‹ Notre jeunesse et l'ère nouvelle [microforme]Chapitre 8 sur 24 · Deuxième Partie · texte numérisé non relu

Deuxième Partie

LES CARRIERES D’ELITE.

j'ob- | CHAPITRE PREMIER ons- À è qu'il un " L'Etat ecclésiastique.—Ce que le neuple canadien doit à qui À son clergé.—Ce que doit être le prêtre.—Ce que

- ; le peuple attend de lui.—“ La :onne rh souffrance du prêtre.” à Si maintenant nous passons en revue les principales profeswil sions dans l’ordre de leur valeur intrinsèque, et en premier lieu qui ; celles qui, “bien qu’improductives sont immédiatement et directe- Me ment avantageuses à l'individu et à la communauté,” ne convientent É il pas de parler en premier lieu de l’état ecclésiastique ? ces Et c’est bien de l’état ecclésiastique que nous voulons aujourion d’hui entretenir nos lecteurs.

se Nous reprochera-t-on, à nous homme du monde, un profane, di- Ë fe nous occuper de personnes qui ne sont pas du ressort de notre a j jugement ? Pourquoi nous viendrait ce reproche ? Car comment LE dE 2 pourrions-nous nous dispenser de parler de la carrière sacerdotale,

Es { elle qui tient une si grande place dans notre histoire ? Est-il possible, en parlant de l'avenir de notre jeunesse, d’omettre l'état ce quand c’est à lui que le peuple canadien doit sa survivance

Ce que le peuple canadien-français doit à son clergé

“Nierait-on que le clergé catholique romain a été un des sauveurs de notre race ? A quelque croyance qu’on appartienne, de quelque opinion qu’on se réclame, peut-on répudier le témoignage de Fhistoire ? N'est-ce pas M. André Siegfried, un protestant pourtant pas toujours sympathique, qui le reconnaissait lui-même quand il écrivait en parlant de l'Eglise romaine au Canada : “Hätons-nous de reconnaître du reste qu’elle tient sur les bords du S*twut-Laurent une place à part, qu’elle a de tout temps été pour ses disciples une protectrice fidèle et puissante, que notre race et notre ‘zgue lui doivent peut-être leur survivance en Amérique. Cette situation exceptionnelle lui permettait, dès la conquête de revendiquer du vainqueur lui-même des droits spéciaux. A bien des égards, les avantages archaïques qu’elle conserve sont la re-

race!”

uand en 1760 et 1768, ] Par ses homries ‘ taient avec lui.

à ses prêtres qu’il les doit, î]

curés de Campagne ne furent-ils Pas le bercea. collèges classiques ? Le

une nos li rtés, truits et formés.

les pionniers

lité, comme nos , nos h6s, les patronages, si ce n’est Je Comment donc, Pourrais-je m'a e carrière, de faire C plus héroïque, la plus sacerdotale, La carrière sacerdotale “C'est une grande Vocation, disait un jour le Père élèves de lécole Alber’-le-Grand, que celle des élu ieu suscite d YS pour y mai té, de la justice, le, de la t y ton nfatigables à l'expans . ;

force de proes discours”,

unesse de ne pensée que celle

est-elle 1 Seuiede leur

Au sortir du collège ,le jeune homme qui embrasse la carrière ecclésiastique, s’il reste dans le clergé séculier, est désigné par l'autorité, soit pour entrer au grand séminaire, soit pour faire de l’enseignement au service de quelque institution.

Si c’est ia vie religieuse qu’il a préférée, il débute par une année de noviciat simple, qui est suivi, après les premiers voeux prononcés, d’un noviciat plus ou moins long, selon qu’il appartient à tel ordre ou à telle commurauté.

Il serait trop long d’entrer dans tous les détails, mais ce qu’il importe de dire à notre jeunesse qui se destine à Dieu, c’est ce que l'abbé Henri Perreyve écrivait un jour, qu’il faut trouver dans le prêtre la “dignité du caractère qui fait l’homme, et la sincérité qui fait l’homme de Dieu”. Il ne faut pas que le prêtre soit “seulement intelligent et bon, mais qu’il soit saint.”

