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LES RÉPUBLIQUES DU SUD-AMÉRIQUE

Les républiques sont les suivantes :

Etats-Unis de la Colombie (ou Nouv. -Grenade.) 2,850.000 hab.

Equateur 1,110,000

Vénézuela 1,565,000

Pérou - 2,865,000

Bolivie 1,987.000

Chili 2,000,000

République Argentine 1,196, (XX)

Uruguay 346, 000

Paraguay 1,300,000

Total à reporter. . . .

Report 15,519,000

Le seul empire est le Brésil, avec une population de 11,730,000

Les colonies européennes 233.000

La Patagonie ....-, 120,000

Total général . . 27,(552,000

Vingt-sept millions d’hommes, disséminés sur une surface de 18 millions de kilomètres carrés, à peine un habitant et demi par kilomètre carré : quel ample champ ouvert à la population et à la colonisation !

La république des États-Ums de Colombie, plus connue sous le nom qu’elle a longtemps porté de Nouvelle-Grenade, s’avance sur l’isthme central, vers le nord, comme le Mexique vers le sud. C’est à elle qu’appartient le territoire de l’isthme de Panama, que sillonne un chemin de fer, dont les deux termes sont Colon ou Aspinwall sur l’Atlantique, Panama sur le Pacifique, seul moyen de communication qui existait entre les deux mers, avant l’ouverture de la grande voie ferrée des États-Unis. La Nouvelle-Grenade est le seul des États du Sud- Amérique qui soit situé à la fois sur les deux océans : il en résulte une amorce pour le développement de la navigation, qui est accrue par les golfes et les baies qui découpent son littoral (Darien, Carthagène, Sainte-Marthe), par le large et profond fleuve de la Magdalena, qui verse dans la mer des Antilles les eaux que lui ont apportées les hautes cimes des Andes. Des services de paquebots à vapeur relient Aspinwall avec les États-Unis, l’Angleterre et la France; et Panama avec le littoral nord et sud de toute l’Amérique occidentale.

L’esprit de morcellement qui anime les anciennes colonies espagnoles, devenues indépendantes, a porté l’État de la Nouvelle-Grenade à se diviser en 9 États, calqués sur les États-Unis du nord, dont chacun a son autonomie, réunis en république fédérale. Leur capitale est Santa-Fé-de-Bogota, chef-lieu du district fédéral, ville de 40,000 âmes, située sur un plateau de l’intérieur à 2,700 mètres d’altitude. Après elle, on doit citer Panama, qui compte 25,000 âmes que l’insalubrité du pays renouvelle fréquemment ; Saintc-

Marthe, Savanilla, Rio-Hacha. La confédération, qui s’étend sur un million 300,000 kilomètres carrés, comprend

2.850.000 habitants , parmi lesquels dominent les cholos, métis issus du mélange des Espagnols et des Muyscas, indigènes primitifs. Le revenu de la république roule sur 10 à 11 millions de francs. Le sol partout fertile, et présentant tous les climats, dans la série de ses altitudes, se prête ■aux cultures les plus variées; c’est sur les Andes, entre

1.000 et 4,000 mètres d’élévation, que se sont établies les populations et les fermes, au-dessus de la zone chaude, trop malsaine et exubérante de vigueur ; au-dessous de la zone froide, trop peu fertile. Le commerce est évalué à 100 millions de francs. Les principaux articles d’exportation sont ; le tabac, l’or des mines d’Antioquia, le coton, le quinquina, le café, le cacao, le caoutchouc, les bois de teinture, et les chapeaux dits panamas.

La république de I’Équateur, ainsi nommée parce que le cercle équatorial passe, à 14 minutes près, par sa capitale Quito, comprend un territoire de 644,000 kilomètres carrés, peuplé de 1,100,000 habitants, en majorité indiens à demi civilisés et chrétiens. Les blancs et les cholos dépassent 400,000. La capitale est Quito, ancienne résidence des Incas, grande ville de 75,000 âmes, à2, 900 mètres d’altitude, dans une position que dominent quelques-uns des volcans les plus redoutables et des plus hauts sommets des Andes : le Ghimborazo (6,530 mètres,) le Gotopaxi (5,753), le Pichincha (4,872), i’Antisana (5,833), le Cayembe (5,983), immenses cônes de trachyte. De leurs flancs coulent de nombreuses rivières, qui versent leurs eaux dans l’Amazone, dont le cours supérieur, sous le nom de Maragnon, sépare l’Équateur du Pérou. — Le revenu de la république est de 7 à 8 millions de francs. Parmi les principaux articles d’exportation figurent le quinquina, le caoutchouc blanc, le cacao, le tabac. Le commerce se fait par les ports de Guyaquil.

