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L’AFRIQUE OCCIDENTALE, AUSTRALE, ORIENTALE

Au delà des limites méridionales du Sahara, la côte occidenla'e d’Afrique se partage entre les établissements et les influences des divers peuples maritimes. Les Français possèdent le Sénégal avec ses dépendances et plusieurs factoreries sur le golfe de Guinée (Assinie, Grand Bassam, Dabou, Gabon, cap Lopez). Les Anglais occupent la Gambie, Sierra- Léone, Lagos et trafiquent dans quelques factoreries du golfe de Guinée; au large leur pavillon flotte sur l’Ascension et Sainte-Hélène. Les Portugais possèdent à terre les postes de Bissao, Cacheu et quelques autres, et en mer, outre Madère au nord, l’archipel du cap Vert, les îlots de San-Thomé etdu Prince (sans parler des Açores, administrativement rattachées à lamétropole) : au sud de l’équateur ils sont maîtres des territoires d’Angola et de Benguela. Les Hollandais ont fait de Saint-Georges-d’Elmina le centre de leurs opérations. Les Espagnols enfin, souverains de l’archipel des Canaries, possèdent dans le golfe de Guinée les îlots de Fernando- Po et d’Annobon. Tous ces peuples ont introduit sur le littoral las langue et la foi, les usages et les institutions des peuples civilisés et chrétiens, sans pouvoir entamer sérieusement le fond des populations noires ni pénétrer bien avant dans l’intérieur, ailleurs que sur les fleuves. Longtemps la traite des esclaves fut le principal objet des rapports établis entre les étrangers et les indigènes; aujourd’hui, à peu près supprimée par la vigilance des croisières anglaise et française, elle a fait place à un commerce régulier qui troque les marchandises européennes contre les produits indigènes : gommes, arachides, huiles, bois de teinture , bois de construction , graines oléagineuses , orseille, caoutchouc, cire, cuirs verts, ivoire ;depuisquelques années on y joint le café et le colon. Des services réguliers de paquebots font communiquer chacun de ces pays avec leurs métropoles.

Les principaux centres administratifs et commerciaux de

la côte occidentale sont : Saint-Louis, capitale du Sénégal (18,000 habitants), située dans une île, à l’embouchure du fleuve; Gorée et Dakar, mouillage abrité par le cap Vert, station de relâche pour les paquebots français du Brésil ; Sainte-Marie-de Batlmrst et Freetown, chefs-lieux des colonies anglaises de la Gambie et de Sierra-Léone; Wydah, grand village maritime ; Saint-Paul-de-Loanda, chef-lieu des possessions portugaises de la Guinée inférieure, et Saint- Philippe-de-Benguela, petite ville maritime. On peut nommer encore à terre Monrovia, capitale de la république de Libéria, peuplée d’affranchis américains et de noirs indigènes soumis; et en mer, Funchal, à Madère; las Palmas et Santa-Cruz, aux Canaries; Puerto-Praya, aux îles du cap Vert; Jamestown, à Sainte-Hélène.

Sur la côte orientale d’Afrique, les Anglais, lerHol landais et les Portugais ont seuls fondé des établissements; les Français et les Anglais ont pris pied dans l’océan Indien.

La colonie du Cap, qui a emprunté son nom au fameux cap des Tempêtes, devenu par la navigation de Diaz et de Gama le cap de Bonne-Espérance, après avoir été fondée par les Hollandais, appartient aux Anglais, qui l’ont dotée d'un gouvernement constitutionnel, à l’instar de la métropole : un gouverneur, deux chambres, toutes les libertés britanniques. Depuis 18G4. la colonie s’est annexé les îles Ichaboë, des Pingouins, les Grands-Namaquois, et la Cafrerie anglaise. Malgré ces avantages, l’émigration la recherche peu et son accroissement par les naissances est faible: les Européens n’y dépassent guère le chiffre de 120,000, répartis entre les campagnes et les villes, dont les principales sont : la ville du Cap (Capetown, 40,000 habitants) et Port- Elizabeth.

Plus au nord se trouve Natal, autre colonie anglaise, lente aussi à se développer, et dont Pietermaritzburg est la capitale administrative, Durban, le chef-lieu commercial.

Ces deux établissements sont des pays de grande culture et d'élevage de bétail; en outre, on y plante des vignes, et les vins de Constance, au Cap, sont connus en Europe. On

y essaye les céréales, le coton, le sucre, le café. Des mines «le cuivre sont en exploitation, et l’on annonce fort bruyamment la récente découverte de diamants.

Une partie des Hollandais dépossédés de la propriété politique de la colonie du Cap ont émigré vers l’intérieur, et sous le nom de Boërs (les travailleurs) ils ont fondé deux États indépendants, même de la métropole, appelés : l’un Transvaal (capitale Polchefslrom),, l’autre, État de la rivière Orange (capitale Bloeinfontein) Ce sont des républiques à l’état naissant, encore troublées par des guerres intérieures et extérieures, mais intéressantes comme tout germe de nation.

