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L’ARABIE

'L’Arabie forme avec la région caucasienne un complet contraste. C’est la nudité des steppes et des déserts opposée au manteau verdoyant d’une riche végétation. Cependant tout n’est pas stérilité et solitude dans la péninsule arabique : sur la surface totale, calculée à 2,800,000 kilomètres carrés, les parties fertiles et habitées sont évaluées à la moitié environ ; il ne reste au désert sablonneux ou pierreux que l’autre moitié, ce qui est encore beaucoup. Aussi la population n’est-elle que de 8 à 9 millions pour un pays cinq fois grand comme la France. Les régions habitées sont dans le plateau central, appelé le Nedjed, élevé de 4,000 à 1,300 mètres, et dans lesvalléçs des montagnes de l’intérieur ou du littoral, que rafraîchissent les sources, condition de fertilité sous un climat très-chaud, et sur un sol tellement absorbant qu’il n’y a pas dans toute l’Arabie une seule rivière pérenne. Les pluies, infiltrées dans la terre, alimentent les puits; ce n’est que dans l’Oman qu’elles forment quelques cours d’eau.

Malgré les prétentions de la Sublime Porte à la souveraineté de l’Arabie et la nomination de quelques gouverneurs, ce pays est en réalité livré à lui-même, sous le gouvernement de chefs religieux et politiques, dont le plus respecté et le plus puissant est le chérif de la Mecque, qui étend son autorité sur l’autre ville sainte du Hedjaz, Médine : le pouvoir turc n’est vraiment organisé que sur le littoral, à

Djeddah, où il perçoit des droits de douane sur les marchandises et sur les pèlerins. Ce revenu ne manque pas d’importance, tant est grande l’aflluence annuelle des hadjis qui, de tous les points du monde musulman, viennent acquitter dans le temple de la Kaaba, dont la fondation est attribuée à Abraham, et autour du tombeau du prophète Mahomet, la dette de leur loi. Les autres villes de quelque importance sont dans l’Yémen, la plus fertile région de l’Arabie, le pays du café. Là se trouvent : Sana, capitale, résidence de l’iman (10,(X)0 âmes); Moka, plus célèbre que considérable (3 à 1,000). Ce port grandira, comme tous ceux de la côte arabique (Yambo, Djedda, Konfoudah, Loheia, Hodeidah), par l’ouverture du canal de Suez.

A la pointe sud-ouest de l’Arabie est bâtie Aden, cité florissante dès le moyen âge, dont les Anglais ont fait une place de guerre et de commerce de premier ordre ; commandant l’entrée de la mer Rouge et de la mer des Indes, Aden se complète par l’îlot Périm, dans le détroit même de Bab-el Mandeb, dont l’occupation de fait par les Anglais laisse intact le droit de la Turquie et de l’Europe à garantir la liberté de la navigation.

Sur le rivage méridional de l’Arabie, nommé l’Hadramaut, la petite ville maritime de Makalla est le centre du commerce de la côte et un grand marché d’esclaves, achetés ou pris à la chasse sur le continent africain, et librement transportés par mer, malgré les défenses nominales du pacha d’Egypte et du sultan de Turquie, malgré les croisières un peu plus sérieuses de l’Angleterre.

La partie sud-est de l’Arabie porte le nom d’O.HA.\, royaume indépendant, gouverné par le sultan ou iman de Mascate, dont l’autorité s'étend sur la région avoisinante du littoral arabique, ainsi que sur une lisière du littoral oriental du golfe Persique et du golfe d’Ormuz, où elle rencontre les Anglais établis aux îles de ce nom, à l’entrée du détroit, ainsi qu’à proximité des bouches de l’Euphrate. Il y a quelques années l’iman de Mascate régnait même sur Zanzibar, du continent africain ; mais à la mort de Si-Said, le pouvoir réel s’est partagé entre deux branches de la famille. Là

se trouvent, outre la capitale Mascate, peuplée de t'>0,000 âmes, les villes maritimes de Malrah, Sohar, Sharçah, auxquelles on attribue les chiffres de 25 à 30,000 âmes.

