‹ Notre littérature étudiée dans les textesChapitre 406 sur 532 · IV. = MÔLIÈRES · texte numérisé non relu

IV. = MÔLIÈRES

1° Classification de ses comédies, LOUE

Il est difficile de classer d’une façon rigoureuse les cotèties L Molière. Car, s’il est vrai que, parti des formes inférieures voisines s de d

4. Biographie. — Jean-Baptiste Poquelin, né à Paris en. Gr ai 1 mère à dix ans (on a parfois attribué à ce fait l'absence dans son théatre de mères sympathiques). De 1631 ou 32 à 1630 il fit ses études au Collège d Clermont, où il est douteux qu'il ait connu le Prince de Conti (né en 1629 n’est pas sûr non plus qu ‘avec Chapelle et Cyrano de Bergerac : il ait sui leçons du philosophe épicurien Gassendi qui lui aurait fait connaître le poèn de Lucrèce, ni qu'il ait ensuite étudié le droit à l’Université d'Orléans. j 1642 son père lui assura la succession de sa | chârge de sp valet de chaï du roi. A 2 Mais une vocation irrésistible, qu'avait encouragée son grand-père mate en le en nt enfant. soif au Pont-Neuf voir Fab soit à à l'Hôtel de

l Tiuëtre Thédtre : tentative qui échoua (il fut même incarcéré que dett Prod S ne

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simple farce, il s’est élevé par un élargissement progressif de son génie à la comédie de mœurs et de caractères, ilne s’en est pas moins plu très souvent à mêler les divers genres comiques en. une complexité vivante. Voici toutefois un classement approximatif de ses pièces : $

Farces : La Jalousie du barbouillé, Le Médecin volant, Sganarelle, Le Médecin malgré lui, George Dandin, Monsieur de Pourceaugnac, Les Fourberies de Scapin, La Comtesse d'Escarbagnas.

qu'à Paris, il part avec sa troupe pour une longue tournée qui dura douze ans (1645-1658), et pendant laquelle il mena la vie décrite par Scarron dans son Roman comique. On a retrouvé la trace de son passage dans plusieurs villes, à Nantes, Bordeaux, Toulouse, Carcassonne, Béziers, à Pézenas (où il séjourna fréquemment à cause du Prince de Conti, président des États du Languedoc, qui fut son protecteur, et où l’on montre encore le fameux fauteuil dans lequel il aimait s’asseoir chez un barbier de la ville pour y observer le défilé des clients), à Montpellier, Nimes, Avignon et surtout à Lyon qui emble avoir été comme son quartier général. Durant toute cette période il ne joue guère que des adaptations de pièces italiennes ; il s'essaye cependant à composer des farces et donne même déjà deux comédies : L'Étourdi, à Lyon (1655), et Le Dépit amoureux, à Béziers (1656). Maïs surtout, au cours de ces pérégrinations provinciales, « contemplateur » attentif de ses semblables, il accumule des matériaux qu'il utilisera dès son retour à Paris, en 1658.

Alors commence la dernière période si courte et si féconde de la vie de Molière : des Précieuses ridicules (1659) au Malade imaginaire (1673) plus de vingt pièces se succèdent. Mais avec cette existence surmenée (il cumule les trois fonctions d'auteur, de directeur de théâtre et d'acteur) sa santé, naturellement délicate (était-il poitrinaire, cardiaque ou neurasthénique 1) s’use vite. Aux fatigues s'ajoutent les tristesses : marié en 1662, il souffre de la coquetterie de sa femme, Armande Béjart, fille de Madeleine Béjart, qui depuis longtemps faisait partie de sa troupe; et ses ennemis font courir le bruit qu'il a épousé sa propre fille, Tous ceux qui sont jaloux de sa gloire, tous ceux qu'il a ridiculisés dans ses comédies (précieux et précieuses, faux dévots, petits marquis, médecins...) ne cessent de l’attaquer. L'École des Femmes, en particulier (jouée le 26 décembre 1662), fut l’occasion d'une longue querelle, qu'on a appelée la querre comique : averti qu'on se préparait à écrire des pièces contre lui, Molière prend les devants et compose sa Critique de l'École des femmes (jouée le rer juin 1663). Donneau de Visé, qui se réconciliera avec lui en 1665 et écrira une lettre élogieuse sur Le Misanthrope (1666) publie en août 1663 une pièce qui ne fut pas jouée, Zélinde où La véritable critique de l'École des femmes et la critique de la critique ; Edme Boursault fait représenter à l'Hôtel de Bourgogne en octobre 1663 Le Portrait du peintre ou La contre-critique de l'École des femmes. Molière réplique par L'Impromptu de Versailles (18 octobre 1663), qui à son tour attire des réponses : L'Impromptu de l'Hôtel de Condé par Antoine Montfleury (joué en novembre 1 663), Réponse à l'Impromptu de Versailles ou La vengeance des marquis par Donneau de Visé (joué à l'Hôtel de Bourgogne en novembre 1663), Panégyrique de l'École des femmes ou Conversation comique sur l'œuvre de Molière par Robinet (imprimé en novembre 1663). Molière ne croit plus devoir riposter; mais, pour le défendre,

