PAREIL A LA FILEUSE
Cette fileuse en délire se fond,
Laisse tomber an carreau sa quenouille,
Laisse tomber ses deux mains et son front
Les oraisons et le fil, tout s'embrouille, Tout s'est mêlé dans une paix félonne, Tout a coulé dans une nuit de houille...
Mais là, dehors, en manteau qui rayonne,
Sur le tapis de neige immaculée,
Vient doucement la Reine des Patronnes,
Elle descend au fond de la vallée, Pousse la porte, entre dans la chaumière, Prend la quenouille et se met à filer
Comme jadis, au pays de lumière Par où jadis le monde fut sauvé, Elle filait, modeste filandière,
Quand l'ange vint lui dire son Ave.
6l Salante. — \
Il est aussi
Il est aussi comme l'heure dernière De Vivien, neveu du preux Guillaume, Aux Aliscamps, la plaine meurtrière...
Que serviraient les onguents et les baumes? Le sang vermeil s'en va par quinze trous : L'âme va suivre et quérir son royaume.
Aux noirs païens plus féroces que loups L'oncle a ravi le beau corps de l'enfant, Le corps saignant frappé de quinze coups.
Au souple trot de son cheval Beauchamp L'oncle Guillaume emporte son neveu Hors la bataille où la Mort va fauchant.
Le calme naît, le jour éteint ses feux... L'oncle Guillaume a couché sous un hêtre L'enfant tout blanc, mais qui respire un peu.