Lustre, éclat
ROUE TN Fy ts NT ee de hs Ve
Il faut voir le mari tout poudreux, tout souillé, Couvert d’un vieux chapeau de cordon dépouillé,
Et de sa robe, en vain de pièces rajeunie,
À pied dans les ruisseaux trainant l’ignominie.
Mais qui pourrait compter le nombre de haillons,
De pièces, de lambeaux, de sales guenillons,
De chiffons ramassés dans la plus noire ordure,
Dont la femme, aux bons jours !, composait sa parure ? Décrirai-je ses bas en trente endroits percés,
Ses souliers grimaçants, vingt fois rapetassés,
Ses coiffes d’où pendait au bout d’une ficelle
Un vieux masque ? pelé presque aussi hideux qu'elle ? Peindrai-je son jupon bigarré de latin,
Qu’ensemble composaient trois thèses de satin ?, Présent qu'en un procès sur certain privilège
Firent à son mari les régents* d’un collège,
Et qui, sur cette jupe, à maint rieur encor
Derrière elle faisait dire’ ArGuMENTABOR ‘ ?
(Boileau, Satire À.)
[4. Aux bons jours, aux jours de fête. — 2. Les femmes portaient alors dans la rue un masque de velours noir. — 3. On imprimait souvent les thèses sur du satin, — 4, Régents : c’est le titre qu'avaient les professeurs dans les collèges de l'Université. — 5, Certaines éditions donnent : faisait lire. — 6. Argumentabor — je vais argumenter (formule employée dans les thèses).]