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LE DIVERTISSEMENT

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Quand je m'y! suis mis quelquefois, à ne les diverses agitations des hommes, et les périls et les peines où ils s exposent, ; Ve la cour, dans la guerre, d'ou? naissent tant de querelles, de passions, d entreprises hardies et souvent mauvaises, etc..…, j'ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule | chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. Un homme qui a assez de bien pour ivre, s'il savait demeurer chez soi avec plaisir, n’en sortirait pas pour aller sur” la mer ou au siège d’une place. On n’achètera une charge à l’armée si cher, que parce qu’on trouverait insupportable de ne. bouger de la ville: et on ne recherche les conversations * et les divertissements de: jeux que parce qu'on ne peut demeurer che ; soi avec plaisir.

Mais quand j'ai pensé de plus près, et qu'après avoir ous la cause de tous nos malheurs, j'ai voulu en découvrir la raison + j'ai trouvé qu’il y en a une bien effective, qui consiste dans malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si m sérable, que rien ne peut nous consoler, lorsque nous y pensons de près.

De là du que le jeu et la conversation des femmes, : guerre, les grands emplois sont si recherchés. Ce n'est pas qi y ait en effet du bonheur, ni qu’on s’imagine que la vraie bés titude soit d’avoir l'argent qu'on peut gagner au jeu, où dans . lièvre qu’on court : on n’en voudrait pas sil était offert. Cen’e pas cet usage mol et paisible, et qui nous laisse penser à not malheureuse condition, qu’on recherche, ni les dangers de guerre, ni la peine des Rte mais c’est le tracas qui : nou tourne d'y penser et nous divertit 7.

[4. Y est ici un pléonasme, — 2. D'où se rapporte à agitation. — 3. sation, fréquentation (sens du latin conversari). — 4. La raison : c’est-à-dire cause de la cause, — 5. C’est ainsi que le divertissement est à la fois cause effet de notre malheur. — 6. Voir note 3. — 7. Ce passage et le suivant tiennent des vues psychologiques très pénétrantes.]

De là vient que les hommes aiment tant le bruit et le remuement ; de là vient que la prison est un supplice si horrible ; de là vient que le plaisir de la solitude est une chose incompréhensible. Et c’est enfin le plus grand sujet de félicité de la condition des rois, de ce qu’on essaie sans cesse à les divertir et à leur procurer toutes sortes de plaisirs.

Le roi est environné de gens qui ne pensent qu'à divertir le roi, et l’empêcher de penser à lui. Car il est malheureux, tout roi qu'il est, s’il y pense.

(Ibidem, section IT, n° 139.)

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