QUES
[4. Au public, au bien public, à l'État. — 2, Curiace est le frère de Sabine, ‘mme d'Horace. — 3. Curiace est fiancé à Camille, sœur d'Horace. — 4. Au. cœur, dans le cœur. — 5. Miroirs, exemples. — 6, Fumée, vaine gloire. — ne
7. Consulté, délibéré, hésité. — 8, Ni: dans une énumération on n'anplersie)
souvent au xvre siècle la négation nt que devant le dernier terme. — 9. FRE
effet, effectivement. — 40. Vars a fait, vous a estimé (le verbe faire était d'un usage fréquent au xvne siècle pour rappeler un verbe précédemment APE — 41. Bon, valeureux.]
Et que pour mon pays! j'ai le sort si contraire. Encor? qu'à mon devoir je coure sans terreur,
Mon cœur s’en effarouche, et j'en frémis d'horreur ; J'ai pitié de moi-même, et jette un œil d'envie
Sur ceux dont notre guerre a consommé ? la vie, Sans souhait toutelois de pouvoir reculer.
Ce triste et fier honneur m'émeut sans m'’ébranler : J'aime ce qu'il me donne, et je plains“ ce qu'il m'ôte; Et si Rome demande une vertu plus haute,
Je rends grâces aux Dieux de n'être pas Romain, Pour conserver encor quelque chose d’humain…
(Corneille, Horace, Acte II, Scène nr.)
4° Sa morale.
Le héros cornélien.
Est-il bien vrai que Corneille, selon le mot de La Bruyère, peigne les hommes « comme ils devraient être » ? Ses héros réalisent-ils toujours la perfection ? Rodrigue, oui; car on ne voit pas la moindre faiblesse à lui reprocher. Mais Horace ? Il tue sa sœur pour de simples paroles, sans doute blasphématoires, que lui a arrachées le chagrin : son geste n'est-il pas d’une brutalité révoltante ? Et Polycucte, qui oublie avec tant de facilité tous ses devoirs terrestres envers sa femme et son pays, pour songer uniquement à s'assurer le bonheur dans la vie future, qui se montre dur devant le chagrin de Pauline et la cède à Sévère en faisant preuve de peu de tact, est-il lui aussi un être parfait? Auguste enfin est certes grand lorsqu'il pardonne à Cinna. Mais c’est après une assez longue hésitation qu’il se décide à le faire ; et l’on peut se demander s’il ne s’est pas surtout rendu aux raisons intéressées qu'a fait valoir Livie. Au demeurant, son pardon eût paru plus noble encore, s’il n’avait été précédé de l’humiliation de Cinna, laquelle gâtait aux yeux du Maréchal de la Feuillade le beau geste final « Soyons amis, Cinna... »
[4. Pour mon pays, en combattant pour mon pays. — 2. Encor que, bien que (tour fréquent au xvue siècle) — 3. Consommé : on employait autrefois indifféremment les verbes consumer et consommer, qui expriment bien tous deux l’idée de destruction, de disparition complète, mais le premier avec cette nuance que la destruction est en pure perte, le second qu'elle sert à quelque chose. — 4. Je plains, je regrette].
5. Dans son parallèle de Corneille et de Racine (Les Caractères : chap. Des ouvrages de l'esprit). Voir p. 793-795.
650 LE XVIIe SIÈCLE