IV. — LES IDÉES LITTÉRAIRES DE LA BRUYÈRE
Les idées littéraires de La Bruyère sont éparpillées dans plusieurs de ses écrits : Discours sur Théophraste, Préface des Caractères, Chapitre I des Caractères (Des ouvrages de l'esprit), Discours de réception à l'Académie française, Préface de ce Discours. Pour en extraire l'essentiel, on peut se borner à examiner ce qu'il a dit de lui-même et de ses contemporains, et les idées plus générales qu'il a exposées sur sa conception de la critique et du style.
1° Ce qu'il a dit de lui.
Nous avons eu déjà l’occasion de citer ce que La Bruyère a dit des portraits et des « clefs » (voir p. 419-420), du but moral qu’il se proposait en écrivant ses Caractères (voir p. 442-443), et du plan qu'il prétend avoir suivi dans ce livre (voir p. 592-593).
2° Ses jugements sur ses contemporains.
Parmi les jugements que La Bruyère a portés sur ses contemporains soit dans son chapitre Des ouvrages de l'esprit soit dans son Discours de réception à l'Académie française, il faut surtout citer son fameux parallèle de Corneille et de Racine (1688), qui a suivi celui de Longepierre (1686), dont il s’est inspiré, et précédé celui de Fontenelle (1693).