UNE VISITE À PORT-ROYAL-DES-CHAMPS
le revins hier du Mêni = où j'étais allée pour voir le lendemain M. d'Andilly?. Je fus six heures avec lui; j’eus toute la. joie que peut donner la conversation d’un Lomme admirable ; je . vis aussi mon oncle de Sévigné*, mais un moment. Ce Port. : Royal est une Thébaïde‘ ; c’est un paradis ; c'est un désert où toute la dévotion du christianisme s’est rangée ; c'est une samteté répandue dans tout le pays à une lieue à la ronde. Il y a cinq. ou six solitaires qu'on ne connaît point, qui vivent comme les pénitents de saint Jean Climaque‘ ; les religieuses sont des anges sur terre. Mademoiselle de Vertus © y achève sa vie avec des douleurs inconcevables et une résignation extrême ; tout ce qui les sert, jusqu'aux charretiers, aux bergers, aux ouvriers, tout est modeste. Je vous avoue que j'ai été ravie de voir cette divine solitude, dont j j avais tant ouï parler. C'est un vallon affreux, tout propre à inspirer le goût de faire son salut. ce (M"° de Sévigné, Lettre à M®° de Grignan, 26 janvier 1674.) |