V. — LES ROMANS
C'est dans le monde ou pour le monde qu'ont été écrits la plupart des -
romans du xvr® siècle. On peut les ramener à trois genres principaux : le roman pastoral, le roman d’aventures et le roman d’analyse (nous laissons de côté le roman réaliste, dont nous nous occuperons au chapitre suivant, et qui fut une réaction contre les excès du roman idéaliste à la mode dans les salons). À
1° Le roman pastoral*.
En 1607 Honoré d’Urfé (1568-1625) commence à faire paraitre
L’Astrée, où par plusieurs histoires el sous personnes de bergers et d'autres.
sont déduits les divers effets de l’Honnéte Amitié. L'ouvrage, qui compre-
4. À consulter. — A. Lebroton : Le roman au XVIIe siècle (Hachette, 1890) — P. Morillot : Le roman en France depuis 1610 jusqu'à nos jours (Masson, 1894) — Victor Cherbuliez : L'idéal romanesque en France de 1610 à 1816 (Hachette, 1911). — M. Wilmotte: De l'orijiie du roman en France (Champion, 1923).
2. Editions. — L’Astrée, 11e partie (à 6o7) ; 2° partie (1612); 3e partie (1619); 4e et 5° parties (posthumes, 1627); les 5 parties (Paris, 1633, 5 vol. ; Rouen, 1646, 5 vol.); nl éd. par H. Vaganay (t. I-II, 1925-26, P. Masson, Lyon).
À consulter. — A. Bernard : Les d'Urfé (1839). — R. Bonafous : Ætudes sur
l'Astrée et H. d'Urfé (1846). — Bernard Germa : L'Astrée de H. d'Urfé, sa composi-
lion, son influence (Picard, 1904). — G. Reynier : Le roman sentimental avant l'Astrée
(Colin, 1908). — O.-G. Reure : La vie et les œuvres de H. d'Urfé (Plon, 1910). —
H. Boschct: L'Astrée, ses origines, son importance (Eggiman, Genève 1925) , n
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Le
nait 5 volumes divisés chacun en 12 livres, comptait plus de 5 500 pages. Il s’inspirait du roman chevaleresque espagnol Amadis de Gaule (traduit 1 en 1540-1556)et des pastorales espagnoles et italiennes: la Diane de Montemayor (1942), la Galathée de Cervantès (1584), l’Aminta du Tasse (1581) etle Pastor Fido de Guarini (1585). Avec son cadre rustique, dont l’apparente simplicité plaisait au monde raffiné des salons, et ses histoires d’amour galant, qui flattaient le goût du public précieux, L’Astrée obtint un grand succès, surtout parmi les femmes, et suscita de nombreux imitateurs.