672* LE XVIIe SIÈCLE

Comépres-BaLLeTs : Le Mariage forcé, La Princesse d'Elide, L à médecin, Mélicerte, Le Sicilien, Les Amants magnifiques.

Opéra : Psyché.

ComÉDiE DU GENRE NOBLE : Don Garcie de Navarre. |

Comépies criTIQUES : La Critique de l'École des femmes, L’Impromptu de Versailles.

Philippe de la Croix écrit La querre comique ou La défense de l'École des femmes (mars 1664), qui semble terminer la querelle. Ses ennemis ne désarment d’ailleurs pas et empêchent la représentation du Tartuffe, qui après avoir été joué quelquefois devant la cour en 1664 et une fois en public en 1667, ne peut être joué librement qu’à partir de 1669, grâce à l'intervention de Louis XIV, son protecteur. En 1670 Le Boulanger de Chalussay écrira encore contre lui une … comédie satirique très écho Élomire hypocondre ou Les médecins vengés, à laquelle il voulut peut-être répondre dans Le Malade imaginaire. fe

Tant de labeurs, de chagrins et de luttes expliquent sa mélancolie, signalée : par ses contemporains ct visible dans son portrait peint par Mignard (Musée de Chantilly). Même après sa mort, survenue le 17 février 1678 pendant la 4e représentation du Malade imaginaire, il devait connaître uné épreuve suprème Ë 1 Église lui refusa d'abord la sépulture en terre sainte, et ne consentit, après des ; dc de sa veuve auprès du roi, qu’à le laisser enterrer de nuit et sans pompe au cimetière Saint-Joseph, d’où ses restes, du moins ses prétendus restes, ont été en 1792 exhumés et déposés au Musée des Monuments français, puis LE transportés en 1817 au Père-Lachaise à côté de ceux de La Fontaine.

Œuvres. — La Jalousie du barbouillé, Le Médecin volant (1645) ; L'Étourdi ou Les Contretemps (1655), Le Dépit amoureux (1656), Les Précieuses ridicules (1659), Sganarelle (1660), Don Garcie de Navarre ou Le Prince jaloux (1661), L° École des. maris (1661), Les Fächeux (1661), L'École des femmes (1662), La Critique de l’École des femmes (1663), L'Impromplu de Versailles (1663), Le Mariage forcé : (1664), La Princesse d'Élide (1664), Le Tartuffe (1664), Don Juan (1665), L'Amour médecin (1665), Le Misanthrope (1666), Le Médecin malgré lui (1666), Mélicerte, À Le Sicilien ou L'Amour peintre (1666-1667), Amphitryon (1668), Georges Dandin. (1668), L'Avare (1668), Monsieur de Pourceaugnac (1669), Les Amanis magnifiques (1670), Le Bourgeois gentilhomme (1670), Psyché (1671), Les Fourberies de Scapin ( 671), La Comtesse d'Escarbagnas (1672), Les Femmes savanles (672), Le Malade imaginaire (1673).