Enfin le pourtour maritime de l’Arabie se continue par le Lha-Sa, plage basse, le long du golfe Persique, et large de 100 kilomètres , soumise aux Wàhabites, secte dissidente de l’islamisme, qui a été momentanément vaincue par les pachas d’Egypte, sans être étouffée. Dans les petites villes maritimes de Katif et de Koweit se rencontrent les populations arabes et persanes, sur les limites des deux Etats.

> Le cercle se termine de l’est au nord par une ceinture de déserts qui se fondent avec ceux de Mésopotamie et de Syrie, habités par les Arabes bédouins et nomades et qui aboutissent, par la presqu’île de Suez, au mont Sinaï, d’immortelle mémoire , où Moïse écrivit le Décalogue qui, au bout de quatre mille ans, est encore la loi religieuse et morale d’une partie éminente de l’humanité. C’est au centre de celte vaste périphérie que s’élève le Nedjed, le pays des populations sédentaires et éclairées, des cultures, des villes, des gouvernements réguliers. Les Wahabites y régnent en maîtres, et Riad, résidence de leur sultan, a, dit-on, 30,000 âmes. Les chevaux du Nedjed sont les plus estimés entre tous ceux de la race arabe.

Dans les parages maritimes de l’Arabie, il n’y a à citer que les îlots de Kouria-Mouria, de Moseira, trop insignifiants pour exciter une vocation maritime, que ne favorisait pas d’ailleurs l’absence de golfes et de baies sur le littoral. Seule l’île Bahrein, dans le golfe Persique, et au voisinage du littoral arabique, alimente k une pêche de perles estimées. Aussi la marine arabe se réduit-elle à des coutres et barques, du plus faible échantillon, en dehors de quelques navires dont le sultan de Mascate s’est passé la fantaisie.

Berceau de l’islamisme, l’Arabie a joué un grand rôle dans-' l’histoire et la politique. C’est là que Mahomet a conçu et prêché sa doctrine; de là sont partis ses disciples, fanatisée par sa parole, et s’élançant, le Coran en main, à la conquête

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du monde, dans toutes les directions de l’horizon. C'est là que, tous les ans, vient se retremper la dévotion musulmane, au pèlerinage des lieux saints, dont le Coran fait un devoir sacré pour tous les croyants qui peuvent l’accomplir. Auprès du nom vénéré de Mahomet, la poésie orientale invoque avec admiration le nom d'Anlar, comme un maître des mieux inspirés , et le peuple arabe chante encore ses poèmes.

A rechercher un lien moral qui réunisse les diverses contrées du versant occidental de l’Asie, nous n’en pourrions trouver d’autre que l’islamisme. Bien que divisée en sectes orthodoxes ou non (Sonnites, Chiites, Wahabites, Druses), cette religion rattache à la foi au Dieu unique et à Mahomet son prophète les populations presque entières, depuis l’Afghanistan jusqu’à la Méditerranée, depuis le Caucase jusqu’à la mer des Indes. Les cultes israélite et chrétien, quoique partout pratiqués, y sont en petite minorité, et les païens y sont à peu près inconnus.

L’HINDOÜSTAN

Le versant méridional de l’Asie est occupé tout entier par l’Inde, qui porte habituellement dans la langue politique et économique le nom des Indes orientales, vaste région circonscrite au nord par l’énorme chaîne, tendue en arc de cercle, de l’Himalaya,à l’ouest par les monts Hala et Soliman, qui la séparent du Béloutchistan et de l’Afghanistan, au midi par la mer des Indes, à l’est par les chaînes de l’Indo-Chine, où commencent les domaines de la race jaune. Dans son ensemble, elle couvre une surface de 2,600,000 kilomètres carrés, peuplée de 190 millions d’habitants, presque tous sujets de la puissance britannique, à l’exception de quelques terres, les unes restées libres aux mains des indigènes, les autres possédées par deux nations européennes, les Portugais et les Français.

