‹ Notre marine marchandeChapitre 16 sur 83 · Renseignements fournis par V Union coloniale Française · texte numérisé non relu

Renseignements fournis par V Union coloniale Française

Gomment nier, du reste, le triste état de notre marine marchande? Si on prend, non pas nos chiffres, mais ceux fournis par l'administration, par le gouvernement, et si Ton établit le tableau comparatif des quatre premiers mois 1898 et des deux années précédentes, on compte :

Pour la navigation avec les pays hors d'Europe : en 1896,203 navires français avec 303600 tonneaux; en 1897, 191 navires avec 310 000 tonneaux, et, pendant les quatre mois de Tannée 1898, seulement 176 navires avec 293 600 tonneaux! On répète souvent que les chiffres ont leur éloquence; il nous semble que ceux que nous venons de citer sont parti* culièrement et tristement éloquents.

Si de la situation de la marine, nous rapprochons celle de notre commerce extérieur, toujours d'après les chiffres officiels, les résultats n'en sont pas moins significatifs. Sans entrer dans le détail» nous constaterons l'augmentation des importations, occasionnée en grande partie par la mauvaise récolte du blé et la diminution très sensible des exportations. L'importation a atteint 2 284 956 000 francs, alors qu'elle n'avait été que 1 930 716 000 francs pendant le premier semestre de 1897 et de 2 023311000 francs pendant le second. Quant à l'exportation, qui avait été de 1806636000 francs et de 1791312000 francs pour le premier et le deuxième semestre 1897, elle est tombée à 1 688 429000 francs; et, cette baisse, ce qui la rend encore plus Sensible, porte en grande partie sur les objets fabriqués.

Quand nous nous élevions contre l'instabilité douanière et lOs incessantes modifications appor^

tées aux fameux tarifs de 1892, on ne manquait jamais de nous répondre : (( De quoi vous plaignez-vous? Nos exportations augmentent. » Et nous avions beau faire observer que cette augmentation ne signifiait pas grand'chose par l'excellente raison qu'elle était fort loin de Taccroissement constaté chez les pays concurrents, TAllemagne notamment... Nos honorables interlocuteurs ne pourront plus, malheureusement, se servir de cet argument. Nous attendons avec une certaine impatience la nouvelle réponse qu'ils vont nous faire.

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