Et enfin qu’on me permette de rappeler cette pensée de Charles Sainte-Foi: “Quand Dieu veut punir un peuple, il lui envo’e des prêtres tièdes et paresseux ; et quand il veut élever une nation, il multiplie chez elle les prêtres de foi et de prière.”

carrière sacerdotale ne saurait être avantageuse à l’individu et à la communauté qu’à cette condition.

Ce que le peuple canadien-français attend de son clergé

Quand nous disons que la vocation ecclésiastique est improductive, il va de soi que nous entendons par là qu’elle ne saurait être assimilée aux autres carrières qui ont pour objet le développement de nos richesses matérielles et leur mise en valeur. Mais la vocation ecclésiastique devient productive dans le domaine moral et spirituel et c’est ici qu’il convient de dire ce que le peuple canadien-français attend de son clergé.

Notre nationalité au débu: de cette ère nouvelle ne peut pas, pas plus que dans le passé, se dis»enser des services de son clergé.

h non! et on pourrait dire avec plus d’à-propos que jamais: “Nisi Dominus aedificaverit domum, in vanum laboraverunt qui aedificant eam.” Pour que le peuple canadien-français monte vers les sommets de la vie nationale, il attend le concours du clergé. Il lui demande, avec le distingué vice-recteur de l’Université Laval, de rendre son enseignement plus pratique. Il lui demande qu’il oriente notre jeunesse qu’on lui confie vers les carrières nouvelles et qu’il la détourne des anciennes professions qui n’ont plus de libéral que le nom. Il attend de lui sa collaboration dans le domiaine social, comme dans le domaine spirituel : on ne saurait séparer les deux. La solution d’un des grands problèmes de notre avenir national se trouvé dans la colonisation et dans le retour à la terre et aujourd’hui comme dans le passé le peuple veut que son clergé l'encourage et le guide, A la campagne, que le pasteur s'efforce de faire apprécier de plus en plus à ses ouaïlles les bienfaits de la vie agricole ; qu’il s’efforce de rendre cette vie là plus attrayan-

Et dan prêtre s’il

jeunesse à besoin de l’attend. Que le prêtre peuple s’éloignera de lui. Le : multiplier, pour que notre

e preu saurait se désintéres

pi

ments de l’Église. :

ous n'avons fait que toucher à ce sujet; il ne nous siérait pas d’insister trop, on pourrait reut-être prendre pour de l’impudence ce qui n’est que le souci d’être utile à ceux qui se sentent

appelés à la vocation ecclésiastique.

Le prêtre est-il le Plus heureux des hommes

Enfin, pour qu'aucun de nos jeunes

carriè

éloquemment et

“ nce du prêtre”, il 1 que tout jeune ho

’étale dans une brochure mme qui aspire au sacer-

doce devrait lire. C’est.un commentaire, qui intéresserait autant un profane qu’un pieux lévite, de quelques épitres de saint Paul aux Corinthiens. C’est en le lisant que j'ai vu que les douleurs du prêtre nous sont inconnues et dans tous les cas incomprises. Dans sa préface, l’auteur dit: “Le Prêtre, au risque de cesser d’être Prêtre, ne peut aller chercher ses consolations auprès des hommes, l’auteur de l’Imitation nous en avertit en plusieurs chapitres de son admirable livre. D'ailleurs, nous-mêmes, aux heures mauvaises, nous sentons le néant des secours humains et des consolateurs, fussent-ils d’une autre famille que celle de Job. Au fond nous savons bien ce qu’il faut faire pour remonter notre courage abattu, mais il nous manque souvent un compagnon pour mettre en mouvement toutes ces puissances récupératoires et nous faire pratiquer ce que nous prêchons si bien aux autres.”

Puissent donc ces quelques considérations éclairer ceux de mes jeunes compatriotes qui croient entendre au-dedans d’eux l'appel du Maître. Qu'ils n’y voient qu’un désir sincère d’un homme bien humble qui s’honore de l'amitié de prêtres saints autant que savants et qui en même temps connaît par ses fonctions la société moderne, de les renseigner et de les aider dans l’acte le plus important de leur vie. Ce serait injuste de lui imputer tout autre motif.