A la république de l’Équateur appartiennent les îles de Galapagos, au nombre de 13, situées à 700 kilomètres à

l’ouest, dans le grand Océan; incultes et inhabitées, mais servant de lieux de relâche aux baleiniers ; sur l’une d’elles l’ile Charles, on déporte des condamnés.

La république de Vénézuéla comprend le bassin moyen et inférieur de l’Orénoque, un des trois grands fleuves de l’Amérique méridionale, qui descend de la haute terre de la Parime, et reçoit les affluents du versant oriental des Andes de cette région : il débouche dans l’Atlantique, par un grand delta, après 2,000 kilomètres de course. Vers la frontière nord-ouest se trouve le lac de Maracaybo, que les Espagnols nommèrent Petite-Venise (d’où Vénézuéla), parce qu’ils virent sur le rivage plusieurs villages indiens bâtis sur pilotis, au milieu des eaux, à l’instar de Venise. Le territoire de la république, d’une étendue de 1 ,100,000 kilomètres carrés, est peuplé d’environ 1,500,000 habitants, parmi lesquels les créoles ou descendants d’Espagnols forment le quart de la population. La capitale de la république est Caracas, ville de 50,000 âmes. Maracaybo, Cumana, chefs-lieux des provinces de même nom, ont 20,000 habitants. — La ville de Ciudad-Bolivar (Jadis Angoslura) rappelle le célèbre libérateur. Le revenu de l’Etat est évalué à 20 millions de francs; le commerce à 61 millions de francs; la navigation enregistre 11 à 1200 bâtiments, jaugeant 200,000 tonneaux. Le commerce se fait par les ports et villes maritimes de Maracaybo, Coro, Puerto-Cabello, là Guayra, Barçelone, Cumana. Les principaux articles d’exportation sont : le cacao, le caoutchouc, la vanille, la fève tonka, l’ébène, les bois de construction, le cuivre, l’or, le sel, etc.

La république actuelle du Pérou n’est qu’une fraction de l’ancien et célèbre empire des Incas, qui comprenait en outre les territoires de l’Équateur, de la Bolivie et du Chili. D’une superficie de 1,314,000 kilomètres carrés, il est peuplé de 2,865,000 habitants, dont 1,700,000 sont Indiens d’origine, le reste blancs, noirs, mulâtres. Les Indiens se divisent* en deux principales nations : les Quichuas au

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nord, les Aymaras au sud ; les uns et les autres travailleurs et chrétiens La capitale de la république est Lima, ville de 100,000 habitants, reliée par un chemin de fer au Callao, qui lui sert de port; cette ville est en même temps la principale place de commerce du Pérou. Cuzco, ville de 50,000 âmes, était l’ancienne capitale des Incas : on y retrouve encore les ruines du temple du Soleil, du monastère des vierges... Le revenu public est d’environ 410 millions de francs, dont les deux tiers proviennent du guano des îles Chinchas, qui doivent leur abondance et leur qualité à l’absence des pluies dans la région où elles se trouvent. Le guano entre pour 80 millions dans une exportation de 200 millions; l’importation étant égale, le commerce total atteint 400 millions. Après le guano, les principaux articles d’exportation sont : les laines de moutons et d’alpagas, qui paissent librement sur les llanos des hautes Andes, le quinquina, les chapeaux dits de Panama, le tabac, le caoutchouc, et en fait de matières minérales : l’argent et le mercure, le salpêtre et le borate de chaux. Le commerce se fait par les ports et places maritimes de Payta, Truxillo, Aréquipa et Islay, Arica, Iquique. Ces villes ou bourgades ont été à peu près toutes bouleversées et détruites par le tremblement de terre qui, au mois d’août 1808, a violemment soulevé tout le littoral péruvien, et a renversé à l’intérieur plusieurs villes.

