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kilomètres carrés de surface, et contient environ

1.500.000 blancs, nègres mulâtres, nègres de traite, avec quelques milliers de Chinois émigrants. Sa capitale, la Havane, peuplée de 150,000 âmes, dotée d’un port vaste et

excellent, estlaprincipale ville commerçante des Antilles: on sait la renommée de ses manufactures de tabac; le sucre, le café y sont également la source de revenus considérables. Une partie notable de sa population est en ce moment engagée dans une guerre d’indépendance contre sa métropole, qui l’a jusqu’à présent trop exploitée à son profit particulier, car elle en retire un tribut annuel de 125 millions. — Porto-Rico, moins étendu, moins peuplé, moins privilégié pourlesol et les eaux, n’en est pas moins une colonie précieuse par ses cultures et son commerce, et supérieure à la plupart des autres par la salubrité du climat qui permet aux blancs le travail agricole. Sa capitale, Porto-Rico, compte 30,000 âmes.

La Jamaïque, renommée pour son rhum, appartient aux Anglais. C’est une île de 11,000 kilomètres carrés de superficie, peuplée de 400,000 habitants, noirs en majorité. Son port principal, Kingston, ville de 35,000 âmes, est le principal entrepôt du commerce de l’Angleterre avec l’Amérique équinoxiale.

L’îîe qui fut longtemps connue sous le nom de Saint-Domingue, se divise en deux républiques distinctes et indépendantes : Haïti dansTouest. la République dominicaine dans l’est ; l’une et l’autre sujettes à d’incessantes révolutions, depuis qu’elles se sont proclamées indépendantes. La superficie de Haïti est de 76,000 kilomètres carrés, sa population de 7 à 800,000 habitants. Sa capitale, Port-au- Prince, a 25 à 30,000 habitants et est le centre du commerce haïtien. Avant le bouleversement qui a suivi la chute du président Geffrard, on évaluait le revenu public à 13 millions de francs; le commerce à 100 millions de francs; la navigation à 1,300 navires jaugeant 200,000 tonneaux; mais, depuis l’anarchie qui agite le pays, toute évaluation, même approximative, devient téméraire.

La République dominicaine ne compte qu’environ

120.000 habitants, parmi lesquels l’élément nègre domine moins que dans Haïti. Sa capitale, San-Domingo , a

10.000 habitants. Sur le littoral dominicain se trouve la baie de Samana, l’une des plus importantes positions mari-

limes du globe, objet des visées el des négociations de la Confédération américaine.

Les Petites Antilles sont distribuées en arc de cercle, depuis les îles Vierges au nord jusqu’à Tabago au sud, sur 10 degrés de latitude. Le drapeau anglais flotte sur une quinzaine, parmi lesquelles Antigoa et la Barbade sont les sièges des deux gouvernements : l’un au nord, pour les Leeward Islands (îles sous le Vent), l’autre au sud, pour les Windwards Islands (îles du Vent). Le drapeau français flotte sur la Guadeloupe et ses dépendances (Marie- Galante, les Saintes, laDésirade), et sur la Martinique. Basse- Terre et la Pointe-à-Pilre sont les principales villes de la première; Fort-de-France et Saint-Pierre, de la seconde. — Le drapeau danois flotte encore sur Saint- Jean, Saint- Thomas et Santa-Cruz, trois des îles Vierges, la vente aux Etats-Unis, conclue en principe, n’ayaut pas été ratifiée par le sénat américain. — Le drapeau suédois flotte sur l’île Saint-Barthélemy. — Le drapeau hollaudais sur Saba et Saint-Eustache. — Les drapeaux français et hollandais se partagent l’île Saint-Martin.

Les Antilles sous le Vent, qui forment une chaîne rapprochée du littoral, se partagent entre les Anglais (pour la Trinidad), les Hollandais et la république de Vénézuéla. Curaçao seul, aux Hollandais, a quelque notoriété, grâce à la liqueur qui porte son nom. Les gousses tinctoriales, dites dividivi, les bois de teinture, les sels, l’aloès, la cochenille, du bétail, sont les articles d’exportation.