Aux âges anté-historiques, la péninsule de i’IIindoustan fut occupée par des familles de la race jaune ; mais elle fut ensuite envahie par des tribus arvanes de la race blanche,

qui se reconnaît à la beauté du type physique aussi bien qu’aux langues, aux mœurs, à la tradition. Race conquérante des temps primitifs, elle a constitué la caste supérieure des Brahmanes, asservissant à ses lois et à son mépris les races indigènes qu’elle soumettait à son joug et qui ont formé les castes inférieures, aux traits moins nobles, aux couleurs plus foncées. Cet autre fonds des populations antéhistoriques présente le même problème que , dans le - monde européen, les familles mystérieuses des PélasgeSj des Etrusques et des Ibères, œn Afrique celle des Berbères : un premier âge d’apparitions et de migrations qui défie la science. Dans l’Inde, on les reconnaît dans les peuples tamouls on dravidiens, dans les Djates de l’Assam et d’autres contrées, dans les Gorkhas du N’épaul. Ces peuplades elles-mêmes, qui par plusieurs points semblent tenir de la race jaune, et que désigne le nom collectif de race thibétaine ou djate, paraissent avoir trouvé sur place et soumis une race nègre, ou négroïde, dont il reste quelques tribus sauvages au cœur des montagnes et des forêts du continent, au centre de l’île de Ceylan, dans les castes inférieures du Dekkan. Sur les frontières de ce monde-indien, comme sur tous les lieux de transition, se montrent les types des pays voisins : les Afghans, les Béloutchis, les Arabes, les Malais, les Indo-Chinois; çà et là se sont infiltrés quelques courants juifs. Enfin au-dessus de toutes ces masses vivantes se dresse aujourd’hui, en souveraine, la nation britannique, qui règne, gouverne, administre, domine. Du mélange des Anglais avec les femmes hindoues est né un type nouveau, les Eurasiens , qui ajoute une variété de métis à celles qu’avaient formées le croisement des colons portugais, hollandais et français avec les femmes indiennes.

Les langues reflètent cette variété d’origines. L’hindoustani, le principal idiome, se rattache, par le pracrit, un de ses éléments constituants, au sanscrit, la langue primitive des Aryas, base du groupe si multiple des langues indoeuropéennes, et qui est resté l’idiome de la religion et de la science brahmaniques, grâce aux Védas, aux Pouranas

et aux autres monuments de la littérature sacrée. Langue des villes, des camps, de l’administration, l’hindoustani constate la prééminence antique, respectée par les siècles, de la race conquérante. Au-dessus et à côté, une multitude d’autres idiomes et dialectes perpétuent la trace des races vaincues et inférieures, ou attestent le contact des races voisines du monde sémitique, thibétain ou indo-chinois.

L’unité géographique de l’Ilindoustan anglais se divise en deux régions qui en sont le corps. Au nord, une grande plaine s’étend des pieds des monts Himalaya jusqu’à la chaîne des monts Windhya; au sud, de celle des Aravali à l’ouest jusqu’au fond -du golfe de Bengale : c’est le bassin du Gange, le fleuve sacré des Indiens, qui se jette dans le golfe par plusieurs branches, formant un vaste delta, et dont l’un, le Hoogly, est un grand fleuve navigable. I<a partie méridionale de i’Hindoustan forme le plateau du Dekkan, supporté à l’est par les Ghates orientales, à l’ouest par les Ghates occidentales, dont les monts Nilgherris sont un des chaînons; au nord, par les monts Vindhya : c’est la vraie presqu'île de l’Hindoustan. Là coulent d’autres fleuves de moindre longueur : le Mahanaddy, le Godavéry, le Kistna, le Pannair, le Cauvéry,qui se jettent dans le golfe de Bengale, le Nerbudda, dans la mer d’Oman. A cette double et vaste circonscription intérieure se rattachent, sur les frontières, deS territoires d’un contraste tranché : le Thour ou désert indien, le bassin du Sindh ou Indus, qui a donné son nom au pays, la zone montagneuse de l’Himalaya, la contrée orientale de l’Assam, le bassin du fleuve Brahmapoutre, aux confins de la Birmanie.

Sur le pourtour maritime, une seule grande île se détache du continent : Ceylan, aux traditions mythologiques, aux forêts profondes, au sol fertile. Par le travers de la péninsule flottent au large les deux archipels des Laquedives et des Maldives, composés d’attolons de corail, groupes de petits îlots, dont la souveraineté nominale est laissée à de petits princes indigènes. Au sud des Maldives, le groupe des Chagos, habité par des Français, appartient aux Anglais et dépend du gouvernement de Maurice. Dans le golfe de

Bengale se trouvent deux archipels, Andaman et Nicobar, dont les Anglais ont fait des lieux de transportation des cipayes révoltés, et que l’on doit rattacher, plus exactement peut-être, à la presqu’île de l’Iiido Chine.