La Bolivie forme à l’intérieur un vaste État de 1,318,000 kilomètres carrés, peuplé de .2 millions d’habitants seulement , parmi lesquels les Indiens comptent pour 900,000. Mal délimitée , cette république ne communique avec le grand Océan que par la plage déserte d’ Atacama, dépourvue de tout port, la petite place maritime de Cobija ne pouvant communiquer que très-difficilement avec l’intérieur du pays : aussi le commerce est-il obligé de recourir au port d’ Arica, qui appartient au Pérou. Du côté de l’Atlantique, la Bolivie peut l’atteindre, par les rivières affluentes, la Madeira et l’Amazone, au nord-est, le Rio-Verméjo et la Plata, au sudest; mais la distance est énorme. Cet état occupe les plus

hauts plateaux des Andes , à 4 et 5,000 mètres d’élévation, dominés par les plus hauts sommets de la chaîne, le pic de Sahama (6,810 mètres), et ce)uideParinacota(6,715mètres); là se trouvent la célèbre montagne métallifère, le Potosi (4,068 mètres), et le lac fermé Titicaca (3,911 mètres), magnitiqr.es pays de forêts et de pâturages , où paissent le mouton, le lama et l’alpaga. La capitale de la république porte les noms multiples de la Plata , Chuquisaca , Charcas ou Sucre (ce dernier en l’honneur du général Sucre , qui mit fin , en 1824, à la domination des Espagnols dans l’Amérique méridionale) elle a 25,000 habitants. D’autres sont plus considérables : Cochabamba (ou Oropesa) a 40,000 âmes, la Paz, 70,000. Le revenu de l’Etat est évalué à 12 millions de francs, le commerce à 30 millions de francs. Les principaux articles d’exportation sont le quinquina, le maté, l’argent, le cuivre, les laines.

Le Chili se développe , sur une étroite et longue lisière du grand Océan , au revers et au pied de la cordilière des Andes méridionales. Son étendue est de 298,000 kilomètres carrés, sa population de 2 millions d’habitants : l’élément blanc, pur ou croisé, a pris le dessus, même pour le nombre , sur l’élément indien, qui ne compte plus que le cinquième de la population. De toutes les républiques américaines de l’ancienne couronne d’Espagne , c’est celle où les institutions publiques sont le mieux assises, où les révolutions et les guerres sont le plus rares, où l’instruction populaire, l’industrie etles travaux publicsont reçule plus de développement. La capitale est Santiago, ville de 100,000 habitants, située dans l’intérieur. Un chemin de fer la réunit àValparaiso (Vallée du Paradis), grande cité du littoral, peuplée de 50,000 âmes, relâche ordinaire des bâtiments qui parcourent le grand Océan , entrepôt du commerce avec l’Europe : on peut citer encore la Conception (ou laMocha), ville de 20^000 âmes. Le revenu de l’Etat s’élève de 55 à 60 millions de francs; le commerce monte à 280 millions de francs, et met en mouvement près de 7,000 navires jaugeant 3 millions et demi de tonneaux. Les principaux articles

d’exportation sont : les métaux (cuivre, argent, or) , les blés (en grains et en farines), les laines, les cuirs. L’exportation se fait par les ports et places maritimesde Valparaiso, la Caldera, Coquimbo, La Conception, etc., dont plusieurs ont souffert du même tremblement de terre qui a eu son centre de soulèvement au Pérou.

Au Chili appartiennent quelques îles : l’archipel de Chiloé, dont les jambons et les ponchos (manteaux de laine) sont renommés; et à 600 kilomètres à l’ouest, en plein Océan, les îles Juan-Fernandez , à peine habitées quoique fertiles, mais fréquentées par les baleiniers. — La république s’attribue en outre la souveraineté sur le territoire de l’Àraucanie, quoiqu’il soit au pouvoir des indigènes, montagnards sauvages et belliqueux , jaloux de leur indépendance. Elle prétend aussi à la possession du détroit de Magellan, où elle a installé le village de Punta-Arenas pour faire acte d’occupation , et même à la domination de la Patagonie, que revendique de son côté la république Argentine.

Les trois républiques suivantes, qui appartiennent au versant oriental des Andes et au bassin de la Plata , formaient l’ancienne vice-royauté de Buenos-Aires : comme les autres colonies espagnoles, elles ont conquis leur indépendance.

