‹ Notre littérature étudiée dans les textesChapitre 388 sur 532 · II. — CORNEILLE · texte numérisé non relu

II. — CORNEILLE

1° Sources de ses tragédies.

À part quelques pièces (Médée, OEdipe, La Toison d'or, Agésilas) qui se rattachent à l’antiquité grecque, et Le Cid, dont le sujet est emprunté

4. C'était le fils du comédien Montfleury (voir p. 622, note 4). 2. Biographie. — Pierre Corneille naquit en 1606 à Rouen. où il fit ses études au collège des Jésuites. Reçu avocat en 1624, il ne plaida pas long-

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à l'Espagne du moyen âge (x1° siècle), toutes les er de Le in sont tirées de l’histoire romaine et de ses prolongements : Rome au temps des rois : Horace (667 av. J.-Q.). Fes 0 Rome pendant la période républicaine : Sophonisbe (263 av. J.-C), Nicomède (183 av. J.-C.), HANRÉE (120 av. J.-C), Gr ae

temps, mais acheta en 1628 une charge d'avocat général à la Table re marbre du Palais de Rouen : magistrature qu'il exerça jusqu'en 1650. Il débuta au théâtre par sa comédie de Mélite (1629) et fit quelque ue partie (en 1635) de la Société des cinq auteurs (voir page 623f note 1) instituée par Richolieu, qui se sépara de lui en lui reprochant de manquer « d'esprit de suite ». Le brillant succès du Cid (1636), dont le sujet était emprunté à un drame espagnol, Las Mocedades del Cid (1618), de Guilhem de Gastro (1567 1630), provoque contre lui les critiques de Scudéry dans ses Observations sur le Cid (1637) et celles de Chapelain qui, à la demande de Richelieu, sore Les Sentiments de l'Académie française sur le Cid (1638), Le Cid avait ouvert pour Corneille la période des chefs- d'œuvre (Horace de Cinna en 1640, Polyeucte en 1648), malheureusement suivis de pièces qui, à part Rodogune (1644) et Nieomède (1651), et sans parler de sa comédie Le: Men teur (1643), trahissent de plus en plus la décadence de son génie. - Il s'était marié en 1640 avec Mile de Lampérière, dont il eut sept not 1647 il était entré à l’Académie française, après y avoir échoué deux fois. 152 L'échec de Pertharite (1652) lui avait fait quitter le théâtre, où il ne rt que sept ans après, sur les conseils de Fouquet, avec OEdipe (1659) qui fut le dernier de ses succès. C'est pendant cette retraite qu'il traduisit en vers L'Imi tation de Jésus-Christ (1651-1656) et qu il écrivit les Examens de ses pièces et ses Trois Discours sur la tragédie, publiés dans l'édition de ses œuvres de 1660. D'Œdpe à Suréna (1674) dix pièces se succédèrent, qui ne lui valurent que des insuecès, d'autant plus sensibles à son orgueil qu'il voyait alors grandir la gloire de Racine, avec lequel on a prétendu — ce point a d’ailleurs été conte — que la princesse Henriette d'Angleterre l'avait fait à son imsu entrer en com- ; paraison à propos de Tite et Bérénice (1670). | Sa vieillesse fut encore attristée par des deuils (il perdit +. de ses s AIS) à par des embarras pécuniaires, que la légende semble avoir exagérés (on conn: l’histoire du Soulier de Corneille, mise en vers par Théophile Gautier), a lui firent ‘pourtant connaître la gêne : ses pièces lui avaient peu rapporté, nombreuse famille lui avait coûté beaucoup, et la pension de 2 000 livres, …. le roi lui avait accordée en 1662, fut suspendue de 1674 à 1678 et à partir de. cétte date très irrégulièrement payée, à tel point que Boileau, dit-on, dut offrn

d'abandonner la sienne en faveur de Corneille quelques mois avant sa ou survenue en 1684. :

Corneille avait dans le monde des allures un peu gauches ; mais, ‘comm L plupart des timides, il cachaït sous ses apparences modestes un fond docpusts

Voici ce qu’il disait de lui dans son Excuse à Ariste : .

Je ne dois qu’à moi seul toute ma renommée... Fa Je sais ce que je vaux et crois ce qu'on m'en dit...

J.-C.), Suréna général des Parthes (53 av. J.-C.), La Mort de Pompée (48 av. J.-C). |

Rome sous l’empire : Ginna (6 av. J.-C), Othon (69 ap. J.-C.), Tite et Bérénice (80 ap. J.-C).

La lutte du paganisme cet du christianisme : Polyeucte (sous l’empereur

Traîlre puni (1633), La Galerie du Palais ou L'Amie rivale (1633), La Suivante (1634), La Place Royale ou L' Amoureux extravagant (1634), probablement le 3e acte de La Comédie des Tuileries (1635), la seule pièce des Cinq auteurs à laquelle il collabora, L'Illusion comique (1636), Le Menteur (1643), La Suite du Menteur (1644).

