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Dont, d'où il résulta que

BRAUNSCHVIG. —— NOTRE LITTÉRATURE. 9

258 LE XVIe SIÈCLE

Et fut lié contre un ferme poteau.

Adonc! le rat, sans serpe n1 couteau, Y arriva joyeux et ébaudi ?

Et du lion, pour vrai, ne s’est gaudi ?

Mais dépita * chats, chattes et chatons, Et prisa fort rats, rates et ratons, Dont 5 il avait trouvé temps ? favorable Pour secourir le lion secourable, Auquel a dit : « Tais-toi, lion lié, Par moi seras maintenant délié :

Tu le vaux ® bien, car le cœur joli !° as; Bien y parut, quand tu me délias.

Secouru m'as fort lionneusement !!, Or secouru seras rateusement. »

Lors le lion ses deux grands yeux vêtit ?, Et vers le rat les tourna un petit 3, En lui disant : « O pauvre verminière ‘#, Tu n’as sur toi instrument ni manière !?, Tu n'as couteau, serpe ni serpillon ‘5, Qui sût couper corde ni cordillon, Pour me jeter !’ de cette étroite voie ; Va te cacher, que ‘8 le chat ne te voie, — Sire lion, dit le fils de souris ?, De ton propos, certes, je me souris ? :

[4. Adonc, alors. — 2. Ébaudi, réjoui. — 3. Ne s'est gandi, ne s’est moqué. — 4. Dépita, méprisa (car un chat n'aurait pu ronger la corde). — 5. Prisa, vanta. — 6. Dont, parce que, — 7. Temps, occasion. — 8. Lion lié : allitération et jeu de mots. — 9, Tu le vaux, tu le mérites. — A0. Joli, généreux, — 11. Lionneusement, rateusement : adverbes forgés par Marot et qui produisent un effet plaisant, — 12. Wélit, voila (de ses paupières). Le lion, d'un geste dédaigneux, ferme à moitié ses yeux pour en atténuer l'éclat. D'autres éditions donnent verlit (tourna) ; maïs ce mot fait alors double emploi avec le vers suivant. — 43. Un petit, un peu. — 44. Verminière : diminutif de vermine (petit ver, vermisseau). — 45. Manière, moyen. — 46. Serpillon, cordillon : diminutifs, aujourd’hui inusités, qui avec les mots précédents forment des allitérations. — 17. Jeter de cette étroite voie, tirer de ce mauvais pas. — 18. Que, afin que. — 19. Le fils de souris : périphrase qui marque l'orgueil du rat se dressant en quelque sorte sur ses pattes. — 20. Je me souris : ancienne forme réfléchie du verbe (on dit encore : je me ris). Remarquer les rimes équivoquées : fils de souris, je me souris.|

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J'ai des couteaux assez, ne te soucie, De bel os blanc, plus tranchants qu’une scie ; Leur gaine, c'est ma gencive et ma bouche ; Bien couperont la corde qui te touche De si très près ?, car jy mettrai bon ordre. » Lors sire rat va? commencer à mordre Ce gros lien : vrai est qu'il y songea * Assez longtemps ; mais il le vous rongea Souvent, et tant, qu’à la parfin ° tout rompt, Et le Fe de s’en aller fut prompt, Disant en soi : « Nul plaisir, en effet, Ne se perd point?, quelque part où soit fait. » Voilà le conte en termes rimassés ? :

Il est bien long, mais il est vieil !° assez, Témoin Esope et plus d’un million ‘!, Or viens me voir, pour faire le HAE Et je mettrai peine, sens et étude !?

D’être le rat, exempt d'ingratitude, J'entends, si Dieu te donne autant d'affaire !° Qu’au grand lion, ce qu'il ne veuille faire ‘+.

(Marot, Epitres, I, 6.)

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