La révolte de 1857-1858 a amené un changement considérable dans le système politique et économique de l'Inde. Cet empire, qui était depuis deux siècles et demi aux mains d’une compagnie commerciale , a été dévolu au suprême gouvernement de la couronne; et l’administration locale, au lieu d’abandonner à elles-mêmes les races indigènes, se bornant à leur imposer des tributs, a entrepris de les tirer de leur barbarie et de leur misère par des institutions civilisées et des travaux publics. Des écoles ont été fondées et encouragées, des canaux ouverts et entretenus; des chemins de fer ont relié les territoires et les principales villes, en même temps que dés lignes subventionnées de paquebots et de télégraphes rattachaient l’Inde à la métropole. Aussi la conquête tend-elle de plus en plus, sous de tels intelligents et énergiques efforts, à devenir une florissante colonie , dont les ressources sont immenses comme le territoire et la population.

Tous les métaux précieux et communs s’y trouvent dans les alluvions des rivières ou les roches des montagnes. Deux grands dépôts de houille sont connus et exploités. Les pierres précieuses et les diamants ont illustré le nom de Golconde. L’Europe importe de l’Inde de grandes quantités de salpêtre.

Les produits agricoles comprennent la série à peu près complète. Pour la former, l’Europe et l’Afrique unissent leurs dons à ceux de l’Asie. Qu’il suffise de nommer le blé dans les hautes altitudes ; le riz, principale nourriture des Hindous; le sucre de canne, le café, le thé, la soie, le jute, le coton, l’indigo, le tabac; toutes les variétés d’huiles et de teintures, de fruits et de légumes, et l’opium, dont le commerce anglais empoisonne les Chinois. Les animaux domestiques d’Europe s’y retrouvent tous, le buffle compris, et avec le chameau et l’éléphant eq plus. Malgré tant de moyens d’aisance, l’agriculture est arriérée, la population

L’ASIE OCCIDENTALE ET MERIDIONALE m

laborieuse pauvre , l’industrie ignorante. L'exemple et l’in— truction, la justice et la liberté ont trop longtemps manqué : c’est un peuple tout entier à régénérer.

• Le gouvernement de l’Inde, civil dans son esprit et dans son personnel, est confié à un vice-roi, gouverneur général, assisté d’un conseil suprême et d’une assemblée législative, recevant de Londres la direction d’un ministre secrétaire d’Etat pour l’Inde, qu’assistent deux sous-secrétaires d’Etat et un conseil de quinze membres. L’empire est divisé, pour l’administration, en trois présidences : celles de Bengale (capitale Calcutta) , Bombay et Madras , dont relèvent un certain nombre d’Etats intérieurs, dits protégés, où les souverains conservent une autorité nominale avec un traitement princier, tandis que l’autorité réelle est aux mains des gouverneurs anglais.

Pour tout l’empire, le revenu public s’élève de 1,000 à. 1,200 millions de francs. Le commerce roule sur 3 milliards, presque la moitié du commerce total des colonies britanniques, et pour la majeure partie sous pavillon anglais..

Les principales villes sont :

Dans la présidence du Bengale : Calcutta, capitale de l’Inde anglaise, grande et belle ville de 400,000 habitants, Hindous, Parsis, Chinois, Malais et Anglais ; Mourchedabad (150,000), ville industrielle où l’on fabrique des soieries, des tapis et des broderies; Patna (285,000), centre d’un, grand commerce d’opium ;Benarès, (200, 000) la ville sainte des Hindous, leur capitale nationale; Caounpour, principale station des forces militaires ; Delhi (150,000), ancienne capitale des empereurs mogols; Lucknow (300,000), ancienne capitale du royaume d’Oude ; Lahore (100,000), ancienne capitale du ropume de Lahore ou des Sykes ; Amretsir (100,000), entrepôt du commerce entre l lnde et l’Afghanistan, la ville sainte des Sykes. — Dans les Etals protégés de cette présidence, on distingue les villes d’Haïderabad (200,000), capitale des Nizam; Golconde, plus fameuse autrefois qu’importante aujourd’hui; Kachemyrou Serinagar, renommée pour ses châles et ses tapis, etc.

