‹ Notre littérature étudiée dans les textesChapitre 89 sur 532 · Vitupere, mépris · texte numérisé non relu

Vitupere, mépris

Le genre historique n’a pas été le seul genre en prose, que le moyen âge ait cultivé.

Il y a eu de nombreux prédicateurs !, dont les œuvres nous sont d’ailleurs surtout parvenues en latin, et parmi lesquels il faut citer : saint Bernard? (1091-1153), dont nous connaissons plus de 80 sermons d’après une traduction française faite sur le texte latin au début du xnr° siècle ; Maurice de Sully (mort en 1196) ; Jacques de Vitry (mort en 1240); Jean Gerson ? (1363-1429), chancelier de l’Université, à qui l’on a faussement attribué l’Imitation de Jésus-Christ, œuvre anonyme qui parut en latin à la fin du xrve siècle; Michel Menot (1440-1518) et Olivier Maillard + (mort en 1502), qui furent des prédicateurs populaires.

La littérature didactique en prose est représentée par plusieurs œuvres, dont trois principales : au xure siècle, Li Livres dou Tresor ÿ (1265), sorte d’encyclopédie du florentin Brunetto Latini (1220-1294), qui, bien qu'étranger, crut devoir écrire en roman (voir p. 6), etles Coustumes de Beauvaisis 6 (achevées en 1283), traité de droit coutumier de Philippe de Remi, sieur de Beaumanoir ; au xive siècle, Le Ménagier de Paris1, traité de morale et d'économie domestique, composé vers 1393 par un bourgeois parisien.

1. À consulter. — N. E. Geruzez : Histoire de l'éloquence politique et religieuse en France aux XIVe, XVe et XVIe siècles (Paris, 1837-1838). — Abbé L. Bourgain : La chaire française au XIIe siècle d'après les manuscrits (Paris, 18709). — À. Lecoy de la Marche : La chaire française au moyen âge, spécialement au XIIIe siècle, d'après les manuscrils contemporains (Paris, 1868, 2e éd. 1886). — Ch. V. Langlois : L'éloquence sacrée au moyen âge (Revue des Deux Mondes, 1e" janvier 1893).

2. Edition. — Sermons français de saint Bernard, publiés par Foërster (Erlangon, 1885).

À consulter : G. Goyau : Saini Bernard (Flammarion, 1927).

3. À consulter. — Abbé Bourret : Essai historique et critique sur les sermons français de Gerson (Paris, 1858). — Masson : Jean Gerson, sa vie, son temps, ses œuvres (Lyon, 1894).

4. À consulter. — Abbé Samouillan : Olivier Maillard, son temps et sa prédication (Paris, 1892). | 5. Édition. — Li Livres dou Tresor, publié par P. Chabaille (Paris, Imprimerie impériale, 1863).

6. Édition. — Les Coustumes de Beauvaisis, publiées par A. Salmon (Paris, Picard, 1899-1900, 2 vol.).

7. Édition. — Le Ménagier de Paris, publié par Pichon (Société des Bibliophiles français, Paris, Janet, 1847, 2 vol.).

Au xiv® siècle. où se produit en France, — surtout sous l'influence le Pétrarque (1304-1374), qui séjourna longtemps en Provence ! —, un

premier retour à l'antiquité, sorte de Renaissarice anticipée, il y a eu

plusieurs traducteurs, notamment Pierre Bersuire? (mort en 1362), qui traduisit Tite-Live à la demande du roi Jean le Bon, et Nicole Oresme ? ‘mort en 1382), qui à la demande de Charles V traduisit Aristote (1870 1371 ; 197 77):

Au xy° siècle il y a eu un grand conteur en prose, Antoine de Ja Salle # (né vers 1388, mort après 1464), l’auteur certain du Petit Jehan de Saintré$ (1459) et l’auteur probable des Quinze Joies du Mariage (écrités vers 1440), auquel on a aussi attribué — mais, parait-il, à tort [voir le Suppl] — les Cent Nouvelles nouvelles (terminées en 1462).

Nous citerons enfin deux autres prosateurs du xve siècle qui ont été

en même temps des poètes : Christine de Pisan (voir p. 68) et Alain

Chartier (voir p. 69).

Les écrits en prose de Christine de Pisan® sont, outre Le Livre des faits et bonnes mœurs du roi Charles V (voir p. 109), une autobiographie (La Vision de Christine); des traités de morale et de politique (Le Livre

de Prudence, Le Livre des faits d'armes et de chevalerie, Le Livre de.

Police, Le Livre de la Paix, Lamentations sur la querre civile), et des livres consacrés à la défense des femmes (La Cité des Dames, Le Livre des trois vertus où Trésor de la Gité des Dames).

Le principal ouvrage en prose d'Alain Chartier? est le Quadriloque i invec-

bn.

4. C'està Avignon que le 6 avril 1827 il vit Laure, mariée et âgée de 17 ans (elle mourut de la peste en 1348).

2, À consulter. — L. Pannier : Notice biographique sur le bénédictin Pierre

Bersuire (Bibliothèque de l'École des Chartes, 1872).

3. À consulter. = Fr. Meunier : Essai sur la vie et les ouvrages de Nicole

Oresme (Paris, 1857).

4. Éditions. — Le Petit Jehan de Saintré, éd. Cuichard (Paris, 1843). — Les Quinze Joies du mariage, éd. Jannet(Bibl. elzév., Paris, 1853). =— Les Cent Nouvelles

nouvelles, éd. Thomas Wright (Bibl. elzév. Pas 18b7, 2 vol.); éd. D. Jouaust

(avec note et glossaire de P, Lacroix, 1874) ; éd. Pierre Chämpion (1928). À consulter. — G. Nève : Antoine de la Salle (Bruxelles et Paris; 1903).

b. Imité par le comte de Tressan ( 705-1783) dans son Hisioire du PetitJehan

de Saintré (1791).

6. À consultér. — R, Thomassy : Essai sur les écrits politiques de Christine de Pisan (Paris, 1838).

7. Biographie, — Alain Chartier est né vers 1890 à Bayeux, d’où l'invasion anglaise le chassa en 1417. Chassé également de Paris en 1418 par la réaction bourguignonne, il s’attacha en qualité dé secrétaire au Dauphin (le roi de Bourges), plus tard Charles VII. Il mourut entre 1430 et 1440,

Édition. — OEuvres d'Alain Charlier, éd. André Duchesne (Paris, 161%).

À consulter. — Delaunay : Étude sur Alaiñ Chartier (1836).

tif, écrit vers 1422 (le titre signifie : Dialogue à quatre personnages, rempli de violents reproches). Ses autres œuvres sont Le Livre de l'Espérance ou Livre des trois vertus (1429) et Le Curial (le courtisan), qui est une satire de la cour. Alain Chartier a été le premier de nos écrivains qui ait bien su construire la phrase ; aussi avait-il mérité le surnom de « Père de l’Éloquence ». Il jouit d’une très grande renommée au xve siècle et jusqu’à la Renaissance.

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