CHAPITRE QUATRIEME
L'Université Laval château-fort de la race canadienne- —C'est elle qui a me notre jeunesse.
gr Georges Gauthier et le choix d’une carrière. — L'avenir de notre université.
Pour ne pas laisser “à l'improvisation et à une action incohérente le développement de notre vie nationale,” quel organisme répondrait mieux aux exigences de l'heure que notre vieille université Laval?
Pour exercer dans tous les milieux son action féconde, il ne lui manquait que peu de choses, c’est à savoir, une autonomie complète et absolue et un peu de remaniement. Elle vient d’ob- Hs la première, espérons que l’autre viendra aussi et au plus t
Rappelons en peu de mots ses origines et son développement.
Pour cela, je n'aurai qu’à citer ce que j'écrivais, au commencement d'octobre :
Ce que c’est que l’Université Laval
“Ceux qui connaissent l’histoire de notre université de Montréal ne peuvent se la rappeler sans émotion. C’est en 1876 que Mgr Bourget obtint, au prix des démarches les plus pénibles et les plus douloureuses parfois, l'établissement d’une succursale de l’u-
niversité à Montréal et en 1881 cette succursale obtint son incorporation civile.
“Les débuts furent durs, les épreuves nombreuses, et les difficultés sans nombre ; mais on réussit quand même à doter notre ville d’une université. En 1878, les facultés de droit et de théologie étaient fondées ; en 1979, celle de médecine. En 1889, grâce aux démarches et aux efforts du vénéré M. Colin, supérieur de Saint-Sulpice, de Mgr Fabre, de sainte mémoire, notre université chtenait une autonomie partielle, En 1895, on construisit l’édifice de la rue Saint-Denis.
“A travers d’autres épreuves qu’il serait trop long et trop pénible de rappeler, notre université se développa et aujourd’hui, elle possède une faculté de théologie, une faculté du droit, une faculté de médecine, une école de médecine comparée et de science vétérinaire, une école de chirurgie dentaire, une école de pharma-
cie, une école polytechnique, un institut agricole, une faculté des arts, une chaire d'économie politique, une école des hautes études
commerciales, une chaire de pédagogie, une école d’enseignement supérieur pour les jeunes filles.
“Et ce ne serait pas être complet que d'omettre que notre université possède deux rates revues, qui répandent — notre
8 la ée française, Revue Canadienne et 1a Revue Trinree irielle. Pa Revue pus de cinquante
ans, a semé partout les grand pogé dans tous les. 7 de notre race la . È
a Revue est: uatre ans, fait aussi honneur aux | ar ont
pour rédacte sde notre
uscitera plu ntérêt, et peut-être réveillera-t-elle chez bea triotes un peu plus. d'orgueil et d'ambition.
“ Notre université château-fort de notre race ”
On dit des fois , C'est
ps la résistance, mais à p Qu'il en devienne ainsi ux jeunesses s
remarque de M. André dans son ouvrage le s doute au point de cantonner dans un ront guère de jamais moins cultivée, mais Par un milieu abondant ve enfin, paraît devoir ais ne suivent pas ce mouvement, il i i és. C'est à leurs éducateurs ment la responsabilité de cet avenir.”
J'ajouterais que c’est aux Canadiens-français riches et arrivés qu’appartient aussi cette responsabilité.
Un château-fort ne se maintient qu’autant qu'il est approvisionné en argent et en munitions, et ce sera à no: compatriotes riches qu’il incombera d'aider notre université à se maintenir et à grandir. A moins qu'on ne vienne en aide à notre université, je dirai encore avec M. Siegfried que les institutions anglaises vont devenir pour la nôtre et “pour notre race tout entière un adversaire plus dangereux que ne le serait une armée, munie des fusils les plus perfectionnés et des armés les plus modernes.”
Notre université éclairera notre jeunesse
Mais j'ai confiance, Je sens comme un réveil chez ceux qui président aux destinées de notre grande institution. Je suis d’autant plus à l’aise pour l’affirmer que j'ai pour me corroborer le tém même de Sa Grandeur Mg Georges Gauthier, le distingu vice-recteur de Laval à Montréal. Dans une étude donnée à l'Action française en mai dernier, Mgr Gauthier disait qu’on devrait de plus en plus orienter rpenet primaire vers les carrières pratiques. C’est run un puissant aus de lumière qui devrait guider les parent: ct les éducateurs le choix d’une carrière à nos jeunes compatriotes. Mgr. Gauthier se plaît à le reconnaître : “Nous devons d'autant moins hésiter à pousser nos enfants dans cette voie et à les y préparer que le Canadien-fran- Le ntm à un degré élevé le goût et le talent des arts indus-
Parlant ensuite de l'enseignement secondaire, Sa Gr:ndeur voudrait qu’il devint plus pratique. “Ce que je voudrais plutôt que l’on remarque, écrit-il, c’est ’urgence qu'il y a de diriger ceux Ce nos bacheliers qui se destinent au monde, vers nos écoles spéciales : Polytechnique, Hautes-Etudes Commerciales, Ecoles d’Agriculture, Ecole des arts décoratifs et industriels, Ecoles forestières et Spears. L'avenir de nos jeunes gens est là. L'on nous C:r que le droit et la médecine sont encombrés ; il faut bien ‘en croire Ceux qui nous l’affirment, parce qu'ils sont bien pour le savoir. Il y a, à coup sûr, des jeunes gens dont les aptitudes plus éclairées et mieux dirigées auraient trouvé, dans les carrières que nous signalons, un succès remarquable, Des écoles existent aujourd’hui qui les achemineront vers le succès désiré, il importe souverainement qu’ils sachent en profiter.”
En citant ainsi Mgr Gauthier, vice-recteur de notre université, n’ai-je pas démontré que c’est elle, notre université, qui dirigera maintenant notre jeunesse. C’est elle qui verra à donner à l’enseignement des dix-sept collèges classiques qui lui sont affiliés l'orientation nouvelle, et avant peu, on n’aura plus le reproche à faire à notre université qu’elle se désintéresse du progrès.
À son tour notre jeunesse canadiennegager dans la voie qui mène à l’industrie e côté de la jeunesse anglomique et en même temps
française pourra s’ent aux affaires, luttant Canadienne pour la suprématie écono-
pour la suprématie intel'ectuelle.
L'avenir de notre université
Pour un visionnair e chez nous, ational,
Couragement d veut que notre