IL — LE BAVARDAGE ET LA RUSE
IL faut tâcher de faire en sorte qu’elles s’étudient à parler d’une manière courte et précise. Le bon esprit consiste à retrancher tout discours ? inutile et à dire beaucoup en peu de mots ; au lieu que la plupart des femmes disent peu en beaucoup de paroles. Elles prennent la facilité de parler et la vivacité d’imagination pour l'esprit ; elles ne choisissent point entre leurs pensées ; elles n'y mettent aucun ordre par rapport aux choses qu’elles ont à expliquer ; elles sont passionnées sur presque tout ce qu'elles disent, et la passion fait parler beaucoup : cependant, on ne peut espérer rien .de fort bon d’une femme, si l’on ne la réduit à réfléchir de suite *, à examiner ses pensées, à les expliquer d’une manière courte, et à savoir ensuite se taire.
[1. Visionnaire, plein d'idées extravagantes.] [2. Discours, parole. — 3, De suite, avec suite.]
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Une autre chose contribue beaucoup aux longs discours dé femmes : c’est qu’elles sont nées artificieuses, et qu'elles usén : de longs détours pour venir à leur but. Elles estiment la finesse a ét cominent né l'estimerdiérti-éllés päs, puisqu ’ellés ne connaissent point de meilleure prudence', et que cest d'ordinaire la première chose que l'exemple leur a enseignée ? Elles ont üuñ naturel souple pour jouer facilement toutes sortes de comédiés ; les larmes ne leur coûtent rien ; leurs passions sont vives, ét és | connaissances bornées : de là vient qu'elles ne négligent rien pour réussir, et que les moyens qui ne conviendraient pas à des espr its plus réglés leur paraissent bons; elles ne raïisonnenñt guère pour examiner s’il faut désirer une chose, mais elles sont très industrieuses pour y parvenir.
(Ibidem, chap. HS.