LES ILES — LE JAPON
Nous avons nommé les îles Haïnan et Formose, dépendances des provinces chinoises ; l’ile Sakhalien , que la Russie s’est appropriée, ainsi que les Kouriles : il reste à parler des îles qui composent l’empire du Japon , ou qui s’y rattachent par leur situation géographique et leur condition politique.
Le Japon est un archipel composé de quatre grandes îles et de beaucoup de petites, qui se développent en arc de cercle par le travers de la Chine septentrionale et
NOTRE I'LANKTE
de la Mandchourie , se rapprochant par une extrémité de la presqu’île de Corée, par l’autre de l’ile Sakhalien et des îles Kouriles : l’aire circonscrite par ces terres est la mer du Japon , aux eaux poissonneuses et aux abondantes pêcheries, où le détroit de La Pérouse rappelle une des gloires et des infortunes de la France. Sa superficie est évaluée à -410,000 kilomètres carrés, et sa population âenviron 35 millions d’habitants , soit une densité kilométrique de 84hahitanls, témoignage d'un degré élevé de civilisation.
Le Japon est gouverné par le mikado, souverain temporel et spirituel à la fois, représentant des dieux fondateurs de l’empire. Jusqu’en ces derniers temps, ce chef avait laissé le pouvoir actif et les relations avec les puissances étrangères à un chef féodal, le laïkoun , dont les aïeux avaient conquis ce privilège par leurs exploits ; mais la discorde qui s’est élevée entre ce prince et plusieurs seigneurs qui composent ‘ l’aristocratie féodale, et quelque temps après la lutte engagée par le taïkoun contre le mikado, ont entraîné une révolution qui a dépossédé le taïkoun de ses titres et raffermi la souveraineté du mikado.
A l’ombre de ces puissances s’est développé un État économique qui est un des phénomènes les plus intéressants de l’Asie : le pays fertile , baigné par de nombreux cours d’eau descendant des hautes et verdoyantes montagnes de l’intérieur, accidenté par une agréable succession de vallées et de collines, invitait à la résidence fixe et au travail pro- | ductif; les institutions y ont associé leur influence. L’agriculture, l’industrie, le commerce intérieur, la navigation, y ont déployé leur activité ; les mines de tout genre y sont exploitées, et, entre autres, celles de houille, de cuivre, d’étain, celles de fer, dont la qualité supérieure fournit des aciers excellents; enfin des mines d’argent et d’or et des alluvions aurifères. La population s’est ressentie de l'heureux effet de ces goûts laborieux : douce, sociable, polie, sensible à l’honneur, brave, elle s’est élevée par son intelligence et son type physique au dessus des autres races mongoles, dontellese détacha de bonne heure; elle s’est, spontanément ou par 1 initiation étrangère, avancée dans les lettres, les
L’ASlJi ORIENTALE ET SE l 'TENTE ION A LH MO*
sciences et les arts industriels, à un degré qui lui a permis d’entrer en communication facile avec la civilisation de l'Europe. Aujourd'hui des relations régulières sont établies par paquebots : des comptoirs européens sont fondés, et expédient en Occident des marchandises variées, et au premier rang les graines de vers à soie, destinées à remplacer celles que la maladie atteint dans les autres pays séricicoles. Diverses ambassades sont venues, dans les dernières années, en France et en Angleterre ; et l’on a vu leurs envoyés, cédant à un désir spontané d'assimilation qui ne s'est encore rencontré nulle autre part en Orient, revêtir le costume européen. Un commerce .avec l’Europe, qui dépasse 70 millions de francs, ne peut qu’encourager cette transformation.
Une population aussi dense a dû fonder de nombreuses villes, dont l’architecture est malheureusement contrariée par de fréquents tremblements de terre, qui sont liés à des éruptions non moins fréquentes de volcans. Les plus importantes sont :
Dans l’île principale, Niphon ; Kioto, appelée aussi Myako, la capitale intérieure du Japon, ville peuplée d'un million d’habitants, résidence de l'empereur, le mikado ; Yédo, la capitale politique, résidencedutaïkounavantsa dépossession, à laquelleon attribue ! ,8ü0. 000 âmes ; à peu de distance, dans le golfe deYédo, se trouve la petite ville de Yokohama, résidence des représentants des puissances* étrangères; Osaka (370,000), aux bords de la mer intérieure qui sépare Niphon de Yéso avec un port à Iliogo, principale ville de commerce, un autre à Kobè. Les villes d’Yeddo, Yokohama, Osaka, Hiogo, Nangasaki, Hakodadé, Négata, sont ouvertes, au commerce étranger.
Dans l’île de Kiousiou se trouvent Kagosima, grande villecommerçante au sud de l’île ; Nagasaki (75,000), port de mer qu’un étroit canal sépare de Décima, le seul point que les Japonais eussent ouvert aux Hollandais, alors que ceux-ci étaient les seuls étrangers admis à commercer avec eux.
Dans l’île d’Yéso, la plus septentrionale, sont les villes maritimes de Mastmayé (20,000), capitale de l’île, et Hakadodé-
(30,000), dotée d’un bon port ouvert aux étrangers. Dans cette île survivent les Aïnos, peuplades sauvages, soumises aux Japonais, restes des populations primitives, refoulées par les Mongols venus du continent : dis sont remarquables par le poil serré et long qui couvre leur tête, leur menton, presque tout leur corps : aussi les appele-t-on les Velus.
De l’archipel japonais dépendent : au nord, les plus méridionales des îles Kouriles et au sud les îles Lieou-Kieou, dont la souveraineté est revendiquée pas un seigneur japonais : la ville de Nafa (-20,000), maritime et commerçante, y est ouverte aux étrangers.
L’ouverture récente d’une ligne de paquebots entre le Japon et la Californie ne peut manquer de développer la prospérité de ce pays, admirablement préparé à de brillantes destinées par ses ressources intérieures et par les découpures de sou littoral, qui rappelle celui des Iles-Britanniques, et ce n’est pas la seule Analogie.
Dans son ensemble, la population de l’Asie s’élève à
714 millions d’habitants, savoir : »
Asie occidentale et méridionale ‘240 millions.
Asie orientale et septentrionale 504 —
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