‹ Notre planèteChapitre 49 sur 73 · LA POLYNÉSIE · texte numérisé non relu

LA POLYNÉSIE

La Polynésie manque de cette apparence d’unité que le voisinage des groupes insulaires a permis de donner à la Malaisie et à la Mélanésie; elle comprend une multitude d’îles et d’archipels, dispersés dans tout l’océan Pacifique, en dehors du cadre attribué à ces deux grandes divisions de l’Océanie : Dumont d’Urville, l’un des plus célèbres explorateurs de l’Océanie, y a introduit sous le nom de Micronésie (les petites lies) une subdivision qui s’applique à la région du nord-ouest, laquelle manque en effet de toute lie d’une grande étendue. On y établit les groupes suivants :

L’archipel de Magellan (Uonin-Sima) au Japon. . . s « Les îles Marianne». . ....... 4 . . 10,000

Les îles Carolines 20, 000

Les îles Marshall ' . 10, 000

Les îles Gilbert et Ellice 50,000

Les îles Sandwich (Hawaii). 70,000

Les îles Samoa (Navigateurs) 40,000

Les îles Wallis et Foutouna «

Les îles Tonga (Amis) 50,000

Les îles Cook (Hervey), Touhouaï 15,000

Les îles de la Société (Tahiti) 22,000

Les îles Tuamotou (Pomotou) et Gambier 8,000

Les îles Marquises ou Nouka-Hiva 25,000

La Nouvelle-Zélande et Chatam. . . 200,000

Iles diverses (Auckland, Campbell, Pâques, Pitcairn . 25,000

De la physionomie de ces contrées si diverses, nous ne relèverons que les traits afférents à la politique ou à l’économie politique.

Les Mariàxnes sont considérées par les Espagnols comme une dépendance des îles Philippines, et à ce titre ils étendent sur elles une domination plus nominale qu’effective, et sans importance d’ailleurs, car cet archipel est

presque désert. — Au nom du même principe, mais avec moins de réalité encore, on attribue à l’Espagne la souveraineté de l’archipel des Caiiolixes, composé de plus de ,-,00 îles, peuplées par une race belle et forte, et qui a un commencement d’industrie; mais le vrai maître parait être un chef indigène ({ni réside à Lamourrek, et dont relèvent les autres chefs. — Dans l’archipel des îles Gilbert, les Américains ont pris possession des des Makin et Maraki, comme de quelques autres au sud de l’équateur, pour en exploiter le guano.

Isolées dans le nord, sous le tropique du Cancer, les îles Sandwich, au nombre de sept, célèbres par le meurtre de Cook, qui les découvrit en 1778, présentent le phénomène, unique dans ces parages, — et même un peu singulier, si l’on remarque qu’il s’agit d’une population de 60 à 70,000 individus, — d’un gouvernement constitutionnel. Elles forment le royaume hawaïen, régi par un souverain, assisté de deux chambres et de quatre ministres, et ayant des représentants auprès des puissances étrangères. Les Kanaks, convertis au christianisme et civilisés, travaillent, sont propriétaires, connaissent l’ordre moral et politique. La langue anglaise y est usuelle; elle est employée pour les journaux et les livres. La ville capitale, Honolulu (10,000 habitants), située au nœud des routes de San-Francisco à la Chine et à Sydney, est un port de relâche très-fréquenté par les navires marchands et par les baleiniers du grand Océan , dont le nombre cependant décroit, comme leur périlleuse et pénible industrie. Le pays , livré à une culture sérieuse , fournit des vivres aux équipages : il jouirait d’un bonheur sans trouble, si les volcans ne le menaçaient toujours du sort d’Ilerculanum et de Porapéi; il en est dont les cratères ont 700 mètres de profondeur et 10 à 15 lieues de circonférence. Le sommet du mont Maoua-Loua culmine à •i,838 mètres. — Le mouvement commercial représente une valeur de 20 millions environ.

Parmi les îles de la Société, les unes sont indépendantes :

L’OCEANIE

c’est le groupe de l’ouest; d’autres sont placées sous le pro- ' (ectorat de la France; c’est Tahiti, la plus grande de l archipel, et Mouréa. Le chef-lieu de Tahiti est Papéiti, résidence de la reine Poinaré et du commandant français , commissaire impérial, port de relâche et de commerce, peuplé de 3,000 habitants européens et indigènes.

Les îles Tuamotou (autrefois Pomotou), îles Basses, sont aussi placées sous le protectorat de la France, ainsi que les îles Gambier, qui forment un groupe particulier de cinq îles. — Les Marquises, dont la principale, Nouka- Hiva, fut inscrite en 1851 dans nos lois pénales comme lieu •de déportation, sont placées sous la souveraineté directe de la France.

La Nouvelle-Zélande, à 1,000 kilomètres au sud-est de l’Australie, est une importante colonie anglaise, composée de deux îles séparées par le détroit de Cook, du nom du plus illustre navigateur anglais qui ait exploré le grand Océan. Le même nom a été donné au plus haut sommet de Pile qui se dresse à -4,000 mètres de hauteur. Située aux antipodes de l’Europe, la Nouvelle-Zélande en reproduit les caractères, ce qui offre aux émigrants de précieuses facilités d’acclimatation et d’initiation aux cultures locales. L’or, qui s’y récolte, a été un puissant aimant pour les émigrants, qui ont d’ailleurs trouvé dans la houille, le fer, les forêts, dans le sol fertile , dans les pâturages , dans de nombreuses chutes d’eau, enfin dans un climat des plus tempérés, tous les éléments de la prospérité matérielle. Le gouvernement représentatif y est établi sur le même pied qu’en Australie.

Il a son siège à Auckland, capitale de la colonie, ville de 15 à 20,000 âmes; etl’une de ses principales affaires, c’est l’accord avec les Maoris, indigènes fiers et intelligents au nombre de 50,000, qui résistent bravement à l’invasion anglaise. Le commerce général de la colonie flotte entre 250 et 300 millions de francs.

Au sud de la Nouvelle-Zélande se trouve le petit groupe

• des îles Auckland, bien connu en France par le récit d’uu Français, M. Raynal, qui a été jeté sur ses rochers par une tempête, et y a séjourné pendant dix-neuf mois, avec quatre compagnons de naufrage : tous ont été heureusement délivrés. L’Angleterre s’attribue, sans conteste, la souveraineté des îles Auckland et la met en location.

Page 1