‹ Notre littérature étudiée dans les textesChapitre 215 sur 532 · PARAPHRASE DU PSAUME CXLV · texte numérisé non relu

PARAPHRASE DU PSAUME CXLV

[Ces stances, qui datent de 1627, sont le développement des versets 3 et 4 du psaume 145 : « Gardez-vous de mettre votre confiance dans les princes ni dans les enfants des hommes, qui ne peuvent faire votre salut. Ils rendront l'âme et retourneront à la terre ; et ce jour-là toutes leurs pensées s'évanouiront. »]

N'’espérons plus, mon âme, aux ÿ promesses du monde ; Sa lumière 6 est un verre, et sa faveur une onde,

[4. Cette strophe est imitée, d'ailleurs très librement, de ces vers d'Horace (Odes, I, 4) :

Pallida mors aequo ser pede pauperum CEE Regumque turres..

2. Perdre: la préposition de-est supprimée devant le second verbe, comme plus haut (p. 336, note 3). — 3. Il : voir p. 484, note 1. — 4. Ce poème de Malherbe, développement plus oratoire que poétique d’un lieu commun, rappelle les « consolations » en usage dans l'antiquité. Les stoïciens surtout écrivaient, en ce genre, des lettres dont l'insensibilité nous étonne : « Tu attends des consolations, je t'apporte des reproches », disait un jour Sénèque (lettre XCIX).]

[5. Espérer à : tournure courante au xvne siècle. — 6. Sa lumière est un verre : la comparaison de l'éclat du monde avec un verre n'est pas originale. On la trouve déjà dans l’antiquité, dans les Mimes de Publius Syrus :

Fortuna vitrea est; tum cum splendet, frangitur. Godeau dans une Ode au roi (1628) dit également :

Mais leur gloire tombe par terre, Et comme elle a l'éclat du verre, Elle en a la fragilité.

Vers qu'a reproduits presque textuellement Corneille dans Polyeucte (LV, 2):

. En moins de rien tombe par terre ; Et comme elle a l'éclat du verre, Elle en a la fragilité.

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