CHAPITRE DEUXIEME L'enseignement, —La mission de l'instituteur et son Îm- Portance.—Les difficultés qui l’attendent.—Comment on rentre dans la carrière. —L'enseignement et l'avenir de notre race.

ne se rapproche plus du sacerdoce que l’ensont tous deux pa:

tre comme de une carrière qui ures, de l’abnéga-

que la mission de l'instituteu ndis que le prêtre ’éducai , l’insti i à sa charge l’éion physique et

que dépend la félicité

ssait bien quand il disait: “La

, et surtout d’un Etat chrétien,

jeunesse, 0° l'on & pour but de

iences, l'esprit encore brut des

poser ainsi à remplir dignement les diffé.

ont destinées.”

Notre province a besoin plus que jamais d’instituteurs et de bons, et notre jeunesse ferait bien, au lieu de s'engager dans le droit ou le notariat, de songer un peu à l’enseignement. Il impor-

te donc de bien la renseigner et c’est ce que j’ai bien l'intention de aire.

L’instituteur est l’éducateur délégué de la famille, de l'Etat et

îm-

de l'Eglise. Il incarne cette grande trinité. La famille, l'Etat et l'Eglise lui confient le corps et l’âme des enfants.

C'est à l’instituteur que l’enfant va demander la “santé et les forces corporelles, les lumières de la raison, et la vertu, qui est

l'ornement du coeur, afin qu’il jouisse ici-bas d’une certaine félicité en attendant le bonheur éternel.”

Comme l’écrivait un grand pédagrzue: “ La famille demande à l'instituteur de lui former des enfants robustes, sages et vertueux, qui feront plus tard sa prospérité et sa joie. L'Eglise remet à l’éducateur ce qu’elle a de plus cher, les âmes de ses enfants dont elle a fait, par le baptême, des héritiers du ciel. Elle Jui impose charge d’âmes en lui conférant le droit d'enseigner les éléments de la religion et le devoir de veiller sur l'enfance. L'Etat lui confie ses futurs citoyens pour qu’il en fasse de bons patriotes.”’

Voilà bien la mission de l'instituteur, mission très grande, mais remplie de responsabilités.

Les difficultés de l’instituteur

Il n’est aucune profession qui, selon moi, soit plus hérissée de difficultés et qui demande plus de bonté, de patience et de dévouement. Veut-on là-dessus le témoignage d’un autre grand éducateur? Le Frère Achille, des Ecoles Chrétiennes, une des célébrités de l’enseignement français, a dans une page montré quelle tâche est dévolue à l'instituteur: je ne saurais mieux faire que de Île citer, pour que ceux qui me lisent, se rendent compte des ennuis, des déboires qui attendent le maître.

“Pour en juger, dit le Frère Achille, pénétrons un instant par la pensée dans une salle d'école, à l'atmosphère souvent malsaine, peuplée d’une cinquantaine d'enfants et plus, de sept à douze ans. C'est à l’instituteur de gouverner ce petit monde, souvent malpropre, grossier, indiscipliné, toujours pétulant et espiègle. Durant six ou sept heures de chaque jour, son regard ne peut les perdre un instant de vue; son oreille attentive doit recueillir jusqu’aux moindres de leurs paroles, et sa voix se faire entendre sans relâche Pour ressasser, tantôt à une division, tantôt à une autre, les éléments les plus vulgaires des connaissances. humaines. Quelle tâche fastidieuse que celle-là !

“Si encore il était tout à lui-même dans l'occupation du moment! mais, pendant qu’il se trouve en face d’une section d'élèves, il faut maintenir la discipline des autres, comprimer la légèreté, vider les conflits, exciter la paresse, entretenir l’application générale, veiller à tout en un mot. Pourvu que la patience ne lui

happe pas, car un soufflet mille fois mérité par un gamin pourra conduire le maître devant un tribunal et lui valoir une condamnation à l’amende, si pas à la prison. Heureux encore si, un jour ou l’autre, un moment de lassitude et d’oubli coineidant avec tei ou

tel accident survenu à un élève ne lui arrache pas, en domma intérêts, quelques centaines de francs de son maigre traitement.

