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L’EMPIRE DIT BRÉSIL

L’empire du Brésil, avec ses 6 à 7 millions de kilomètres carrés, égale presque en étendue les deux tiers de l’Europe; et il ne possède que 11 millions 780,000 habitants, dont 10 millions 380,000 libres et 1,400,000 esclaves, dernière et unique trace de l’esclavage sur le territoire continental de l’Amérique. Les blancs plus ou moins purs, Portugais en majorité, composent la moitié de la population; les indigènes comptent pour un demi-million; le reste est formé du mélange un peu confus de toutes les

races qui, dans les pays de souche ibère, celtique ou latine, se croisent avec une facilité inconnue aux peuples de souche anglo-saxonne. Après avoir été pendant trois siècles une colonie portugaise, le Brésil a proclamé son indépendance, mais en maintenant le gouvernement monarchique et la dynastie des Bragance : aussi la rupture avec la mère patrie a-t-elle eu, moins que dans le reste de l’Amérique, le caractère d’une lutte violente et d’une guerre civile. Le gouvernement est aux mains d’un empereur assisté de deux chambres. Le revenu public est évalué à 150 millions de francs; le commerce est estimé à un milliard de francs, exportations et importations réunies, et met en mouvement 3 à 4,000 navires jaugeant un million de tonneaux. Les principaux articles d’exportation sont les produits des cultures tropicales : café, coton, sucre, tabac, cacao, etc., et en outre, les diamants et pierres précieuses, les cuirs, les bois, etc. Occupant 30 degrés de latitude et autant en longitude, traversé dans toute sa moitié méridionale par diverses chaînes, couvert d’épaisses forêts qui s’étendent dans les plaines baignées par l’Amazone, le plus grand fleuve de la terre, dont le cours majestueux, grossi par deux cents tributaires, se déroule dans une immense plaine, le Brésil offre à l’activité humaine les ressources les plus abondantes et les plus variées, sous un climat qui présente une trèsample échelle de températures et la plus splendide végétation. La nature est préparée pour tout produire et il ne lui manque que les capitaux, l’intelligence et les bras de l’homme, surtout de l’homme libre. Le gouvernement brésilien s’applique à attirer l’émigration européenne, et il y réussit dans quelque mesure, surtout vis-à-vis des Allemands; mais le peu qui est fait n’est rien à côté de ce qui reste à faire, et le progrès sera d’autant plus marqué que les lois et les mœurs se rapprocheront davantage des conditions politiques et économiques qui sont faites à Immigration dans l’Union américaine. Quarante à cinquante mille colons allemands établis dans la région méridionale y ont introduit avec succès la culture des céréales et l’élève du bétail . — La capitale du Brésil est Rio-Janeiro , grande

ville de 400,000 âmes, sur la baie de ce nom, célèbre par sa beauté. Après elle, on cite Bahia (140,000), Pernambouc (100,000), Saint-Louis de Maragnan (30,000), Belem ou Para (25,000), Saint-Paul (25,000). Ce sont les principaux foyers du mouvement commercial, auquel participent aussi une multitude de ports secondaires distribués sur une ligne de 1,200 lieues de rivage.

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