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III. — LA COMÉDIES

Dans l’histoire de la comédie il n’y a pas entre le moyen âge et la Renaissance la même solution de continuité que dans l’histoire de la tragédie. L’arrêt du Parlement de 1548, qui avait supprimé la représentation des mystères, n’avait pas interdit celle des farces, sotties et moralités. On joua donc librement ces pièces comiques durant tout le xvi® siècle ; on en composa même de nouvelles, parmi lesquelles il faut surtout citer celles de Pierre Gringore ou Gringoire (voir p. 86, 99 et 305). Et l'influence de la farce se retrouve dans plus d’une comédie du xvi° siècle.

À la tradition comique du moyen âge se mêle grâce à la Renaissance limitation de l’antiquité, dont certaines œuvres sont vulgarisées par des traductions : en 1539 tout le théâtre de Térence est traduit par Octavien de Saint-Gelais ; en 15/42 Charles Estienne traduit L’Andrienne de Térence ; en 1549 Ronsard fait jouer au Collège de Coqueret une traduction du

[4. Au, vers le. — 2. Chef, tête. — 3. Oyant, entendant, — 4, Il déläche, il laisse tomber (ce verbe a disparu). — 5. Dessus : employé, au xvi et au xvue siècle, comme préposition à la place de sur.]

6. A consulter. — Emile Chasles : La comédie en France au XVIe siècle (Didier, 1862). — E. Rigal : Les personnages conventionnels de la comédie au XV siècle (Revue d'histoire littéraire de la France, 1897). — P. Toldo : La comédie française de la Renaissance (Revue d’histoire littéraire de la France, 1897 et 189g). — Lintilhac : La comédie. Moyen âge et Renaissance (Flammarion. 1905, tome II de l'Histoire générale du théâtre en France).

Plulus d’Aristophane ; À. de Baïf traduit en 1565 l’Eunuque de Térence et en 1567 le Miles Gloriosus de Plaute sous ce titre Le Brave. Néanmoins l'influence de l’antiquité ne se fit pas autant sentir dans la comédie que dans la tragédie.

En revanche l'imitation italienne! fut beaucoup plus importante * dans le théâtre comique que dans le théâtre tragique. Charles Estienne traduit en 1543 La Comédie du sacrifice, œuvre des Académiciens de Sienne, les Intronati; Les Supposés de l’Arioste sont traduits en 1545 par Jacques Bourgeois et en 1552 par Pierre de Mesme ; Jean de la Taille traduit vers 1560 Le Negromant de l’Arioste. Des troupes italiennes viennent à plusieurs reprises donner en France des représentations, notamment en 1548, à Lyon, lors de l’arrivée de Marie de Médicis.

La première comédie moderne fut l’Eugène de Jodelle, jouée devant la cour le même jour que sa Cléopâtre, en 1553, Elle est en vers de dix sÿllabes. Sont également en vers La Reconnue de Remy Belleau, publiée après sa mort en 1577, ainsi que La Trésorière (1558) et Les Ebahis(1560) de Jacques Grévin.

Toutes les autres comédies du xvie siècle sont en prose, à l’exemple des comédies italiennes :

Jean De LA Taruse (vers 1540-1611) a composé, outre Le Negromant, Les Corrivaux (rivaux d'amour) en 1562.

Pierre Larivey (vers 154o-après 161 1) a écrit douze pièces dont neuf nous ont été conservées. Six ont paru en 1579: Le Laquais, La Veuve, Les Esprits, Le Morfondu, Les Jaloux, Les Ecoliers. Trois ont paru en 1611: Constance, Le Fidèle, Les Trompeurs. Elles sont toutes imitées de l'italien. La meilleure est .la comédie Les Esprits?, imitée de L’Aridosio, de Lorenzino de Médicis (qui avait combiné lui-même dans sa pièce Les Adelphes de Térence, la Mostellaria et l’Aulularia de Plaute), et imitée par Molière dans L'École des Maris et L’Avare ainsi que par Regnard dans Le Retour imprévu.

Over pe Turnège (mort en 1581), fils de l’helléniste Adrien Turnèbe (voir p. 134), est l’auteur de la comédie Les Contents, publiée en 1584,

François »’Amsorse a écrit Les Néapolitaines (1584).

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1. Une pièce espagnole, la Célestine de Fernando de Rojas, fut aussi traduite - cinq fois de 1524 à 1578.

2. À consulter. — R. Doumic : Conférence sur les Esprits (Revue des Cours et Conférences, 27 mai 1893).

3. À consulter. — Jules Lemaître : Conférence sur les Contents (Revue des Cours et Conférences, 20 mai 1893).

324 LE XVIe SIÈCLE

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