“ Parlerons-nous des difficultés que lui suscitent parfois les exigences outrées de certains inspecteurs ou administrateurs lo- Caux, des contrariétés qu’il éprouve de la part des parents déraisonnables, des Coups de langue dont il peut être victime dans la localité? La stupidité incurable de certains enfants fait taxer l’instituteur d'incapacité, la paresse invétérée d‘un autre sera mise au Compte de l’incurie du maître. Et pareille vie, il faudra la mener pendant trente ans avec Ja perspective d’une minime pension !”

Relire cette page, n'est-ce temps d'école et de coll nue nous avons secondaire ?

Quelle autre Carrière vraiment peut être, à ce point de vue seul, comparée à l’enseignement ? Nous, pères de familles, avons à peine la patience d’endurer nos enfants, voyons-nous bien quelle tâche écrasante c’est pour linstituteur, non pas seulement d’endurer, mais d’instruire, de former nos enfants et ceux de milliers d’autres comme nous ?

Et pourtant c’est le sort qui attend ceu sacrer à l’enseignement. ssi i vouer possède plus de qualités de to embrassent toute autre profession.

Les qualités qu’il faut

Astreint toute sa vie à un effort physique considérable, sou-

mis à une tension intellectuelle continuelle, mis sans cesse à la plus

ure épreuve morale, n'est-il pas évident qu’il faut à l’instituteur

des qualités suréminentes et qu'on ne saurait exiger d'aucun autre?

1 doit avoir une voi

tion nette, afin que

gnement.

Chargé de comm

fants, ne faut-‘il pas que qualités intellectuelles les ) par l'étude qu’il les acquerra; par l'assistance dégogiques, par le contact avec ses confrère: revues et des ouvrages qui le concernent,

Il doit aussi s'exercer à la ychologie, car pour que son travail fasse son oeuvre et produise des fruits, il faut qu’il cherche à découvrir par l'intelligence l'âme de ses élèves. S'il s'efforce à deve-

bon physioi omiste, il deviendra bon psychologue; il pénètrera, petit à petit, dans tous les replis de l'âme de l'enfant, sans que celui-ci s’en aperçoive et ce sera lui faciliter considérablement la tâche de son éducation. Il discernera d’un coup d'oeil les aptitudes, les bons ou les mauvais penchants; il verra mieux quel caractère il aura à former.

Les qualités morales les plus diverses ne sont pas moins nécessaires à l’instituteur,

Il est comme le modèle que ses élèves s’efforceront de reproduire; alors il faut qu’il soit de bonnes moeurs. Il faut qu’il donne sans cesse le bon exemple, car il ne faudrait jamais que ses élèves découvrissent chez lui rien de repréhensible: ce serait compropre à jamais sa dignité et il perdrait vite le respect auquel il a droit.

La fermeté est une qualité indispensable à l’instituteur comme aux parents. C’est lui qui a charge de former le caractère de nos enfants, de former leur volonté; il faut donc qu’il ne s’abandonne pas à tous les caprices qui se manifestent. H faut qu’il sache se faire obéir et promptement, sans quoi c’en est fini de son autorité.

Tout en étant ferme, il faut qu’il soit doux et patient. Fortiter et suaviter doit toujours être la devise de l’éducateur, Sans doute qu’il n’est pas toujours facile d’être patient avec un troupeau d'enfants turbulents et parfois insubordonnés ; mais il le faut. La douceur viendra aussi à bout des caractères les plus revêches quand elle sera accompagnée de fermeté. Le vieux Rollin le disait : “D'un côté, la douceur ôte au commandement ce qu’il a de dur et d’austère et en émousse la pointe, D’un autre côté, sa prudente sévérité fixe et arrête la légèreté et l’inconstance d’un âge encore peu susceptible de réflexion et incapable de se gouverner lui-même”. -

Est-il besoin de dire que l’instituteur a besoin aussi d’une grosse dose de dévouement, après avoir surmonté les difficultés qui l’attendent? Il ne doit jamais se décourager, être un homme d'ordre, toujours à son poste à l'heure voulue; faire preuve d’un Éd incessant et avoir sans cesse l'oeil sur ceux qui lui sont con-

iés,

La prudence est aussi une qualité essentielle à l’instituteur. Prudence à l'égard des enfants qui le guettent et l’observént toujours; il faut qu’il ne s’oublie jamais; prudence à l'égard des parents qu'il ne devra jamais froisser. La prudence, il l’acquerra en demandant conseil à ses supérieurs ou à des confrères sages et vertueux.

