‹ Notre littérature étudiée dans les textesChapitre 216 sur 532 · EDEN · texte numérisé non relu

EDEN

Que toujours quelque vent empêche de calmert. Quittons ces vanités, lassons-nous de les suivre : C'est Dieu qui nous fait vivre, C'est Dieu qu'il faut aimer.

En vain pour satisfaire à nos lâches envies ?, Nous passons près des rois tout le temps de nos vies À souffrir des mépris et ployer les genoux : 4 Ce qu'ils peuvent n’est rien ; ils sont, comme nous sommes ?, Véritablement hommes :

Et meurent comme nous.

Ont-ils rendu l'esprit, ce n’est plus que poussière é Que cette majesté si pompeuse * et si fière, +

Dont l'éclat orgueilleux étonna l’univers : à

Et dans ces grands tombeaux, où leurs âmes hautaines Font encore les vaines, no Ils sont mangés des versé. ra

Là se perdent ces noms de maîtres de la terre, D'arbitres de la paix, de foudres de la guerre : Comme ils n’ont plus de sceptre, ils n’ont plus de flatteurs ; Et tombent? avec eux d’une chute commune Tous ceux que leur fortune Faisait leurs serviteurs.

(Malherbe.)

[4. Calmer — se calmer, == 2. Envies, désirs, — 4 Aube réminiscence de Corneille (Le Cid, I, 3) :

Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes : Ils peuvent se tromper comme les autres hommes.

4. Si pompeuse et si fière : de ces deux adjectifs le premier désigne la manifestation extérieure de la majesté, le second exprime le sentiment qui l’accompagne intérieurement. — 5. Étonna : le mot avait encore au xvue siècle toute sa force étymologique (attonitus, frappé de la foudre). —6. Malherbe ne recule pas devant

"expression réaliste. — 7. Et tombent : Malherbe qui, en principe, était hostile aux inversions, en emploie une ici très hardie, pour produire un effet de chute 54 brusque et violente.]

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