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V. — LES IDÉES LITTÉRAIRES DE FÉNELON

C’est surtout par la Lettre sur les occupations de l’Académie Française (écrite en 1914 et publiée en 1716) que nous connaissons les idées Jittéraires de Fénelon. Voici quelle en fut l’occasion : L'Académie, ayant achevé son Dictionnaire, avait consulté ses membres sur les travaux qu’elle pourrait entreprendre ; Fénelon écrivit un mémoire qui parut si intéressant que M. Dacier, le Secrétaire perpétuel, le pria de l’étendre.

Les Dialogues sur l’éloquence, qui datent de sa jeunesse mais qui parurent après sa mort, en 1718, complètent le chapitre 1v (Projet de rhétorique) de la Lettre à l’Académie ; et sa correspondance avec La Motte en complète le chapitre x (Sur les anciens et les modernes).

À part la thèse paradoxale que soutient Fénelon au sujet de la versification française, la plupart des idées que renferme la Lettre à l’Académie sont judicieuses et pénétrantes ; quelques-unes même, celles qui concernent l’histoire, sont tout à fait neuves pour l’époque.

1° Ses idées sur l’éloquence.

LA SUPÉRIORITÉ ORATOIRE DES GRECS Chez les Grecs tout dépendait du peuple, et le peuple dépen-

dait de la parole. Dans leur forme de gouvernement, la fortune, la réputation, l'autorité étaient attachées à la persuasion de la multitude ; le peuple était entraîné par les rhéteurs artificieux et véhéments ; la parole était le grand ressort en paix et en guerre : de là viennent tant de harangues qui sont rapportées dans les histoires, et qui nous sont presque incroyables, tant . elles sont loin de nos mœurs.

{[4. À cause que : construction courante au xvure siècle, — 2, Diction, langage. — 3. Solides, consistantes, substantielles. ]

800 LE XVIL SIÈCLE

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