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LA MALAISIE

La Malaisie estlarégion occidentale de l'Océanie, et laplus voisine de l’Asie; par ses analogies elle semble en être un appendice, dont on suit les assises à l’aide de la soude qui reconnaît sous les terres un vaste plateau sous-marin, couvert de 50 brasses d’eau à peine. Une profonde coupure formant une vallée sous-marine sans fond, et qui se prolonge du sudouest au nord-est, inarqje une autre formation naturelle toute différente : celle-ci commence à l’île Bali, qu’elle sépare de la région asiatique, ainsi que Célèbes et les Moluques. Là commence le monde véritablement océanien, que caractérisent la flore et la faune toutes différentes de l’Australie. Connue aussi sous le nom d’archipel des Grandes- Indes, ou d’Asie, la Malaisie comprend quatre principaux groupes et 31,700,000 habitants :

L’archipel de la Sonde . . 20,000,000 habitants.

Bornéo et les lies Soulou . -. . . . . 4,200,000 —

Célèbes et les Moluques ... . . . 2, 500,000 —

Les îles Philippines ........ 5,000,000 —

Bien que diverses de forme et d étendue, toutes ces îles ont beaucoup de traits communs : un climat torride ; un sol fertile; des côtes généralement basses, marécageuses et malsaines; un littoral très-découpé, un relief montagneux, un manteau de forêts et de pâturages. Enfin elles sont toutes de formation volcanique et exposées à de fréquentes éruptions. Elles décrivent une longue chaîne, qui commence à Sumatra, séparée de Java par le dangereux détroit de la Sonde, et se prolongent vers l’orient, suivant une courbe du nord-ouest au sud-est. Sumatra, la plus grande des îles de la Sonde, avec Padang pour capitale, n’a pas moins de

L’üCÉAMK

140,000 kilomètres carrés, et seulement 4 millions d’habitants, en majorité malais, principalement dans les villes et sur les côtes.

Moins étendu (1 18,000 kil. carrés), Java est plus peuplé; on évalue à 14 millions le nombre de ses habitants, indigènes en majorité, les autres Chinois, Arabes, Européens et métis : au-dessus des plaines et des plateaux, des vallées et des monts qui accidentent le sol, se dresse à une hauteur de 3,700 mètres le volcan du Gounong Semerœ , le plus élevé des 45 que l’on compte dans l’ile. Java est le centre de la puissance hollandaise dans l’archipel des Grandes-Indes; et le siège du gouvernement est à Batavia, ville maritime i de 275,000 âmes. On y remarque encore Sourakarla, ville de 100,000 habitants sur le haut Solo, la plus grande rivière de Java; Sourabaya (5u,000), centre de la puissance militaire des Hollandais. L'autorité suprême est confiée à un gouverneur général assisté d’un conseil de cinq membres. Le budget des recettes, en ajoutant aux impôts les produits de la vente des articles coloniaux, roule autour de 235 millions de (rancs; celui des dépenses de 224 millions de francs, ce qui laisse un boni d’une dizaine de millions, versé au trésor de la métropole. Le système économique colonial de la Hollande consiste dans le monopole attribué à l’Etat delà propriété d’une grande partie des terres et du commerce des produits; il a été l’objet de sévères critiques, qui ont fléchi jusqu’à ces derniers temps devant le tableau d’une prospérité croissante en population et en richesse : cependant, les abus et les dommages se multipliant, l’esprit de liberté regagne du crédit auprès de la nation et même du gouvernement qui a présenté un premier programme de réformes. Les produits agricoles sont ceux des contrées les * plus chaudes de la terre, les épices particulièrement, telles que poivre, cannelle, girolle, muscade, gingembre, et les denrées coloniales (riz, sucre, café, colon, thé, indigo, tabac, arack, etc.). Avec l’étain de Banca, qui forme l’un des principaux produits, et quelques autres articles secondaires, l’exportation de Java approche de 300 millions de francs, et l’importation y ajoute environ 150 millions. Et l’ensen'-

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ble du mouvement maritime emploie G à 7,000 navires jaugeant 1 million de tonneaux.

La grande ile de Célèbes, l’ile Gilolo, et le double archipel des grandes et petites îles Moluques comptent aussi parmi les possessions hollandaises, quoique plusieurs de leurs princes soient plutôt vassaux et tributaires que sujets. A Célèbes se trouve la ville maritime de Macassar (17,000 hab.), port franc ; à Amboine, l’une des Moluques, la ville de ce nom (8,000 habitants), résidence du gouverneur des Moluques. Ces archipels sont la vraie patrie des épices; c est de là que le Français Poivre réussit, au péril de sa vie, à en dérober quelques pieds à la surveillance jalouse des Hollandais, pour les répandre à l'ile de France et à Bourbon, d’où elles ont été transportées à la Guyane, aux Antilles, à Zanzibar, et autres contrées tropicales.

La souveraineté de Bornéo est partagée entre les Hollandais et divers chefs indigènes. Un Anglais, sir James Brooke, y avait fondé la principauté temporaire de Sarawak. C’est une île grande comme un royaume (680,000 kil. carrés), peuplée de 3 à 4 millions d’habitants; un pays à l’exubérante végétation, aux riches mines, aux redoutables tribus. La principale ville, Bruni, est peuplée de 25,000 habitants Au voisinage de Bornéo se trouvent l’Ile Labuan, aux Anglais, utile relâche pour les voyages entre Singapore et la Chine; et l’archipel des îles Soulou, l’un des tliéàtres de la piraterie que favorisent, dans l’archipel malais, d’innombrables îles, séparées par des détroits et des passes difficiles, bordées de golfes et de baies, où se réfugient les forbans poursuivis par la marine anglaise, hollandaise et espagnole.

L’archipel des Philippines, qui appartient à l’Espagne presque en totalité, couvre une superficie d’environ 350,000 kilomètres carrés, peuplée d’à peu près 5 millions d’habitants, de toutes les races de la Malaisie. — Dans la plus grande des îles, Luçon, se trouve Manille, ville maritime de 200,000 habitants, célèbre au loin par ses fabriques de cigares, et non moins estimable pour d’autres produits plus utiles : les sucres, les cordages, l’indigo, le riz, l’é-

L’OCEANIE

caille, etc. Ges marchandises et beaucoup d’autres lui arrivent des campagnes de l’ile, généralement très-fertiles et assez bien cultivées. Des forêts y ajoutent de précieux bois de construction, de teinture et d’ébénisteric. Le mouvement commercial roule sur une centaine de millions de francs, dont moitié pour l’exportation, et est opéré par 500 navires environ jaugeant 2 à 300,000 tonnes.

Au sud-ouest de Mindanao, l’une des Philippines, en partie indépendante de l’Espagne, se trouve l’ile de Basilan, sur laquelle le gouvernement de Louis-Philippe jeta un jour les yeux pour y fonder un établissement, sans donner suite à ses projets.

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