Sur Christine de Pisan, voir p. 68 et
2. Une édition du Journal d'un bourgeois de Paris a été publiée par E. Tuctey pour la Société de l'Histoire de Paris (1881).
3. Il existe, à l'usage des classes, plusieurs recueils d'extraits des quatre grands chroniqueurs : Les chroniqueurs français du moyen âge, par Ch. Aubertin (Belin) ; Extraits des chroniqueurs français, par G. Paris et Jeanroy (Hachette, 1892) ; Extraits des chroniqueurs français du moyen äge, par Petit de Julleville (Colin, 1893) ; Les chroniqueurs français du moyen âge, études, analyses et extrails, par Debidour et E. Etienne (1895).
4. Édition. — Villehardouin : La conquête de Constantinople, éd. Natalis de Wailly (Didot, 1872); éd. Bouchet (Lemerre, 1892).
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écrit, sans doute de 1207 à 1213, la Conquête de Constantinople. C’est le! récit de la quatrième croisade (1202-1204), à laquelle il prit part, de cette croisade qui, préchée par Foulques de Neuilly sous le pontificat d’Innocent [IT pour délivrer Jérusalem, fut détournée de son but et aboutit à la prise de Constantinople et à la fondation d’un empire latin (1204- 1261). Ces mémoires de Villehardouin embrassent une période de neuf années, de 1198 à 1207.
Jean, siRe DE Jomvizre!, sénéchal de Champagne (1224-13 17), était octogénaire, quand il écrivit — à la demande de la reine Jeanne de Navarre, reine de France, femme de Philippe le Bel — la vie de saint Louis, dont il avait été l’ami et le conseiller, et qu’il saivit, non pas dans la 8e croisade où il devait mourir à Tunis(1270), mais dans la 9° (1248-1354), marquée par la prise de Damiette et le séjour à Saint-Jean-d’Acre, Césarée, Jaffa, Tyr et Sidon. Joinville n’acheva son livre qu'après la mort de Jeanne (1305), et l'offrit en 180ÿ à son fils Louis, plus tard Louis X le Hutin. L'ouvrage comprend deux parties, qui d’ailleurs s’éntremélent parfois, l’une dans laquelle il raconte « comment saint Louis gouverna tout son temps selon Dieu et selon l'Église », l’autre, consacrée « à ses grandes chevaleries et à ses grands faits d'armes ».
Jrax Froissarr ?, né en 1337 à Valenciennes, mort vers 1410, a été chroniqueur en même temps que poète (voir p. 68). À Ja différence de Villehardouin et de Joinville, qui avaient simplement raconté ce qu'ils avaient vu, Froissart, qui ne fit pas là guerre et ne fut point mêlé aux affaires publiques, raconta, à la façon d’un « reporter », ce qu’il avait entendu dire au cours de ses nombreux voyages à travers la France, en Angleterre et en Italie. Ses chroniques, qui ne suivent aucun
À consulter. — A. Debidour : Les chroniqueurs, r'e série : Villehardouin- Joinville (Collection des classiques populaires, Lecène et Oudin, 1888). 4. Éditions. — Joinville : La vie de saint Louis, éd. Natalis de Wailly (1865 ét 1874, Didot; 1881, Hachette, éd. classique); éd. Henri Longnon (A la Cité des Livres, 1528), |
À consulter. — A. F. Didot : Études sur La vie et les travaux de Jean sire de Joinville (Didot, 1870). — A. Debidour : Ouvrage déjà cité. — H. F. Delaborde : Jean de Joinville et les seigneurs de Joinville (Paris, Imprimerie Nationale, 1894). — G. Paris : Étude sur Joinville (dans l'Histoire littéraire de la France, t, XX XII, année 1898, p. 291-459). | 2. Éditions. — OEuvres complètes de Froissart, éd. Kervyn de Lettenhove
(Bruxelles, 1850-1897, 29 vol.). — Les chroniques de Froissart, éd. Siméon Luce (public. de la Soc. d'ist. de Fr., 1869-99, r1-vol., dont le dernieraété pübl. par G. Raynaud). Choix des histoires de F., trad. par H. Longnon (1925). - À consulter. — G. Boissier : Froissart reslilué d'après les manuscrits (Revue des Deux Mondes, rer février 1895). — A. Debidour : Les Chroniqueurs, 2e série : Froissart-Commines (Lecène et Oudin, 1893). — Mary Darmestetér : Froissart (Collection des grands écrivains français, Hachette, 1894).
plan déterminé, et dans lesquelles on relève nombre d’erreurs chronologiques et topographiques, racontent « les honorables emprises, nobles - aventures et faits d'armes », auxquels a donné lieu la lutte de la France et de l'Angleterre, depuis l’avènement d'Édouard III et de Philippe de Valois jusqu’à la mort de Richard IT et au milieu du règne de Charles VI. Cette œuvre s'étend donc sur une période de trois quarts de siècle et n’est pas limitée à l’histoire de France.
Parzippe DE Commixes ! écrivit ses Mémoires sur les conseils d’un de ses amis, Angelo Cato, astrologue et médecin italien, qui était passé, comme lui, du service de Charles le Téméraire à celui de Louis XL Ils forment, en réalité, deux ouvrages distincts: les VI premiers livres, composés de 1488 à 1494, racontent la lutte de Charles le Téméraire et de Louis XI de 1464 à 1483; les VIL® et VIILe livres, écrits de 1497 à 19071, contiennent le récit de l’expédition de Charles VIIL en Italie (1494-1495). Commines est le premier écrivain français qui mérite vraiment le nom d’historien. Il ne se contente pas de raconterles événements, comme l'avaient fait les chroniqueurs précédents, Villehardouin avec simplicité et sobriété, Joinville avec bonhomie et malice, Froissart avec couleur et vie : psychologue pénétrant, il en découvre les causes et en recherche les conséquences. Il les juge aussi, au nom des principes de morale, qu'il avait vu pratiquer de son temps par Louis XI, et que l’italien Machiavel (1469-1527) résamera bientôt après dans son Traité du Prince (adressé en 1514 à Laurent le Médicis et publié en 1532) en cette formule : « la fin justifie les moyens ». Mais, si Machiavel rejetait hardiment de sa philosophie toute idée de la Providence, Commines ne manque jamais de faire intervenir Dieu dans son livre pour consacrer le succès des actions les plus condamnables. |
4. Biographie. — Philippe de Commines (1445-1911), d'abord attaché. à Charles le Téméraire, servit ensuite Louis XI, dont il dirigea la diplomatie de 1475 à sa mort(1483). Au début du règne de Gharles VIIL il «tâta » pendant huit mois, au château de Loches, des fameuses cages de fer. Dès 1492 il revint en faveur et fut chargé de missions en Italie. Mais Louis XII, à son avènement (1498), le renyoya dans son domaine d'Argenton, où il consacra ses loisirs à terminer ses mémoires.
Éditions. — Mémoires de Commines, éd. de Mie Dupont (pour la Société d'Histoire de France, Paris, 1840-1847, 3 vol.) ; éd. Chantelauze (Didot, 1881); éd. B. de Mandrot (dans la Collection de textes pour servir à l’histoire, Paris, Picard, 1901-1903, 2 yol.); éd. par J. Calmette et l'abbé Durville (Champion, t. I-III, 7924-26). :
A consulter. — Keryyn de Lcttenhove : Lellres et négocialions de Philippe de Commynes (Bruxelles, 1867-1874, 3 vol.). — Fierville : Documents inédits sur Philippe de Commynes (Paris, 1881). — A. Debidour : Ouvrage déjà cité.