Dans la présidence de Bombay : la capitale de ce nom,

située dans une petite île voisine de la côte, peuplée de

800.000 habitants, avec un très-bon port, le seul de la côte occidentale de l’Inde où puissent aborder les navires de tout tonnage; Surate (135,000), premier centre du commerce français, au xvu° siècle; Ahmadabad (30,000); Kouratchi (25,000), ville principale du Sindpour le commerce.

Dans la présidence de Madras , la capitale Madras (150,000), grande ville de commerce.

Nous n’avons pas nommé les villes de moins de 10,000 âmes , trop nombreuses pour figurer dans cette rapide esquisse.

A l’IIindoustan anglais se rattachent administrativement les trois provinces de l’Indo-Chine (Àracan, Pegu, Tenasserim), qui dépendent de la présidence de Calcutta et dont les eaux se déversent dans le golfe de Bengale : les ports de Ramgoun, Bassein, Moulmein, Mergui trafiquent avec la colonie et la métropole. On en a récemment détaché le gouvernement des Détroits, qui comprend sur la terre ferme la capitale Georges-Town (0,000), le port de Malacca, bien décimale son ancienne splendeur; et sur mer, les îles de Poulo-Pinang, refuge sanitaire des Anglais; Singapore, grande ville maritime, peuplée de 85,000 habitants, dont

50.000 Chinois, entrepôt d’un vaste commerce avec tout l’Orient, qui doit à la franchise de son port sa rapide prospérité. Par ses trois établissements de Poulo-Pinang, Malacca et Singapore , l’Angleterre domine l’entrée, le milieu et la sortie de l’important détroit qui sépare les mers des Indes de celles de la Chine.

Quoique Ceylan forme une colonie séparée, on peut, au point de vue politique, la rattacher à l’empire anglais de l’Inde, dont elle n’est pas le moins beau domaine. Ceylan est peuplé de 1,800,000 habitants, de toute race : Tamouls et Chingalais (Dravidiens, Coulies malabares, Malais, Arabes, Persans, Anglais, etc.). Les villes principales sont : trois places maritimes : Colombo , la capitale (70,000) ; Pointe- de-Galle, et Trinquemale. Pointe-de-GalIe est une des escales des paquebots européens qui font le service de la mer des Indes.

Les Etats indépendants de PInde, réduits de plus en plus par la guerre ou par l’acquisition, ne sont plus que deux, au centre des vallées et des montagnes de l’Himalaya : le Népaul et le Boutan. La capitale du Népaul, Katmandou (50,000), renferme de célèbres temples de Bouddha. La capitale du Boutan, Pounakha, n’a que 10,000 habitants. Le Boutan est gouverné par deux souverains; l’un, éhef , spirituel, est une incarnation de Bouddha; l’autre est le chef temporel.

Les Colonies européennes ont reculé de plus en plus devant la prépondérance anglaise. Les Hollandais ont perdu, par le sort de la guerre, tout ce qu’ils avaient possédé sur le continent. Les Danois ont vendu, il y a trente ans, aux Anglais , le port de Tranquebar qui leur était resté. Enfin les Portugais et les Français, après avoir fondé de vastes empires qui ont illustré les noms d’Albuquerque et de Dupleix, sont cantonnés aujourd’hui dans un petit nombre de petits établissements.

Le Portugal possède la ville de Goa, peuplée de 20,000 âmes, et siège d’un gouvernement qui en compte 42(F,000. Damaun et Diu sont les deux autres principaux centres. — La France possède Pondichéry, centre administratif de cinq comptoirs disséminés dans l’Inde anglaise (Pondichéry, Karikal, Yanaon, Chandernagor, Mahé), réunissant 226,000 habitants, dont 40,000 dans la ville de Pondichéry.

Si nous voulons, pour le versant méridional de l’Asie, comme nous avons fait pour le versant occidental, rechercher les liens communs, nous en trouverons deux : la domination anglaise dans l’ordre politique, et le culte brahmanique dans l’ordre religieux, avec beaucoup plus d’exceplions pour la foi que pour la loi.

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