Consulter Nourriscon : La: politique de Bossuet
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mées ; et c’est dans ces choses que Dieu a renfermé la plus grande partie de vos devoirs, selon que nous l’apprenons par cette parole de son Écriture : « La miséricorde et la justice gardent le Roi, et son trône est affermi par la bonté et la clémence !, » Vous devez donc considérer, Sire, que le trône que vous remplissez est à Dieu, que vous y tenez sa place, et que vous y devez régner selon ses lois. Les lois qu'il vous a données sont que, parmi vos sujets, votre puissance ne soit formidable qu ‘aux méchants, et que vos autres sujets puissent vivre en paix et en repos, en vous rendant obéissance. Vos peuples s’attendent, Sire, à vous voir pratiquer plus que jamais ces lois que 16 Hate vous donne.
Je n'ignore pas, Sire, combien il est difficile de leur donner ce soulagement au milieu d'une grande guerre?, où vous êtés
obligé à des dépenses si extraordinaires, et pour résister à vos
ennemis et pour conserver vos alliés. Mais la guerre, qui oblige Votre Majesté à de si grandes dépenses, l’oblige en même temps à ne pas accabler le peuple, par qui seul elle les peut soutenir. Ainsi leur soulagement est autant nécessaire pour votre service que pour leur repos. Votre Majesté ne l’ignore pas; et pour lui dire sur ce fondement ce que je crois être de son obligation précise et indispensable, elle doit avant toutes choses s'appliquer à connaitre à fond les misères des provinces, et surtout ce qu'elles ont à souffrir sans que Votre Majesté en profite, tant par les désordres des gens de guerre que par les frais qui se font à lever la taille, qui vont à des excès incroyables 5.
(Bossuet, Lettre à Louis XIV.)