Sur le versant oriental des Andes , formant un long et large plan incliné vers l’Atlantique, est établie la République ARGENTINE, OU PrOVINCES-ÜNIES DU RiO-DE-LA-PlATA, souvent aussi nommée Confédération argentine, en souvenir de la confédération qui a existé par intervalles, quand les provinces se sont érigées en États autonomes. Elle occupe sur la rive droite de l’Uruguay et duParana, dont la réunion forme le large et profond fleuve de la Plata , un territoire de 1, 500, ÜOÜ kilomètres carrés, peuplé de 1,500,000 âmes, un habitant par kilomètre carré. C’est dire qu’une immense étendue de pays, bien que fertile et bien irrigable, est inculte et dépeuplée : là, sous le nom de pampas et de chacos, règne la solitude, à peine troublée par quelques peuplades indiennes. La civilisation, importée parles Européens, s’est jusqu’à présent concentrée sur le littoral, ou le long du fleuve

principal et de ses affluents. La capitale de l’Etat est Buenos-Aires, ville de 200,000 habitants, grande place de commerce en relation d’affaires avec les principaux centres commerciaux d’Europe. Après elle, on peut citer encore, pour leur population et leur importance administrative ou commerciale, Cordova (25,000), Rosario (20,000) , Corrien tes (13,000), etc. C’est dans les villes qu’habitent les blancs, qui forment le quart de la population, et comprennent deux groupes : d’une pari, les descendants des Espagnols purs ou mêlés avec les indigènes, mais avec prédominance de sang blanc; et de l’autre, les émigrants européens qui débarquent tous les ans sur les rives de la Plata,et s’établissent dans le pays, temporairement ou pour toujours, séduits par la beauté du climat, la fertilité du territoire, la libéralité des lois et des mœurs, la facilité de gains élevés. Depuis 1867, il en arrive 25,C00 par an. Les campagnes sont abandonnées soit aux gauchos, pâtres à demi sauvages qui, montés â cheval et armés du lasso, gardent les troupeaux des estancias, soit aux tribus indiennes, à demi ralliées au christianisme, ou même tout à fait réfractaires à la civilisation. — Le revenu public de l’Etat s’élève à 63 millions de francs; le commerce à 350 millions de francs. Les principaux articles d’exportation sont : les peaux, les laines, les suifs et graisses et, en général, les produits, issues et débris d’animaux, dont la préparation constitue l’industrie locale. Le commerce se fait par les ports intérieurs (Rosario, Parana, Corrientes, etc ), échelonnés le long du fleuve et de ses branches.

La république de I’Uruguay, entre la mer, la Plata et le fleuve Uruguay, s’est nommée aussi Bandf. ou République orientale, à raison de sa position. Sur une superficie de 185,000 kilomètres carrés, c’est-à-dire grande comme le tiers de la France, elle n’a guère que 300,000 habitants, Espagnols purs et mélangés ou émigrants. Sa capitale est Montévidéo, peuplée de 60,000 habitants; son revenu monte à 50 ou 55 millions de francs, son commerce à 125 millions, fl s’opère par les deux principales villes, Montévidéo et

Colonia, et se compose, comme pour la république Argentine, principalement de produits animaux, viandes, cuirs, laines , issues. A Montévidéo , comme à Buenos-Aires , l’élément basque domine dans l’émigration.

, La république du Paraguay occupe, entre les grandes rivières du Paraguay et de la Parana, une superficie de 911,000 kilomètres carrés, peuplée de 1,337,000 habitants; mais tel est le voile qui couvre ce pays, que d’autres évaluations, moins avantageuses à l’ambition de cet État, ne portent son territoire qu’à 226,000 kilomètres carrés et sa population à 500,000 âmes. Quoi qu’il en soit, on sait que la prépondérance est acquise au guarani, ancien type indigène qui a absorbé le type espagnol. La capitale est l’Assomption, (25,000), sur le Rio-Paraguay. On suppose le revenu de 12 à 13 millions de francs : les principaux articles d’exportation sont : le maté, feuille desséchée qui fait une infusion théiforme et stimulante, le tabac, des bois, les produits et dépouilles d’animaux. — Après une résistance de plusieurs années, la république du Paraguay a succombé dans la guerre où elle s’était engagée contre les forces unies du Brésil, de la république Argentine et de l’Uraguay, et son sort est à la discrétion des vainqueurs, qui ont promis, avant la lutte, de respecter l’autonomie de l’État, tout en lui demandant des garanties de bon voisinage.

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