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III. — LA RÉSISTANCE AU PROGRÈS

Si, au xyr° siècle, quelques esprits indépendants et audacieux ont, chez nous, ouvert à la pensée des routes nouvelles, le mouvement scien- « tifique eut cependant beaucoup moins d'importance et d'éclat en France qu’à l'étranger ?. Car le libre effort des philosophes et des savants ren

[4 Dans toute la route, sur tout le parcours. — 2. Cette grande vogue n'eut. qu'un temps : l’entreprise finalement tomba, | :

[3. C'est à l'étranger qu'il y eut au xvne siècle le plus grand nombre de savants célèbres : en Angleterre, Newton (1642-1727) qui formula les lois de la gravitation universelle, H ey (1578-1658) qui découvrit en 1619 la circulation du sang ; en Allemagne, Képler (1571-1630) qui en énonçant les lois des mouvements planétaires préparé la découverte de Newton, Leibniz (1646- 17:16) qui fut un mathématicien en même temps qu'un philosophe; en Ho lande, le physicien Huyghens (1629- 1695); en Italie, Galilée (1564-1642) qui . découvrit la rotation de la terre mais fut obligé en 1633 d'abjurer solennelle-\ ment sa prétendue hérésie, et son disciple le eo Torricelli (1608-1647).

La France eut cependant, outre Descartes et Pascal, le mathématicien Fer:

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contra un obstacle dans la méthode d’autorité, qui depuis le moyen äge n'avait pas cessé de régner dans l’enseignement officiel, toujours respectueuse de l'opinion des anciens, toujours méfiante à l'égard des idées neuves et des découvertes récentes !. C’est à cette méthode que Descartes avait opposé ses quatre règles, c’est contre elle que s'était élevé Pascal dans le fragment Sur l'autorité en matière de philosophie (voir p. 528 et 810-811). La Sorbonne surtout était le foyer de la tradition, le centre de la résistance au progrès. En 1671, comme elle se disposait à présenter une réquête au Parlement pour faire interdire l’enseignement de la philosophie de Descartes?, Boileau dans son Arrél burlesque tourna spirituellement en ridicule son superstitieux attachement à la doctrine d’Aristote.

Le conflit entre la science et l'autorité fut particulièrement aigu en médecine. De là la longue opposition que rencontrèrent toutes les théories physiologiques nouvelles, par exemple celle de Harvey : en 1673, dans Le Malade imaginaire, Molière fait encore allusion à cette polémique entre les « circulateurs » et leurs adversaires. De là aussi la résistance aux remèdes nouveaux, comme le quinquina, à propos duquel La Fontaine composa en 1682 un poème didactique de plus de six cents vers.

mat (1601-1665), le botaniste Tournefort (1656-1708), et le physicien Denis Papin (1647-1714) qui inventa en 1682 la machine à vapeur.

Et d’ailleurs plusieurs institutions encouragèrent chez nous les recherches scientifiques au xvne siècle : en 1626 fut créé, — sur les conseils et avec l’aide de Gui de la Brosse, médecin de Louis XIII, — le Jardin Royal des plantes médicinales, réorganisé en 1671 et devenu plus tard le Jardin des Plantes : en 1665 fut créé le Journal des Savants ; en 1666 fut fondée l’Académie des Sciences, dont les membres passèrent, en 1699, de 16 à 5o; en 1667-1672 fut construit l'Observatoire où Colbert appela l'Italien Cassini (1627-1712) et le Danois Rœmer (1644-1710).

… À consulter. — A. Maury : Histoire de l'ancienne Académie des sciences

“. (1864). — J. Bertrand : L'Académie des sciences et les Académiciens de 1666 à

1793 (1869). — E. Maindron : L'ancienne Académie des sciences; les Académiciens de 1666 à 1793 (1895). —P. Tannery: Les sciences en Europe de 1559 à 1648 et Lés sciences en Europe de 1648 à 1715 (tomes V et VI de l’ « Histoire générale du 1ve sièele à nos jours » publiée sous la direction de Lavisse et Ram- baud). — Jules Gay et Leclerc du Sablon : Lectures scientifiques (Hachette, 1893). — Gaston Laurent : Les grands écrivains scientifiques de Copernic à Berthelot

: Colin, 1906). — E. Le Gal et L. Klotz : Nos grands savants (Delagrave, 1926).

4. En 1624, le Parlement de Paris avait rendu un arrêt menaçant de mort « quiconque enseignerait des doctrines contraires à celles des auteurs anciens et approuvés, »

2. Ce n'était pas la première manifestation d'hostilité à l'égard de Descartes, En 1663 sa doctrine ayait été condamnée par la Congrégation de l’Index et par la cour de Rome. En 1667 le roi avait interdit de prononcer son éloge, quand son corps fut rapporté de Suède.

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