Vanini fut brülé à Toulouse en 1619. Sea UE
4. Au moyen âge le mot libertin était employé dans son sens étymoll que « serf affranchi » (libertinus). C'est à partir du xvre siècle qu’il devient synonyr d'esprit fort (affranchi des croyances religieuses). C'est au xix® que d d’ & irréligieux » le mot passera au sens de « débauché » (affranchi des règle la morale), qu'on lui avait déjà donné parfois dès la fn du xvne,
libre pensée au xvrrt siècle furent le salon de Ninon de Lenclos!, a propos de laquelle Mme de Sévigné disait : « Qu'elle est dangereuse, cette Ninon ! Si vous saviez comme elle dogmatise sur la religion : cela vous ferait horreur... » et la société du Temple, dans l'entourage du duc de Vendôme, du duc de Nevers et du duc de Bouillon. Il y eut aussi de nombreux cas de libertinage, soit parmi les frondeurs et frondeuses (Condé, la princesse Palatine...), soit chez des gens du monde (le chevalier de Méré, Miton, Bussy-Rabutin. }), soit chez des philosophes, savants et écrivains (Gassendi, 1592-1655 qui publia en 1647 sa Vie d'Epicure, Guy Patin, Theophile de Viau, à qui fut intenté un procès en 1625 [voir p. 357], Cyrano de Bergerac, La Mothe Le Vayer, Saint- Evremond...). ‘
Nous connaissons les libertins du xvn® siècle surtout par les attaques dont ils furent l’objet: 1° de la part des théologiens, comme le P. Garasse, qui écrivit contre eux en 1623 sa Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps, et le P. Mersenne, qui les combattit en 1623 dans ses Quaestiones celeberrimae in Genesim, en 1624 dans L’Impiété des déistes, athées et libertins renversée et confondue, eten 1625 dans La Vérité des Sciences ; 2° de la part des prédicateurs, tels que Bossuct (dans le Panégyrique de saint Victor en 1657, les Sermons sur la Providence en 1662, sur la divinité de la religion en 1665, sur le Jugement dernier en 1665, dans le Panégyrique de saint André en 1668, dans le Sermon sur la divinité de Jésus-Christ en 1669, dans le /® sermon pour le jour de Pâques en 1681, dans le Discours sur l'Histoire Universelle [chap. xxvinx de la seconde partie, 1681], dans l’Oraison funèbre d'Anne de Gonzague en 1685) et Fénelon (dans le Sermon pour l’Epiphanie en 1685 et dans son Traité de l'existence de Dieu en 1712); 3° de la part des moralistes, surlout de Pascal qui se proposait de les convertir dans son Apologie de la religion chrétienne, et de La Bruyère qui leur a consacré, nous l’avons vu, le dernier chapitre de ses Caractères. Nous les:connaissons aussi par le Don Juan de Molière, portrait du grand seigneur libertin, dont le xvri® siècle offrit de nombreux exemplaires (les Lionne, les Varde, les Guiche, les Vivonne, les Bussy...).