‹ Notre maître Maurice BarrèsChapitre 4 sur 38 · ASCENDANCE · texte numérisé non relu

ASCENDANCE

(Nous verrons plus loin quelle grande part dans la formation morale de Vindividu Barrés reconnaît aux traditions ancestrales, à Vhérédité de la race. Toute son œuvre pivote autour de cette idée : « Nous sommes le prolongement^ la continuation de nos pa^ rents; nous sommes eux-mêmes. Ils pensent et ils parlent en nous. i>

Il serait intéressant d'expérimenter sur S071 auteur une telle méthode psychologique, de déterminer Vinfluence de l'apport héréditaire dans un si prestigieux génie. Besogne tentante, mais ardue, subtile et compliquée.

Je n'y songe pas.

Cependant, pour faciliter cette tâche aux analystes, je veux en réunir ici les données purement historiques et documentaires. Au

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lecteur avisé de faire des remarques et de tirer des conclusions.)

Des anciens petits amis de Barrés, unis aujourd'hui à ses éternels (^) grands ennemis, ont découvert qu'il était un juii portugais. Comme cela peut n'être pas évident pour tout le monde, nous Talions démontrer par l'histoire.

La famille Barrés a ses origines en Auvergne. Il semble qu'elle ait tiré son nom d'une petite commune du Cantal où elle aurait résidé et qu'on appelle Mur-de-Barrez (2) Ainsi se trouverait expliquée la désinence « portugaise » que d'aimables publicistes ont si ingénieusement exploitée.

Notons comme éléments constitutifs de la race, que ce pays est le plus' vieux territoire celtique de France et que sa

(1) Ne pas comprendre : immortels.

(2) Bâré signifiait primitivement une enceinte de fortifications faite avec des pieux et des barres de bois. (Récils d*un Townste Auvergnat, par J.-B.-M. Biéiawski).

population a été pénétrée par de fortes infiltrations de Sarrazins.

C'est sur les registres de la petite ville de Blesle (Haute-Loire) qu'apparaît pour la première fois le nom des Barrés ; il y figure dès Tannée 1550 ; à partir de cette date la filiation se poursuit sans discontinuité : nous en possédons des documents précis.

Vers 1530, un Barrés vint se fixer à Blesle. Il s'y fit construire une maison qui existe encore dans le plus vieux quartier de la ville. On l'appelle la maison des Anglets. J'en ai sous les yeux une photographie (0. C'est une bâtisse en torchis avec une ravissante fenêtre ogivale, mais qui s'écroule.

De père en fils les Barrés étaient notaires royaux. Les actes de baptême (2) indiquent que les fils de la famille avaient régulièrement pour parrains les sires de Chavagnac.

Il existe un curieux exemplaire d'une

(1) Cliché Fréd. Muret, photographe à Brioude (Haute-Loire).

(2) Oui, Monsieur ! ces juifs faisaient baptiser leurs fils 1

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Description topographique du Canton de Blesle (^) publiée en 4801 par rarrière grand-père de Maurice Barrés, officier de.

santé et conseiller général de la Haute- Loire.

Ce médecin avait trois fils :

L'aîné, Pierre, fut d*abord secrétaire général de la préfecture de la Haute-Loire ; il fut élu par la Loire au corps législatif, mais le Sénat ne ratifia pas son élection ; il prit ensuite Thabit ecclésiastique et mourut vicaire général. Frédéric Masson le montre quelque part chargé d'une mission par Bonaparte. Il a laissé dans le pays le souvenir d'une science peu commune et d'une intelligence de premier ordre (2).

Le cadet, Jean -Baptiste -Auguste Barrés (grand-père de Maurice Barrés), né le 25 juillet 4784, s'enrôla le 27 juin 4804 dans le

(1) « Desc?'iption icpographique du canton de Blesle, par Barres, officier de santé, membre du conseil général du déparlement et de la Société libre d'agriculture établie au Puid. — Au Puid, de rimprimerie J.-B. Lacombe, imprimeur de la préfecture de la Haute-Loire ~ An IX. »

(2) Dictionnaii'e de la Révolution et de l'Ejnpi?'e, par le docteur Rolinet.

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corps de vélites que venait de créer Bonaparte pour l'adjoindre à sa garde consulaire. Le jour du sacre de l'empereur, il faisait partie de la haie commandée pour rendre les honneurs. Il a légué à sa famille des mémoires manuscrits intitulés : Itinéraire d'un soldat devenu officier supérieur et tableau des journées de marche et de séjour dans les villes de garnison : ces cahiers sont remplis de curieux détails sur les campagnes impériales et sur l'empereur lui-même, avec qui parfois l'auteur s'entretint.

De passage dans l'Est, il se maria à Charmes -sur- Moselle (Vosges), avec M»e Barher, dont le père et le grand-père, Gouvernel, faisaient partie en 4790 du conseil de district (i). Il prit sa retraite dans cette petite ville (2). Il eut pour fils unique M.

(1) Us avaient pour collègue Krantz. C'est l'aïeul du ministre actuel. Le fils de Gouvernel fut député des Vosges sous la Dynastie de Juillet et en 48. Gouvernel et Barbier avaient été élus en 1790 comme étant des « notables » du département. Voir les Vosges pendant la Révolution, par Félix Bouvier.

(2) Son troisième frère, soit le grand oncle de Maurice Barrés, mourut à Blesic où existe encore une branche de la famille Barres, qui a toujours entretenu avec celle de Charmes des relations très suivies.

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Auguste Barrés qui, après de brillantes études à TEcole Centrale, revint à Charmes.

Du mariage de ce Lorrain avec M"e Luxer, elle-même issue d'une des plus anciennes familles de Lorraine (a), naquit à Charmes, le 22 septembre 4862, Maurice Barres.

Donc, et à n'en plus douter, ce Maurice Barres est bien un juif Portugais.

(1) Avant la Révolution, les Luxer siégeaient au Parlement de Lorraine, L'un d'eux est en ce moment président de Chambre à la cour de Nancy. Le colonel de Luxer, président du Conseil de guerre qui jugea Estherazy appartient à cette famille éminemment lorraine.

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JALONS BIOGRAPHIQUES (i)

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