‹ Notre planèteChapitre 44 sur 73 · L’OCÉAN I E · texte numérisé non relu

L’OCÉAN I E

L'Océanie, que l’on appelle avec exactitude la cinquième partie de Notre Planète, nage au sein du grand océan Pacifique : composée d’une très-grande île ou petit continent, qui est l’Australie, et d’une multitude presque innombrable d’archipels, de groupes d’atolls, d’iles etd’îlots, elle est des tinée à relier, par ses escales, l’Asie et l’Amérique, quand les services de paquebots auront pris possession de ce monde maritime, ce qui commence déjà. Elle se prépare à ce rôle par l’élaboration, active sur certains points, lente sur d'autres, mais réelle presque partout, des éléments de prospérité dont la nature l’a dotée. A ses races indigènes inférieures ou arriérées, les missionnaires catholiques et protestants distribuent leurs enseignements, et la civilisation montre ses industries, les attirant quand elle peut, les refoulant sans pitié là où elles sont rebelles et réfractaires. A travers ces luttes, trop souvent iniques et ensanglantées, l’occupation du globe par l’humanité intelligente et laborieuse accomplit d'incessants progrès.

La superficie de toutes les terres océaniennes est évaluée approximativement à 10 millions de kilomètres carrés, l’équivalent de l’Europe, et sa population, à 35 millions d’habitants au plus, la neuvième partie seulement de la population européenne, ce qui laisse une vaste marge au peuplement. Elle se répartit à peu près ainsi qu’il suit :

Malaisie . . . . 31,700,000 habitants.

Mélanésie 2, MO, 000 —

Polynésie 550,000 —

Cette population de 35 millions d’àmes se compose d’éléments les plus variés, entremêlés et superposés. La couche la plus basse est formée par deux variétés de la race noire, dont l’une habite l’Australie, quelques montagnes de la Malaisie et des Philippines; dont l’autre (les Papous) habite la Nouvelle Guinée et toute la région avoisinante : de ce caractère ethnographique, les géographes ont appelé Mélanésie la division centre et sud-occidentale de l’Océanie. De tous les indigènes australiens, les noirs sont les plus sauvages et les plus abrutis.

Autour d’eux vivent deux autres variétés, d’un type physique et moral bien supérieur et d’une provenance encore mal éclaircie, où l’on reconnaît cependant le sang de la race jaune, anobli peut-être çà et là par quelque infiltration de race blanche : ce sont les Malais à l’ouest, les Kanaks à l'est. Le premier type a donné son nom à la région maritime qu’il habite, la Malaisie ou l’archipel malais; l’autre a souvent reçu, à titre de synonyme, le surnom de Polynésien, parce qu’il se trouve dans celte division de l’Océanie qui est parsemée d’une multitude d’iles. L’un et l’autre élément se subdivisent en une multitude de variétés, dues à l’influence du milieu ambiant et à celle des croisements. En se croisant entre eux, le type malais et le type papou ont donné naissance aux Alfourous, race mélisse qui habite quelques parties de Bornéo, de Célèbes, des Moluques et de Mindanao.

A ces races, tellement anciennes, que l’on a droit de les qualifier d’autochthones, la navigation, l’émigration et la colonisation sont venues ajouter des races asiatiques et européennes De l'Asie sont venus des Chinois, introduits en grand nombre, pour le travail ou le commerce, dans les îles de la Sonde et aux îles Philippines, et qui se sont, de nos jours, avancés vers l’est jusqu’en Australie et à Tahiti. De

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