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Sur le P, Bouhours voir p

que guidé par la raison. » Get essai poétique ne fut pas très heureux ; et Perrault n’eut pas de peine à répondre au Discours sur l'ode, dans lequel il était visé, par une longue lettre de ton d’ailleurs courtois et modéré. Sentant alors lui-même le besoin de renforcer son argumentation, Boileau, qui avait publié en 1674 une traduction du Traité du Sublime de Longin, fit paraître dans l’édition de ses œuvres de 1694 ses neuf premières Réflexions sur Longin (les trois dernières, composées en 1710, parurent dans l'édition posthume des ouvrages de Boileau, en 1713). Il y relève avec pesanteur et sans aménité les prétendues erreurs ou « bévues » de Perrault; seule la vire réflexion traite la question de plus haut, en partant de ce principe que pour connaitre la valeur véritable des œuvres il est indispensable de les soumettre à l'épreuve du temps.

La Satire X de Boileau, publiée quelques mois avant l’édition de 1694, contenait aussi des allusions à la querelle pendante et plus précisément à Perrault. C’est d’ailleurs en partie pour récuser le jugement des femmes, — qui, nous l'avons dit, avaient surtout embrassé la cause des modernes —, que Boileau avait écrit contre elles cette satire. Perrault riposta la même année par son Apologie des femmes, et cette fois, blessé au vif par les railleries un peu lourdes de Boileau, il traça de lui sous les traits du vieux célibataire un portrait fort méchant:

S'il joint à ces talents l’amour de l’antiquaille,

S'il trouve qu’en nos jours on ne fait rien qui vaille, Et qu’à tout bon moderne il donne un coup de dent, De ces dons rassemblés se forme le pédant,

Le plus fastidieux comme lé plus immondeé

De tous les animaux qui rampent dans le monde,

Mais c’est au moment même où la lutte entre Boileau et Perrault avait atteint ce degré de violence grossière que va sonner l'heure de la réconciliation : comme si les deux adversaires avaient épuisé toute leur haine en ce dernier échange de paroles injurieuses. L'occasion de leur rapprochement fut inattendue. Perrault, qui était toujours resté en relations avec le Grand Arnauld, chassé de la Sorbonne en même temps que son frère Nicolas, lui envoya son Apologie des femmes à Bruxelles, où il vivait en exil, alors âgé de quatre-vingts ans. Au lieu de l’approbation qu’il attendait, Perrault reçut de lui le 5 mai 1694 une lettre qui conte- - nait l'éloge de Boïleau et exprimait le souhait de voir les deux adversaires loyalement faire la paix. Boileau, mis au courant, remercia le Grand Arnauld et se déclara prêt à la réconciliation !. Celle-ci eut lieu le 4 août

4. Il a rappelé avec orgueil cette intervention d'Arnauld dans son Epitre X

(1695): « Arnaüld, lé grand Arnauld, fit mon apologie: »

1694, quatre jours avant la: mort d’Arnauld. Boileau composa une épigramme qui annonçait l'événement : |

Tout le trouble poétique

À Paris s’en va cesser :

Perrault l’anti-pindarique Et Despréaux l’homérique Consentent de s’embrasser.…

Et, à la demande de Perrault, il écrivit, pour résumer le débat et

prendre acte de l’accord final, une lettre, que tous les éditeurs datent de 1700, mais qui doit plutôt dater de la fin de 1694. Ainsi se termina Je

première phase de la Querelle des anciens et des modernes.

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