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La duchesse se dresse ou palais, en estant!, Et voit muer Renaut, sa chiere? et son semblant5. Il avoit une plaie emmi“ le vis, devant ; Au beourt 5 li fu faite, quand il estoit enfant. Sa mere le regarde, si le va ravisant®.
« Renaus, se tu ce iés7, que t'iroies® celant? Beaus fis, je te conjur de* Dieu, le roiamant!°, Que se tu iés Renaus, di le moi erraumant #1, » Quant Renaus l’entendi, si s'embronchia!? plourant. La duchesse le voit, ne le va puis!? doutant; . Plourant, brace{# levee, va baisier son enfant Et puis trestous les autres cent fois de maintenant 5. Il ne deïssent{5 mot pour nule rien vivant!
(Renaud de Montauban.)
4° Autres gestes.
Aux trois grandes gestes nationales précédentes il faut joindre quelques gestes provinciales : :
La Geste Des Lorrains, qui comprend cinq grandes chansons, dont la plus célèbre est Garin le Loherain!8 (fin du xnre siècle).
LA cesre pu Norn, représentée par Raoul de Cambrai 1° (xine siècle), la plus intéressante de toutes ces épopées régionales. Cette chanson raconte la guerre qui eut lieu, vers le milieu du x° siècle, entre les deux puissantes maisons de Cambrésis et de Vermandois (la bataille où périt Raoul, comte de Cambrésis, en combattant les fils d'Herbert de Verman-
dois, est de 942). Elle compte 8.556 vers décasyllabes (à partir du vers
[4. En estant, debout. — 2, Chiere, visage. — 3. Semblant, mine. — 4, Emmis le vis, au milieu de la figure. — 5. Beourt, behourt (sorte de tournoi à la lance). — 6. Ravisant, reconnaissant. — 7. Se tu ce iès, si tu es cela (si c’est toi Renaud). — 8. Que l'iroies celant, pourquoi irais-tu le cachant. — 9. De Dieu, par Dieu. — 40. Roiïamant, sauveur, rédempteur, — 44, Ærraumant, tout de suite, — 42. S'embronchia, baissa la tête. — 143. Puis, ensuite, après. — 14. Brace, les deux bras. — 45 De maintenant, aussitôt. — 46. Deissent, auraient dit. — 47. Pour nule rien vivant, pour rien au monde. ]
48. Édition de Garin le Loherain par E. du Méril (Paris, 1862).
49. Édition de Raoul de Cambrai par P. Meycret A. Longnon (Soc. des Anc. textes franç., 1882). Adapt. mod. par P. Tufifrau (L'’artisan du livre, 1924).
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AS
5.556 la versification change : la première partie est en tirades rimées, la seconde en tirades assonancées). | re LA GESTE BOURGUIGNONNE, représentée par Girard de Roussillon (fin du xr° siècle). Ps
LA PETITE GESTE DE BLAIvES, avec Ami et Amile! (fin du xri° siècle), conte oriental très touchant. :
La PETITE GESTE DE SAINT-Gires, avec Aiol? (fin du xri° siècle).
Il faut citer enfin les chansons de geste auxquelles donnèrent lieu les croisades. Les deux poèmes les plus connus de ce GYGLE DE LA CROISADE, sont La Chanson d’Antioche3 et La Chanson de Jérusalem (x1v® siècle).