‹ Notre littérature étudiée dans les textesChapitre 475 sur 532 · LE XVIL SIÈCLE . réalistes (voir p. oise · texte numérisé non relu

LE XVIL SIÈCLE . réalistes (voir p. oise

Il n’est point de serpent, ni de monstre odieux, Qui, par l’art imité, ne puisse plaire aux yeux : D'un pinceau délicat l’artifice agréable F.

Du plus affreux objet fait un objet aimable.

(L'Art poétique, on, “. 2.

Que la nature donc soit votre étude unique, Auteurs qui prétendez aux honneurs du comique.

(L'Art poétique, UE, .

La nature, féconde en bizarres portraits, | Dans chaque âme est marquée à de différents traits; Un geste la découvre, un rien la fait paraître : Mais tout esprit n’a pas des yeux pour la connaître.

(L'Art poétique, I, 360)

Rien n’est beau que le vrai : le vrai seul est aimable ; Rs Il doit régner partout, et même dans la fable.

(Epitre mn. 18. r

Le faux est toujours fade, ennuyeux, languissant ; Mais la nature est vraie, et d’abord on la sent: C'est elle seule en tout qu’on admire et qu’on aime. Un esprit né chagrin plaît par son chagrin même. Chacun pris dans son air est agréable en soi: M qe Ce n’est que l’air d'autrui qui peut déplaire en moi.

(EpREE IX, 85 de

Rien n’est beau, Je reviens, que pa la Fértet C’est par elle qu’on plaît, et qu’on peut longtemps plaire.

LERE IX, 102. )

2° Culte de la raison.

la raison qui tracedes limites où doit s’enfermer l’imitation de la nature.

Quelque sujet qu’on traite, ou plaisant, ou sublime, Que toujours le bon sens s’accorde avec la rime.

(L'Art poétique, I, 27.)

Aimez donc la raison : que toujours vos écrits Empruntent d’elle seule et leur lustre et leur prix.

(L’Art poétique, 1, 37.)

Tout doit tendre au bon sens : mais pour y parvenir Le chemin est glissant et pénible à tenir ;

Pour peu qu’on s’en écarte, aussitôt on se noie.

La raison pour marcher n’a souvent qu’une voie.

(L'Art poétique, I, 45.)

3° Culte de l'antiquité.

C’est.justement cette imitation rationnelle de la nature qu'ont prati-

quée les anciens et qui leur a valu la longue admiration des siècles. On verra plus loin (p. 817-829) comment Boileau a pris la défense de l’antiquité dans la Querelle des anciens et des modernes. Mais déjà dans ses œuvres antérieures, notamment dans L’Art poétique, il avait conseillé de prendre les anciens pour modèles. S'agissait-il de l’idylle ?

Entre ces deux excès la route est difficile.

Suivez, pour la trouver, Théocrite et Virgile :

Que leurs tendres écrits, par les Gràces dictés,

Ne quittent point vos mains, jour et nuit feuilletés. (L'Art poétique, I, 25.)

De l’élégie ?

Ce n’était pas jadis sur ce ton ridicule Qu’Amour dictait les vers que soupirait Tibulle, Ou que, du tendre Ovide animant les doux sons, Il donnait de son art les charmantes leçons.

(L'Art poétique, IT, 53.) De la satire ? Il vante Lucilius, Horace, Perse, Juvénal, et il conclut :

De ces maïtres savants disciple ingénieux, Régnier seul parmi nous formé sur leur modèle Dans son vieux style encore a des graces nouvelles,

(L'Art poétique, IE, 166.)

192 "LE XIe SIÉCLE 0 De l'épopée ? Vies

On dirait que pour plaire, instruit par la nature, Homère ait à Vénus dérobé sa ceinture.

Son livre est d’agréments un fertile trésor :

Tout ce qu’il a touché se convertit en or...

Aiïmez donc ses écrits, mais d’un amour sincère ; C’est avoir profité que de savoir s’y plaire. A ce

(L'Art pores IT, 7 ne

4° Culte de la perfection artistique.

Où Boileau se montre le disciple fidèle de Malherbe et le vrai reprtsentant du classicisme, c’est surtout dans les conseils qu'il donne au sujet de la forme. La pure théorie classique est, en effet, que l'originalité de l'écrivain ne doit pas être dans l’invention, mais dans le style (voir p. 78r ce qu'a dit Pascal et p. 796 ce qu'a dit La Bruyère). De là toutes les recommandations de Boileau sur la nécessité de soigner la versification, d'écrire dans une langue châtiée, et, pour cela, de travailler avec lenteur et en tenant compte des critiques sincères et justes:

N’offres rien au lecteur que ce qui peut + plaire. ce Ayez pour la cadence une oreille sévère.

es paies L .

Va

Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée Ne peut plaire à l’esprit quand l'oreille est blessée.

(L'Art Het I, III ton

Surtout qu’en vos écrits la langue révérée Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.

(L'Art poétique, 1, 155. >.

Sans la langue, en un mot, l’auteur le plus divin Est toujours, quoi qu 1l ee un méchant écrivain.

(L'Art poélique, T 161. de

Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage, Vingt fois sur le ir, remettez votre ouvrage ; Polissez-le sans cesse et le repolissez ;

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

(L'Art poétique, I, 171 je

Faites choix d’un censeur solide et salutaire,

Que la raison conduise et le savoir éclaire,

Et dont le crayon sûr d’abord aille chercher

L'endroit que l’on sent faible, et qu’on veut se cacher.

(L'Art poétique, IV, 51.)

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