On le voit donc bien, il n'est

dispensa = complète.

donné au premier venu d’être instituteur, profession par excellence, mais qui demande le doce, ce qu’on appelle le feu sacré.

Comment on entre dans la carrière

il faut obtenir un diplôme, qui est nommés par le comité ou par l’'E-ole Normale,

vant le Bu il recevra

Les bacheliers de nos collèges classiques trouveraient un grand profit également à se diriger vers l’Ecok Normale pour se consacrer à l’enseignement. Ils possèdent déjà la gymnastique intellectuelle qui assouplit l'esprit et une belle culture qui étendrait le champ des connaissances à transmettre. Nourris durant de longues années de la moëlle des classiques, ils ne contribueraient Pas peu à élever encore le niveau de l’enseignement.

Le coût d’un cours à cette école est de $100 par an, comprenant l’enseignement et la pension. Toutefois, le gouvernement a fondé des bourses qui réduisent de $33 le coût régulier, Ces bourses sont accordées aux étudiants pauvres et sur recommandation di député du comté qu’habite l'aspirant.

Porteur d’un diplôme, le gradué peut obtenir un emploi soit à l'Ecole Normale, soit aux écoles qui relèvent de la juridiction des commissions scolaires. Pour l'Ecole Normale, sa demande doit étre soumise au comité catholique de l'Instruction publique et ratifiée par le lieutenant-gouverneur en conseil.

Si le nouvel instituteur veut un emploi dans une école des commissaires, c’est aux commissions scolaires qu’il faut qu’il s’adresse. En dehors de Montréal, de Québec, il n’y a vraiment pas grande chance d’avenir pour un instituteur, Le maximum de traitement à l'heure qu’il est varie entre $1800 et $2000 et il faut des années avant de l’atteindre. La moyenne du traitement est d’environ $1200 et le minimum de $600 à $800.

Pour se perfectionner, l'instituteur a l’avantage de faire partie de cercles d’études comme les cercles Roy ou Désaulniers, pour

n'en citer que deux, et l'assistance aux conférences pédagogiques inaugurées cette année à l’Université Laval,

Après ce que nous avons dit de la carrière de l’enseignement, ne faut-il vraiment à l’instituteur un grand esprit d’abnégation pour l'embrasser? C’est donc à lui de bien songer avant de s'y engager, surtout s’il rêve de se fonder un foyer,

L'enseignement et l’avenir de notre race

Il ne se peut pas que l’enseignement soit ag a si on veut assurer à notre race un bel avenir; c’est donc le devoir des autorités et des citoyens d'élever le traitement des instituteurs.

Seulement comment veut-on que les autorités assurent un meilleur traitement aux instituteurs quand les citoyens sont si empressés à protester contre toute augmentation d'impôts? Des millions devraient être ajoutés au budget de l'instruction publique; mais comment les autorités scolaires et le gouvernement n’hésiteraient-ils pas, quand ils savent que les contribuables seront les premiers à les blâmer, si cette augmentation de budget amène une augmentation d'impôts ?

C'est très bien que les contribuables réclament une réforme de l’enseignement, un meilleur traitement pour les instituteurs ; mais aussi faut-il Fu consentent à supporter les frais de ces réformes. Et, d’ailleurs, n'est-ce pas leur avantage, puisqu’en somme ce sont leurs enfants qui en bénéficieront d’abord, puis eux ensuite, heureux qu'ils seront de voir mieux réussir leur fils?

L’avenir de notre race est entre les mains de nos instituteurs, et que deviendra-t-elle si la carrière est désertée, faute d’encouragement. Que de jeunes gens éminemment doués ont préféré une autre profession, faisant perdre ainsi à nos compatriotes le bénétice de leurs talents. Il ne faut plus qu’il en soit ainsi, Elevons le traitement et le niveau intellectuel de nos éducateurs; que leur carrière devienne une grande carrière; que leur action bienfaisante se répande partout. Faisons l’école attrayante et féconde : qu’elle devienne véritablement la pépinière de notre race.

Il y va de notre avenir national,

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