MITHRIDATE
… Des biens des nations ravisseurs altérés, Le bruit de nos trésors les? a tous attirés ;
[4. Elle se fera tuer pour empêcher sa fille d’être sacrifiée.] [2. Mithridate, roi du Pont (Asie Mineure) de 123 à 63 av. J.-C. — 3, Les Romains. }
662 LE XVIÉ SIÈCLE
Ils y courent en foule ; et, jaloux l’un de l’autre, Désertent leur pays pour inonder le nôtre... . Ne vous figurez point que de cette contrée
Par d’éternels remparts Rome soit séparée, LE Je sais tous les chemins par où je dois passer; Et, si la mort bientôt ne me vient traversert,
ce reculer plus loin l'effet? de ma parole, Je vous rends dans trois mois au pied du Capitole. Non, Princes ?, ce n’est point au bout de l'univers ; Que Fons à sentir tout le poids de ses fers ; Et, de près inspirant les haines les plus fortes, Tes plus grands ennemis, Rome, sont à tes portes #. Ah! s'ils ont pu choisir pour leur libérateur ue Spartacus ÿ, un esclave, an vil gladiateur; +: S'ils suivent au bel des brigands qui les vengent ; ; De quelle noble ardeur pensez-vous qu ils se rangent — Sous les drapeaux d’un roi longtemps victorieux, Qui voit jusqu'à Cyrus remonter ses aïeux © ? Que dis-je? en quel état croyez-vous la surprendre? Vide de légions qui la puissent défendre, .
Tandis que tout s'occupe à me persécuter, Leurs femmes. leurs enfants pourront-ils m'arrèter? Marchons, et dans son sein rejetons cette guerre | Que sa fureur envoie aux deux bouts de la terre; | Attaquons dans leurs murs ces conquérants si fiers ; pe Qu'ils tremblent à leur tour pour-leurs propres foyers 7. | Annibal l’a prédit, croyons-en ce grand homme : : Jamais on ne vaincra les Romains que dans Rome. Noyons-la dans son sang justement répandu ; Brûülons ce Capitole où j'étais attendu® ;
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la guerre sociale qui fut un soulèvement de l'Italie contre la domination ro .(90-88 av. J.-C.). — 5. Spartacus, à la tête d'esclaves révoltés, tint têt légions romaines pendant deux ans (73-71 av. J.-C.). — 6. Mithridate se en effet, de cette nas d’ailleurs douteuse. — 7, Foyers : ae cett
tort à la bare a où lle nom pe rimes narmandes). ee - 8. ïl élit attend orner le triomphe de son vainqueur.]
Détruisons ses honneurs, et faisons disparaitre La honte! de cent rois, et la mienne peut-être ; Et, la flamme à la main, effaçons tous ces noms Que Rome y consacrait à d’éternels affronts.
Voilà l’ambition dont mon âme est saisie...
(Racine, Mithridate, Acte II, Scèné 1.)
5° Innovations dramatiques.
* L'enfant au théâtre.
C’est certainement Afhalie, jouée à Saint-Cyr le 5 janvier 1691, quiest la plus originale et la plus moderne de toutes les pièces de Racine, celle à laquelle on songe surtout, quand on parle du « romantisme des classiques » (voir le livre d’E. Deschanél qui porte ce titre). Et, dé fait, on y relève plusieurs innovations : l’absence d’amour, la présence des chœurs, l’introduction du lyrisme, la complexité de la mise en scène, l'apparition d’un enfant.
On sait que notre théâtre classique, ne suivant pas l’exemple des tragiques grecs, notamment d’Euripide, n’a pas cru devoir admettre l’enfant au théâtre. C’est pour cette raison que Boileau, dans son « portrait des äges », imité de l’Art poétique d'Horace (v. 156-178), ne parle pas de l’enfance (L'Art poétique, chant TITI, v. 373-390). Très rarestsont les
‘exceptions à cet usage : le supplice des fils de Saül dans lé Saül furieux
de Jean de la Taille (1572), la Louison du Malade imaginaire, et Joas
dans Athalie. 1" pe Fe é