‹ Notre paysChapitre 12 sur 25 · COMME LA MATINEE · texte numérisé non relu

COMME LA MATINEE

Le long cortège blanc des lavandières Et celles qui filaient près des chaudières, Qui n'étaient plus que des os sous les pierres,

Et les soldats nés jadis en ces lieux, Puis revenus dormir auprès des vieux, Qui n'étaient plus qu'un herbage lépreux,

Tous ces défunts se mêlent aux vivants, Pour cheminer parmi les blés mouvants, Vers le clocher qui pointe aux quatre vents...

Et je reviens dans cette matinée

Qui luit au fond des premières années

Comme l'Étoile en la Nuit fortunée,

Maintenant que les blés ne lèvent plus, Que les vivants sont ivres ou perclus Et que les morts au tombeau sont reclus

En attendant la suprême journée.

// est aussi

Il est aussi comme la vie étroite D'un journalier qui casse des cailloux Pour soutenir sa famille humble et coite:

Il trime, il peine, il rêve peu ou prou, Se lève tôt, se couche avec les poules, Siffle parfois, ne parle pas beaucoup,

Ne quête point les villes ni les foules, Les mœurs ou les opinions diverses, Le souffle chaud des humanités saoules.

Mais dans ce coin, sous les mêmes averses, Sous mêmes feux de printemps et d'été, Sous même froid qui déchire et qui perce,

Il trime, il peine, il donne la pâtée A ses petits, écoute leurs prières, Chante un refrain pour les faire sauter...

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