‹ Notre littérature étudiée dans les textesChapitre 115 sur 532 · I. —— NouvEAU SERMENT D'ANNIBAL · texte numérisé non relu

I. —— NouvEAU SERMENT D'ANNIBAL

À huit ans et demi, le père? mena son fils à Paris, et en le passant# par Amboise, un jour de foire, il vit les têtes de ses

2e éd., 1889), éd. J. Prévost (1928). — OEuvres complètes d'A. d'Aubigné, par

Eug. Roauns- F. de Caussade et Legouez (1873-1892, 6 vol. Lemerre). — Œuvres choisies d'A. d'Aubigné, par a Van Bever (1905).

A consulter.— Heyer : Agrippa d'Aubigné à Genève (1870). —Eug. Réaume : Étude historique et littéraire sur Agrippa d'Aubigné (Belin, 1883). —#. Monod : La jeunesse d'A. d'Aubigné (1884). — P. Morillot : Discours sur la vie et les œuvres d'Agrippa d'Aubigné (Hachette, 1884). — J. Rédier : Études critiques (Colin,

1903, chap. : Le texte des Tragiques d'Agrippa d'Aubigné). — S. Rocheblaxe :

Agrippa d'Aubigné (Hachette, 1910), La vie d'un héros : Agrippa d’Aubigné (1912). — À. Garnier: Agrippa d’Aubigné etle parti protestant (Fischbacher, 3 vol., 1928). — Mario Turiello : Agrippa d'Aubigné (au « Livre précieux », Naples, 1929).

4. Parfois délicate aussi et teintée de mélancolie. On connaît ce vers célèbre du livre IV (Feux) :

Une rose d'automne est plus qu’une autre exquise.

[2. Jean d’Aubigné. — 3. D'Aubigné, dans ses Memoires, parle de lui à 1: troisième personne. — 4. En le passant, en le faisant passer (on dit encore aujourd'hui : passer quelqu'un en burque).]

compagnons d'Amboise! encore reconnaissables sur un bout de potence, et fut tellement ému qu'entre sept ou huit mille personnes 1l s’écria : « [ls ont décapité la France, les bourreaux ! » Puis, le fils ayant piqué ? près du père, pour avoir vu à son visage une émotion non accoutumée, il lui mit la main sur la tête en disant : « Mon enfant, il ne faut pas que ta tête soit épargnée après la mienne, pour venger ces chefs? pleins d'honneur : s1 tu t'y épargnes, tu auras ma malédiction. » Encore que cette troupe fut de vingt chevaux, elle eut peine à se démêéler du peuple, qui s’'émut à tels propos.

(A. d'Aubigné, Sa Vie, à ses enfants.)

IT. — UNE LETTRE Au RO1 HENRI DE NAVARRE.

Peu de temps après, la paix * se fit et Aubigné se retirant écrivit un adieu au roi son maître en ces termes :

« Sire, votre mémoire vous reprochera douze ans de mon service, douze plaies sur mon estomac : elle vous fera souvenir de votre prison et queÿ cette main qui vous écrit en a défait les verrous et est demeurée pure en vous servant, vide de vos bienfaits et des corruptions de votre ennemi et de vous : par cet écrit, elle vous recommande à Dieu à qui je nr mes ser-. vices passés et voue ceux de l'avenir, par lesquels je m'efforcerai de vous faire connaître qu’en me perdant vous avez perdu votre très fidèle serviteur, etc. » |

(Ibid.

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