IL — LA MANIE DE JUGER
LÉANDRE
Vite un flambeau ! j'entends mon père dans la ruë: Mon père, si matin, qui vous fait déloger ?
Où courez-vous la nuit ?
Daxpix.
Je veux aller juger.
LÉANDRE
Et qui juger ? Tout dort.
PeritT-JEAN !.
Ma foi ! je ne dors guères.
LÉANDRE
Que de sacs? ! il en a jusques aux jarretières. Daxpix.
Je ne veux de trois mois rentrer dans la maison. De sacs et de procès j'ai fait provision.
LÉANDRE
Et qui vous nourrira ?
Danpix.
Le buvetier, je pense.
[4. C’est le portier. — 2. Ce sont les sacs où les juges et les avocats enfermaient les pièces des procès.] |
LL. Brelans, maisons de jeu. — 2, Les rubans entraïent dans la toilette d hommes au xvure siècle. — 3, Malherbe avait interdit de faire ainsi rimer un mm avec son composé.]
LE XVIIe SIÈCLE 0
LÉANDRE
Mais où dormirez-vous, mon père ?
Daxpnn. pers À l'audience.
LÉANDRE
Non, mon père, il vaut mieux que vous ne sortiez pas. Dons chez vous ; chez vous faites tous vos repas. Souffrez que la raison enfin vous persuade ; Et pour votre santé.
pe Je veux être malade.
LÉANDRE
Vous ne l’êtes que trop. Donnez-vous du repos ; Vous n’avez tantôt plus que la peau sur les os. p'us q P 8
Dani.
Du repos? Ah! sur toi tu veux régler ton père? | , Crois-tu qu'un juge n'ait qu’à faire bonne chère, Qu'à battre le pavé comme un tas de galants, Courir le bal la nuit, et le ] jour les brelans ! ? L’ argent ne nous vient pas si vite que l’on pense. Chacun de tes rubans? me coûte une sentence.
Ma robe vous fait honte. Un fils de juge! ARLES Tu fais le gentilhomme : hé! Dandin, mon am, Regarde dans ma chambre et dans ma garde-robe es Les portraits des Dandins : tous ont ports la ne D. Et c’est le bon parti.
(Racine, Les Plaideurs, Acte , Scène iv.)