LES MISSIONNAIRES
Peuples des extrémités de l’Orient!, votre heure est venue. Alexandre, ce conquérant rapide que Daniel dépeint comme ne touchant pas la terre de ses pieds, lui qui fut si jaloux de subjuguer le monde entier, s'arrêta bien loin en deçà de vous ; mais la charité va plus loin que l’orgueil. Ni les sables brülants, ni les déserts, ni les montagnes, ni la distance des lieux, ni les tempêtes, ni les écucils de bu É mers, ni l'intempérie de l'air, ni le milieu fatal de la ligne ? où l’on éco un ciel nouveau, ni les flottes ennemies, nj les côtes barbares ne peuvent re
ceux que Dieu envoie. Qui sont ceux-ci qui volent comme les
[4. Fénelon prononça ce sermon devant les ambassadeurs de Siam (voir p. 55g). — 2. Laligne: la ligne équinoxiale qui partage le globe en deux hémisphères.|
nuées? Vents, portez-les sur vos ailes. Que le Midi, que l'Orient, que les îles inconnues les attendent, et les regardent en silence venir de loin. Qu'ils sont beaux les pieds ! de ces hommes qu’or voit venir du haut des montagnes apporter la paix, aanoncer les « biens éternels, prècher le salut, et dire : O Sion, ton Dieu res gnera sur toi! Les voici, ces nouveaux conquérants qui viennent sans armes, excepté La croix du Sauveur. Hs viennent, non pour enlever les richesses et répandre le sang des vaincus, mais pour offrir leur propre sang et communiquer le trésor céleste. in
Peuples, qui les vites venir, quelle fut d’abord votre surprise | et qui, peut la représenter? Des hommes qui viennent à vous, sans être attirés par aucun motif, ni de commerce, ni d'ambition, ni de curiosité; des hommes qui, sans vous avoir jamais vus, sans savoir même où vous êtes, vous aiment tendrement, quittent tout pour vous, et vous cherchent au travers de ? toutes. les mers avec tant de fatigues et de périls, pour vous faire part. de la vie éternelle qu'ils ont découverte? Nations ensevelies dans l’ombre de la mort, quelle lumière sur vos têtes !
(Fénelon, Sermon pour la fête de l’Epiphanie.)
3° Mascaron:.
Nous n'avons pas conservé les sermons de Mascaron ; mais il no reste de lui des oraisons funèbres, dont les trois plus connues sont celle d’Anne d'Autriche, celle d’Henrioile d'Angleterre (que l’on peut conpaTess avec celle de Bossuet) et celle de Turenne.
[4. Isaie (LIT, 7). A. de Vigny a employé cette expression biblique Fa 1 colère de Samson: «Qu'ils seront beaux les pieds de celui qui viendra..! » —2 Au travers de s'emploie, au lieu de à travers, pour indiquer qu xl faut surmon! des obstacles.]
3. Mascaron, né à Marseille en 1634, mort en 1703. Appartenait à à la Compagnie de l'Oraloire et professa dans plusieurs de ses sue Fut ae de Tulle et d'Agen.
Edition. — Oraisons funèbres de Mascaron, 1704 et 1740, avec un Etage de Mascaron, par le P. Bordes.
À consulter. — Lehanneur : Mascaron, d'après des documents . (Paris, Thorin, 1878). LS