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EN ATTENDANT LA MORT

Mon âme, il faut partir. Ma vigueur est passée, Mon dernier jour est dessus ! l'horizon.

Tu crains ta liberté. Quoi ! n’es-tu pas lassée D’avoir soulfert soixante ans de prison ??

Tes désordres sont grands, tes vertus sont petites ; Parmi tes maux on trouve peu de bien.

Mais si le bon Jésus te donne ses mérites, Espère tout et n’appréhende rien.

Mon âme, repens-toi d’avoir aimé le monde ; Et de mes yeux fais la source d’une onde?

Qui touche de pitié le Monarque des Rois.

Que tu serais courageuse et ravie #, SI j'avais soupiré durant toute ma vie ans ésert sous l’ombre de la Croix !

D le désert |

(Maynard, Odes.)

2° Racan”,

Racan a laissé, outre ses Mémoires pour la vie de Malherbe, une pastorale en cinq actes : Arténice ou Les Bergeries (1618), une Paraphrase des

[4. Dessus : voir p. 322, note 5. — 2. Soixante ans de prison: : les spiritualistes considèrent que pendant sa vie terrestre l'âme est comme emprisonnée dans le corps. — 3. La source d'une onde : les pleurs de repentir. — 4. Ravie: ce mot avait alors plus de force qu’aujourd’hui.]

5. Biographie. — Honorat de Bueil, seigneur de Racan, né en Touraine en 1589, fut d’abord page de son cousin le duc de Bellegarde qui le présenta à Malherbe, et prit part au siège de La Rochelle. Il fréquenta l'Hôtel de Ram-

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