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DEUX JUGEMENTS DE BOSSUET SUR SON ÉLÈVE

[Voici des fragments de deux lettres écrites par Bossuet au maréchal de Bel lefonds à cinq ans d'intervalle. Nous y voyons les espérances qu'il avait d'abord conçues au sujet de son élève et sa déception en présencé des résultats de son éducation. ]

Versailles, ce 19 septembre 1672, … I faut que je vous dise un mot de Mgr. le Dauphin. Je | vois, ce me semble, en lui des commencements de grandes

4. Le Discours sur l'histoire universelle, commencé en 1678, fut publié par Bos- 2 suet en 1681. La Politique tirée des propres paroles de l'Écriture sainte, commencée en 1678, revue en 1693, fut publiée par son neveu, en 1709, avec la Lettre au pape Innocent XI sur l'éducation du Dauphin. Le Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même, dont une copie avait été trouvée dans les papiers de Fénelon, parut pour la première fois en 1722 sous le nom de ce dernier; il parut. sous le nom de Bossuet en 1741. Celui-ci avait également fait un Abrégé de l'histoire de France, qui, par une erreur qu'il avait lui-même contribué à propager, … fut publié en 1747 sous le nom du Dauphin : c’est en réalité un recueil de rédac- « tions écrites par le Dauphin sous la dictée de Bossuet. |

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grâces, une simplicité, une droiture et un principe de bonté ; parmi ses rapidités *, une attention aux mystères ?, je ne sais quoi qui se jette au milieu des distractions pour le’ rappeler à Dieu. Vous seriez ravi si je vous disais les questions qu'il me fait, et le désir qu'il me fait paraitre de bien servir Dieu. Mais le monde, le monde, le monde, les plaisirs, les mauvais conseils, les mauvais exemples! Sauvez-nous, Seigneur, sauvez-nous ; j'espère en votre bonté et en votre grâce.

(Bossuet.)

Versailles, ce 6 juillet 1637

..Me voici quasi à la fin de mon travail. Mgr. le Dauphin est si grand qu'il ne peut pas être longtemps sous notre conduite. Il y a bien à souffrir avec un esprit si inappliqué : on n'a nulle consolation sensible ; et on marche, comme dit saint Paul, en espérance contre l'espérance. Car, encore qu'il se commence d’assez bonnes choses, tout est encore si peu affermi, que le moindre effort du monde peut tout renverser. Je voudrais bien voir quelque chose de plus fondé? ; mais Dieu le fera peut-être sans nous...

(Bossuet.)

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