c’est un peu plus de psychologie, L'un d’eux, un mien ami, profeseur à l’école Norma e, a créé pour ses élèves des fiches individuelles, Pourquoi d’autres ne feraient-ils pas de même ? Un instituteur de Paris écrivait un jour à M. Hanotaux qu’il avait ce système de fiches “où les variations du caractère, les bons et les mauvais penchants tiennent une place, et où, pour mon compte personnel, je fais figurer, en dernier lieu et comme conclusion personnelle, ce que je crois démêler des aptitudes iales de chacun... Quand des parents se confient à moi, et cela arrive parfois, je n’hésite pas à leur livrer mes prévisions en les mettant en garde contre ce qu’elles peuvent avoir d’absolu.”

Ne voit-on pas quel bien résulterait d’une telle innovation dans nos écoles. Mais je vois venir l’objection qu'il est impossible à un instituteur de tenir en ordre un système de fiches pour une classe de trente, quarante élèves. Je l’admets; mais alors réduisons en le nombre à vingt ou vingt-cinq au plus.

Et puis ne devrait-on pas aussi inaugurer dans nos écoles des ertretiens sur les diverses carrières. J'emprunte cette suggestion à M. Gabriel Hanotaux et je la trouve si opportune que je la iais mienne. “Cette sorte de conversation simple et tique ne serait-elle pas de la plus grande utilité ?” ajoute M. Hanotaux.

En entretenant ainsi ses élèves des diverses carrières le L-0fesseur, pour peu qu’il soit psychologue, découvrirait bien mieux, ee de ses auditeurs, l'attrait qui se manifeste chc.. eux Un suprême avis

Il serait trop long de poursuivre d’autres considérations sur ce thème. Je me contente de ces quelques indications et en terminant j’adresse aux parents et aux instituteurs ce suprême avis, que l'abbé Groulx donnait aux hommes d'Etat de notre pays, à la fin de ses conférences sur le Confédération: :

“De grâce gu'ils n’abandonnent Pas à l'improvisation et à jrne action incohérente le développement de notre vie j que, pour la vani "Uu patriotisme Lrop largement Canadien, ; sacrifient point au rêve d'une impossibl]

r l’avenir; qu'avant de con part destinées, ils tiennent compte de istoire, et eg ne era point > ce qu tant de mira- € À

Ainsi soit.i] “n’a bàndonnent à érente le déve- 1 na . qu'ils éclairent

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