‹ Notre littérature étudiée dans les textesChapitre 142 sur 532 · PROLOGUE DE L’HEPTAMÉRON · texte numérisé non relu

PROLOGUE DE L’HEPTAMÉRON

[Plusieurs personnes (trois gentilshommes, Hircan, Dagoucin, Saffredent, et deux dames, Parlamente, femme d’Hircan, et la damoiïselle veuve Longarine), qui étaient venues faire une cure à Cauterets, se disposaient, leur saison finie, à rentrer chez elles ; mais des pluies torrentielles ayant inondé le pays, elles se trouvent arrêtées, par le débordement du gave de Pau, dans le village de Notre- Dame de ironie Reçues à l'abbaye de Saint-Savin (pue d'Argelès), elles sont obligées d'attendre une dizaine de jours, jusqu’à ce qu'on ait reconstruit le

pont qui a été emporté sur le gave. Chacune d'elles propose un moyen pour pe a

ser le temps : c’est au tour de Parlamente à donner son avis. ]

Parlamente, voyant que le sort du jeu était tombé sur elle, leur dit ainsi : « Si je me sentais aussi suffisante * que les:

anciens qui ont trouvé les arts, j'inventerais quelque passetemps

ou jeu pour satisfaire à la charge que me donnez ; mais, con-

naissant mon savoir et ma puissance, qui à peine peut remémorer les choses bien faites, je me tiendrais bien heureuse d’en-

suivre de près ceux qui ont déjà saUsfait à votre demande.

Entre autres, je crois qu’il n°y a nul de vous qui n’ait lu les cent nouvelles de Boccacef, nouvellement traduites d'italien en français, que? le roi François, premier de son nom, Monseigneur le dauphin, madame la dauphine*, madame Marguerite 10 font tant de cas que si Boccace, du lieu où il était, les eût pu ouiïr, il devait ressusciter à la rue de telles personnes, et à l'héure

4. Ses œuvres ont été publiées par Tricotel, Jouaust et Lacroix (1879, 2 vol.).

2. Les Sérées ont été éditees par C.-E. Roybet, Ch. ae et E. Courbet (Lemerre, 1873-1882, 6 vol.).

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