TraGéDres : Médée (1635), Le Cid (1636), Horace (1640), Cinna ou La Clémence d'Augusle (1640), Polyeucte martyr (1643), La Mort de Pompée (1643), Rodogune princesse des Parthes (1644), Théodore vierge et martyre (1645), Héraclius empereur d'Orient (1646), Nicomède (1651), Pertharite roi des Lombards (1652), OEdipe (1659), Sertorius (1662), Sophonisbe (1663), Othon (1664), Agésilas (1666), Attila roi des Huns (1667), Tite et Bérénice (1650), Suréna général des Parihes (1674).

Prèces p'ux cewre mixte : Clitandre ou L'Innocence délivrée, tragi-comédie (1631) ; Don Sanche d'Aragon, comédie héroïque (1650); Andromède, pièce à machines, avec musique de d’'Assoucy (1650); La Toison d'or, pièce à machines (1660) ; Psyché, tragédie-ballet, en collaboration avec Molière et Quinault, musique de Lulli (1671); Pulchér, comédie héroïque (1672).

Poésres piverses : L’Imitation de Jésus-Christ, traduite et paraphrasée en vers français (1691-1656); L'Office de la sainte Vierge, traduit en français tant en vers qu'en prose, avec les sept Psaumes pénitentiaux, les Vépres el Complies du Dimanche, el tous les hymnes du Bréviaire romain (1670); poèmes de circonstance : Madrigaux de la Gurlande de Julie (1641-1643), Sonnet sur la mort de Louis XIII (1643), Onze poèmes adressés à Louis XIV (1672-1678), Vers à Monseigneur (le Dauphin) sur son mariage (1680).

OEuvres Ex Prose : Discours de réception à l'Académie française (22 janvier 1647), Examens de ses pièces et Trois Discours : De l'Utilité et des Parties du poème dramatique, De la Tragédie et des Moyens de la traiter selon le vraisemblable ou le nécessaire, Des trois unités d'action, de jour et-de lieu (1660).

Editions. — Les principales éditions du Théâtre de P. Corneille, au xvrre et au xvine siècle, sont celle de 1660, revue et corrigée par l’auteur, contenant les 3 Discours et les Examens des pièces (Paris, A. Courbé, 3 vol.),-celle de 1662 (éd. De Luyne, dernière édition revue par l’auteur, 4 vol.), celle de 1692 (éd. de Thomas Corneille), celle de 1764 (avec commentaire de Voltaire). Au xixe siècle 1l faut avant tout signaler l'édition des OEuvres complètes de P. Corneille, par Marty-Laveaux (Collection des Grands Écrivains de la France, 1862- 1868, 12 vol. et un album, tomes XI-XII : Lexique). En 1887 a paru un Théâtre choisi de P. Corneille, par Félix Hémon (Delagrave, 4 vol.).

A consulter. — Fontenelle : Vie de Corneille (publiée en 1742). — Voltaire : Commentaire sur Corneille (1764). — Guizot : Corneille et son temps (1852). — Ernest Desjardins : Le grand Corneille historien (1861). — J. Levallois : Corneille inconnu (1876). — Faguet : Corneille (Collection des classiques populaires, 1886). — F. Bouquet : Points obscurs et nouveaux de la vie de Pierre Corneille

640* LE XVI SIÈCLE Décic, 250 ap. J.-C.), Théodore vierge et martyr (sous Dioclétien, du rrr° siècle).

Après la chute de l’empire romain : Atlila roi des Huns (ve siècle ap. J.-C.), Héraclius empereur d’Orient se ap” LeC: }. Hoi roi des Lombards (665 ap. J.-C.).

20 Procédés techniques.

L'emploi du monologue.

Parmi les procédés techniques, dont les auteurs dramatiques du. xvrié siècle ont usé, il en est un dont l’emploi est très caractéristique dans le théâtre de Corneille : c’est le monologue. Les classiques en ont … senti toute linvraisemblance ; car, s’il n’est déjà pas très naturel d’en-. tendre sur la scène un personnage parler en vers, il l’est encore moins de l'entendre parler tout seul. Aussi n’ont-ils pas cru devoir en faire un usage aussi fréquent que les romantiques, qui s’en sont surtout servis … pour introduire le lyrisme au théätre ; et, lorsqu'ils l'emploient, c est toujours très In pORS avec le moins d’invraisemblance possible. Corneille en particulier n’en use que dans deux cas bien déterminés : quand un personnage est en proie à une vive émotion ou quand il hésite entre deux partis à prendre. Dans le premier cas le monologue prolonge simplement les exclamations et les cris que nous poussons tous dans les moments d’exaltation ; dans le second (c’est celui, par exemple, du monologue d’Auguste) 1 se ramène à une sorte de dialogue intérieur entre deux voix contradictoires qui parlent tour à tour.

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