Editions. — Les principales éditions des OEuvres de Molière sont, au xvne siècle, celles de 1673 (chez Barbin, 7 vol.) et de 1682 par La Grange et Vivot : (chez Denys Thierry et Barbin, 8 vol.); au xvmr, celle de 1784 (éd. Jolly avec. illustrations de Boucher, 6 vol.) et de 1773 (éd. des Libraires associés, avec commentaire de Bret et illustrations de Moreau) ; au xix°, avant tout celle d'Eu-. gène Despois et Paul Mésnard (1873-1893, Collection des Grands Écrivains de la France, 13 vol et un album, tomes XII-XIII : Lexique) — Outre le lexique ; précédent, de A. Desfeuilles, il faut signaler le Lexique de la langue de Molière, ; de Ch. Livet (1896-1897, 3 vol.). :

À consulter. — Registre de La Grange (1658-1685), publié par Ed. Thierry 1876). — Le Gallois, sieur de Grimarest : Vie de M. de Molière (1705). —

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COMÉDIES D’INTRIGUE : L'Étourdi, Le Dépit amoureux, Les Fâcheux, Amphitryon.

Comépies pe mœurs : Les Précieuses ridicules, L'École des maris, L'École des femmes. |

COMÉDIES DE MŒURS ET DE GARACTÈRES : Don Juan, Le Misanthrope, Le Bourgeois gentilhomme, Les Femmes savantes, Le Malade imaginaire.

Comépies DE carACTÈRES : Le Tartuffe (intitulé L'’Imposteur dans toutes les éditions antérieures à 1734), L'Avare.

20 Le moraliste.

Molière ne se contente pas de vouloir faire rire; comme on l’a vu précédemment (p. 630-631), il prétend donner des leçons sur la scène. Deux ou trois fragments de ses pièces sufhront à mettre en lumière la portée morale de son théâtre.

a) La désorganisation de la famille.

Plaçant presque toujours l’action de ses comédies dans le milieu familial, Molière s'attache à montrer non seulement les conséquences qu’entraînent les vices pour les personnes qui en sont atteintes, mais encore la répercussion de ces vices sur tous les membres de leur entourage : trouble dans l'harmonie conjugale, altération des rapports entre parents et enfants, bonheur de ces derniers compromis par l’égoïsme paternel ou maternel, en un mot désorganisation profonde de la famille.

Et voilà pourquoi une ombre de tristesse, vite dissipée d’ailleurs par ses francs éclats de rire, vient parfois voiler un instant la gaîté de ses

Maurice Raynaud : Les médecins au temps de Molière (Didier, 1862). — Jeannel : La morale de Molière (Paris, Thorin, 1867). — J. Claretie : Molière, sa vie et ses œuvres (Lemerre, 1873). — J. Loiseleur : Les points obscurs de la vie de Molière (1877). — L. Moland : Molière et la comédie italienne (Didier, 1867) ; Molière, sa vie et ses ouvrages (Garnier, 1887). — Stapfer : Molière et Shakespeare (Hachette, 1887). — G. Larroumet : La comédie de Molière, l’auteur et le milieu (Hachette, 2e éd., 1887). — Durand: Molière (Coll. des class. pop., 1889). — J.-J. Weiss: Molière (1900). — Martinenche: Molière et le thédtre espagnol (1906). — G. Huszar : Molière et l'Espagne (1907). — Karl Mantzius : Molière, les théâtres, le public et les comédiens de son temps (Colin, 1408). — E. Rigal :

Molière (Hachette, 1408, 2 vol.). — G. Lafenestre : Molière (Collection des grands écrivains français, Hachette, 1909). — Vézinet : Molière, Florian el la

littérature espagnole (1909). — M. Donnay : Molière (Fayard, 1911). — Faguet : En lisant Molière (Hachette, 1914). — M. Pellisson: Les comédies-ballets de Molière (Hachette, 1914). — G. Michaut- La jeunesse de Molière (Hachette, 1922).

Signalons aussi Le Moliériste, revue publiée par G. Monval (1879-1889, ro vol.).

BRAUNSCHVIG. — NOTRE LITTÉRATURE. N-2%

Pl LE XVII SIÈCLE : Le comédies, qu'Alfred de Musset (Une soirée perdue) a pu définir av quelque exagération

Cette mâle gaîté, si triste et si profonde, | Te < É Que, lorsqu'on vient d’en rire, on devrait en pleurer. |

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