Considéré dans son ensemble, l’archipel des Antilles s’étend sur 248,000 kilomètres carrés, et contient une population de près de i millions d’habitants, appartenant à cinq races différentes. Les blancs, nés en Europe, et les créoles, nés aux Antilles, quoique les moins nombreux, dominent par l’intelligence et la fortune, comme fait partout la race aryane. — Les noirs, introduits par la traite, maintenus en esclavage pendant trois siècles, sont partout affranchis, excepté à Cuba et à Porto-Rico. — De l’union

irrégulière des blancs et des négresses sont issus les mulâtres nu hommes de couleur, élément très-important de la population, parce qu’en lui se fondent les qualités des deux familles originaires: l’intelligence et la vigueur de l’une, l’esprit d’entreprise et l’acclimatation de l’autre. — Pour remplacer les noirs dans les plantations dont ils se sont éloignés après l’affranchissement, les colons, à qui le recrutement en Afrique a été interdit par les gouvernements français et anglais, ont recouru à l’Inde et à la Chine, qui leur ont fourni quelques milliers de coolies, engagés pour plusieurs années. — Enfin la race caraïbe, qui peuplait le pays avant l’arrivée des Européens, n’a pas disparu sans laisser d’assez nombreuses traces de son sang dans la population blanche et conquérante.

Situées sous les tropiques, et se rapprochant de l’équateur, les Antilles produisent les denrées de la zone torride : sucre, café, cacao, rocou, girofle, vanille, indigo, tabac, les bois de teinture et d’ébénisterie, etc., mais c’est le sucre qui est le fonds de la production, et à l’abondance ' de sa récolte, au cours élevé de ses prix se mesure la richesse publique et privée.

L’abolition de l’esclavage accompli dans toutes les colonies, sauf à Cuba et Porlo-Rico, où elle ne peut se faire beaucoup attendre l , a jeté une perturbation profonde dans la situation économique des Antilles. Après de dures épreuves, courageusement soutenues, elles se relèvent toutes l’une après l’autre jusqu’au niveau antérieur de production et de prospérité, le dépassent même en beaucoup d’îles. La Jamaïque seule fait exception à cette loi de renaissance, probablement parce que l’élément blanc y est en trop faible minorité, pour diriger avec l’autorité morale qui est nécessaire, l’éducation politique et industrielle des noirs affranchis. Il est difficile en effet de méconnaître que, sans une sollicitude puissante et influente de la race blanche sur la race noire, celle ci tombe vite, — du moins dans les pays

1 Au moment où nous mettons sous presse, une loi d’affranchissement progressif et partiel est présenté aux Cortès espagnoles.

d’Amérique, où elle a été transplantée, — dans l’indolence et la fainéantise, qui dégénère. bientôt en vagabondage, et entraîne une rapide mortalité. Cojnbien Haïti , livré à lui-même, est loin de l’antique prospérité de Saint-Domingue !

Par sa forme triangulaire, par son orientation du nord au sud, par son littoral plutôt sinueux ou rectiligne qu’échancré et dentelé, enfin par le petit nombre de ses îles, l’Amérique méridionale présente une singulière analogie avec l’Afrique, située en partie sous les mêmes latitudes. Mais elle en diffère par le système des montagnes et des fleuves, qui la rend bien plus facilement accessible à la colonisation; et pour le climat il y a cette différence, que les températures modérées sont dans la région septentrionale de l’Afrique, tandis qu’elles se trouvent dans la région méridionale de l’Amérique.

Les sociétés politiques qui s’y sont établies, depuis la fin du xv e siècle, se classent enrépubliques, empire, colonies européennes. Une seule contrée est restée libre aux mains des indigènes, à peu près dans l’état primitif : c’est la Patagonie.

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