‹ Notre littérature étudiée dans les textesChapitre 56 sur 532 · LA VÉRITABLE NOBLESSE · texte numérisé non relu

LA VÉRITABLE NOBLESSE

[Le poème de Jean de Meung, où la satire sociale tient une grande place, renferme des idées très hardies sur l’origine de la royauté et la valeur de la

noblesse.] Et se nus! contredire m'ose Qui de gentillece ‘© s’alose!T, Et die que li gentil! ome, Si com!° li pueples les renome, Sont de meilleur condicion, Par noblece de nacion ?!,

[4. Ains, maïs. — 2. Te garni, prends garde de. — 3. Ors mos, vilains mots (or vient de horridus). — 4, Ribaudies, mots de ribaud.— 5. Ja, jamais. — 6. Desclose, ouverte. — 7. Je ne liens pas a, je ne regarde pas comme... — 8. Poine et labeure, peine et travaille. — 9, Os, entends. — 40. Nul, quelque. — 11. Desprisant, méprisant. — 42. Pues, peux. — 13. Si qu'elles oient, si bien

qu'elles entendent. — 44. Pour ce, par cela.] [45. Se nus, si quelqu'un. — 46. Gentillece, noblesse. — 17. S'alose, se vante. — 18. Li gentil ome, les gentilshommes. — 19. Si com, ainsi que. — 20. Macion,

naissance.]

Que cil! qui les terres cultivent

Ou qui de leur labeur se vivent,

Je respon que nus n'est gentis?

S'il n’est aus vertus ententis?,

Ne n’est vilains* fors par ses vices Dont il pert f outrageus ? et nices . Noblece vient de bon courage ? ;

Car gentillece de lignage;!°

N'est pas gentillece qui vaille

Pour quoi !t bonté de cuer i faille ?? :

Pour quoi ‘* doit estre en li parans ‘* La prouece de ses parens

Qui la gentillece conquistrent

Par les travaus que grans i mistrent t5.

Et quant deu siecle ! trespasserent, Toutes leur vertus emporterent,

Et laissierent aus oirs {7 l'avoir ;

Que !# plus ne peurent d’eus avoir :

L’avoir ont, plus riens n’i a leur‘”, Ne gentillece ne valeur,

Se tant? ne font que gentil soient Par sens?! ou par vertu qu'il aient ??.

(Jean de Meung, Le Roman de la Rose.)

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