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DEUX SORTES D’INCROYANTS

… L’immortalité de l’âme est une chose qui nous importe si fort, qui nous touche si profondément, qu’il faut avoir perdu tout sentiment pour être dans l'indifférence de savoir ce qui en est.

4. Du moins jusqu'en 1660 ; alors Ninon de Lenclos (1620-1705) se rangea, etson salon prit un air plus austère (voir É. Magne : Ninon de Lenclos. Coll. « Les femmes illustres », 1912 ; CI. Ferval: Vinon et son cortège, À. Fayard, 1924 ; F. Nozière : La vie amoureuse de Ninon de Lenclos, Flammarion, 1928),

596 LE XVIIe SIÈCLE

Toutes nos actions et nos pensées doivent prendre des ro! ates différentes, selon qu'il y aura des biens éternels à espérer ou non qu'il est impossible de faire une démarche avec sens et juge ment, qu’en la réglant par la vue de ce point, 1 doit être no dévia objet. 754 AR

Aïnsi notre premier intérêt et notre premier dévéir tt nous éclaircir sur ce sujet, d'où dépend toute notre conduite. Et

c'est pourquoi, entre ceux qui n'en sont pas persuadés, je fais une extrême différence de ! ceux qui travaillent de toutes leur : forces à s’en instruire, à ceux qui vivent sans s'en mere : peine et sans y penser. :

Je ne puis avoir que de la compassion pour ceux. qui gémissent sincèrement dans ce doute, qui le regardent comme le dernier des malheurs, et qui, n'épargnant rien pour en sortir, font … de cette recherche leurs principales et leurs na sérieuses occupations. BASES

Mais pour ceux qui passent leur vie sans penser à celte de nière fin de la vie, et qui, par cette seule raïson qu ils ne tr vent pas en eux-mêmes les lumières qui les en persuade négligent de les chercher ailleurs, et d’examiner à fond si cet opinion est de celles que le peuple reçoit par une simplicité c dule, ou de celles qui, quoique obscures d’ elles-mêmes, 0! néanmoins un fondement très solide et Du je les col sidère d’une manière toute différente.

Cette négligence en une affaire où il s’agit d' eux-même leur éternité, de leur tout, m'irrite plus qu'elle ne m'a drit ; elle m'étonne et m’épouvante, c’est un monstre 2 D

(Pascal, Pensées, éd. L. Branschvig, section UE, n° 194.) à L'ORGUEIL DES LIBERTINS M,

C’est contre cette autorité que les libertins s révoltent avec un air de mépris. Mais qu’ont-ils vu, ces rares génies, qu 0

[1 De ceux. à ceux : on dirait aujourd'hui entre ceux. rene monsire, une chose contre nature.] S*

vu plus ! que les autres ? Quelle ? ignorance est la leur, et qu'il serait aisé de les confondre, si, faibles et présomptueux, ils ne craignaient d’être instruits | ! Car pensent-ils avoir mieux vu les difficultés à cause? qu'ils y succombent, et que les autres, qui les ont vues, les ont méprisées? Ils n’ont rien vu, ils n’entendent‘ rien : ils n’ont pas même de quoi établir le néant auquel 5 ils espèrent après cette vie ; et ce misérable partage © ne leur est pas assuré... Qu'est-ce donc après tout, Messieurs, qu'est-ce que leur malheureuse incrédulité, sinon une erreur sans fin, une témérité qui hasarde tout, un étourdissement volontaire, et, en un mot, un orgueil qui ne peut souffrir son remède, c'est-à-dire, qui ne peut souffrir une autorité légitime? Ne croyez pas que l’homme ne soit emporté que par l'intempérance des sens. L'intempérance de l’esprit n’est pas moins flatteuse 7 ; comme l’autre, clle se fait des plaisirs cachés, et s'irrite par la dns Ce superbe® croit s'élever au-dessus de tout et au-dessus de lui-même, quand il s'élève, ce lui semble, au-dessus de la religion, qu'il a si longtemps révérée ; ilse met au rang des gens désabusés ; il insulte en son cœur aux faibles esprits, qui ne font que suivre les autres sans rien trouver par eux-mêmes ; et devenu le seul objet de ses complaisances ?, il se fait lui-même son Dieu.

(Bossuet, Oraison funèbre d'Anne de Gonzague.)

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