Avec la capitainerie générale de Mozambique, le drapeau portugais reparaît; il flotte sur les bouches du grand fleuve de Zambèze, et a la prétention de régner sur tout le bassin inférieur de ce fleuve, jusqu’à la rencontre du versant occidental de l’Afrique, qui, sous les mêmes parallèles, rejoint Benguéla. Les faits répondent mal à cette ambition, et le littoral même languit tristement sous la domination étrangère. La suspension de la traite des esclaves lui ayant enlevé son principal article de commerce, le trafic ne roule plus que sur les produits naturels du pays : ivoire, cornes de rhinocéros, dents d’hippopotame, écaille, orseille, copal, cauris, coquillage qui sert de monnaie en Afrique, etc. Mozambique, son chef-lieu et principal centre du commerce, se débat, dans la petite île de ce nom, contre l’insalubrité du sol et du climat. L’or de Sofala a plus de renom que de réalité. La houille, dont on y soupçonne l’existence, serait un minéral bien plus précieux.

Par le travers du Mozambique, sur le canal maritime de ce nom, l’ilc de Madagascar déploie l’amphithéâtre de ses montagnes, couronné par la ville de Tananarive, capitale du royaume des Ilovas, aujourd’hui maîtres principaux, sinon souverains d’une île, où ils sont en petite minorité, et qu’il leur reste à conquérir sur l’indépendance des Sakaiaves et des Malgaches. Abordée par les Français au x.vii c siècle, et qualifiée d’île Dauphine ou de France orien-

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taie, Madagascar a échappé, au XIX e siècle, à la politique française, qui s’est réfugiée dans les îlots de Sainte-Marie, de Nossi-Bé, et de Mayotte, l’une des Comores. Le drapeau français a dû également se retirer de 1 île de France, redevenue île Maurice, et des lies Seychelles, abandonnées aux Anglais par les traités de 1 81 T». Mais il flotte encore avec honneur sur l’île Bourbon, métamorphosée en l'ile de la Réunion, qui manque d’un bon port, que la nature a donné à Port-Louis , chef-lieu de 1 île, sa sœur et sa voisine. Chef-lieu la de Réunion, Saint Denis (20,000).

A partir du cap Delgado et de la rivière Rovuina jusqu’à l’Egypte, le littoral africain est livré à la souveraineté du sultan arabe de Zanzibar, où à l’indépendance des peuples indigènes . la zone maritime de Zanguebar et d’Ajan, les domaines intérieurs des Gallas et des Soumalis, suivent le cours de leurs destinées, parfois paisibles, souvent turbulentes en dehors de l’influence de la civilisation européenne. Le commerce seul et l’esclavage, qui se recrute en grand par la chasse aux hommes et la traite., relient ces pays aux pays musulmans voisins, et à quelques rares navires venus d’Europe ou d’Amérique. La ville de Zanzibar, dans une île de même nom, est le principal foyer d’affaires. Mélinde et Monbaze ne sont plus que des souvenirs historiques de la domination portugaise. C’est à l’orient de cette dernière ville, à 2 ou 3 degrés de longitude, que se dressent les monts Kénia et Kilimandjaro (6,500 m.), couverts à leurs cimes de neiges éternelles.

Entre le pays des Gallas et l’Egypte se dresse, à 2,000 mètres d’altitude, le système des plateaux montagneux de l’antique Éthiopie, 1’ Abyssinie moderne, sur laquelle une guerre courte et malheureuse contre l’Angleterre a récemment ap-= pelé l’attention. C’est un pays qui compte plus pour sa fonction géographique que pour son rôle politique, auquel la défaite et la mort du roi Théodoros ont promptement mis fin. De ses fleuves et de ses hautes cimes, dont quelques-unes culminent entre 3 et 4,000 mètres, coulent des rivières qui réunissent leurs eaux dans deux grands affluents du Nil : l’Atbara et le Bahr-el-Azrak (Nil Bleu). Par le

tribut de ces eaux, d’un volume considérable, les pluies et les courants abyssins concourent à la crue périodique des eaux du Nil, et tiennent une place dans les destinées de l’Egypte. L’Abyssinie présente dans sa population une autre particularité remarquable. Quoique noire de couleur, elle a les traits caucasiques ; elle est chrétienne, d’intention tout au moins, sinon de fait. Ces caractères, corroborés par la langue, les mœurs et les traditions, ont suggéré l’idée d’en faire le type d’un embranchement qui réunirait plusieurs de ces peuples, à profil européen, dont la provenance semble étrangère à une branche aryane ou sémitique de la race blanche, aussi bien qu’aux races jaune et noire : on dirait un premier jet de création du type blanc, enj dehors du plateau central de l’Asie. Les principales villes du peuple éthiopien sont Gondar, Ankober, Adouah, chefs-lieux de province qui s’érigent de temps à autre en villes indépendantes.

Sur le littoral abyssin, les Turcs ont conservé, au sud de Souakin, le territoire de Massaouah, entrepôt du commerce de l’Abyssinie avec l’Arabie, les Indes, l’Egypte et l’Europe; ils rattachent ce port à leur douane arabe de Djeddah. A proximité du littoral abyssin se trouve l’ilot Périm, occupé sans droit par les Anglais, qui surveille le détroit de Bab-el-Mandeb.

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