LE ROLE MORAL ET POLITIQUE DE L'ÉLOQUENCE
Il ne faut pas faire à l’éloquence le tort de penser qu’elle n’est qu'un art frivole, dont un déclamateur se sert pour imposer! à la faible imagination de la multitude, et pour trafiquer de la parole : c’est un art très sérieux, qui est destiné à instruire, à réprimer les passions, à corriger les mœurs, à soutenir les lois, à diriger les délibérations publiques, à rendre les hommes bons et … heureux. Plus un déclamateur ferait d'efforts pour m'éblouir par les prestiges ? de son discours, plus je me révolterais contre sa vanité : son empressement pour faire admirer son esprit me paraîtrait le rendre indigne de toute admiration. Je cherche un homme sérieux, qui me parle pour moi, et non pour lui; qui veuille mon salut, et non sa vaine gloire. L'homme digne d'être écouté est celui qui ne se sert de la parole que pour la pensée, et de la pensée que pour la vérité et la vertu*. Rien n’est plus méprisable qu'un parleur de métier, qui fait de ses PATQIES cer qu’un charlatän fait de ses remèdes. ;
(Fénelon, Leltre sur les occupations de l'Académie Française,
chap. 1v : Projet de rhélorique.)
2° Ses idées sur la poésie.