I. — LES PORTRAITS
La vogue des portraits et des maximes, auxquels nous devons notamment les Maximes de La Rochefoucauld et Les Caractères de La Bruyère, est
venue du goût qu’on avait au xvire siècle pour les observations psycholo-
giques et morales. La mode des portraits a surtoutrégné dans les salons entre |
1650 et 1660. Dans Les Précieuses ridicules (1659) Molière y fait allusion :
MApELon. — Je vous avoué que je suis furieusement pour les portraits;
je ne vois rien de si galant que cela. : Re
Mascarizze. — Les portraits sont difficiles et demandent un esprit profond : vous en verrez de ma manière qui ne vous déplairont pas.
Et, malgré les attaques dont il fut l’objet (voir p. 90-491 la Parodie du
portrait), le genre était encore cultivé dans les salons au cours des années suivantes : témoin la fameuse Scène des portraits dans Le Misan-
thrope (1666), où Molière fait revivre à nos yeux ce divertissement mon- …
dain. Deux salons, en particulier, s'étaient spécialisés dans ce genre, celui
de Mie de re et celui de Mie de Scudéry.
Des salons les portraits passèrent dans la littérature. On en trouve dans
les Mémoires, aussi bien dans ceux de Mme de Motteville et de Mie de
Montpensier que dans ceux du cardinal de Retz, de La Rochefoucauld et
de Saint-Simon. Certains romans en fourmillent, en particulier Le Grand
Cyrus et Clélie, de Mie de Scudéry, qui durent leur succès aux nombreux
portraits où sous des noms anciens sont dépeints des personnages con-
4. À consulter. — L'abbé de la Porte : Histoire littéraire des fémmes françaises (1769). == Sainte-Beuve : Portraits de femmes (1844). — P, Jacquinet : Les femmes de France, poètes el prosateurs (Belin, 1886).