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CHAPITRE IV

l’atmosphère

Autour de la masse arrondie des terres et des eaux qui composent notre Planète, se déploie l’atmosphère, enveloppe sphérique, diaphane, élastique, compressible, pénétrable, douée d’une fluidité extrême, et dont les éléments concourent d’une manière si intime à tous les phénomènes du globe, qu’elle en est, à juste titre, considérée comme le complément nécessaire et une partie intégrante. Sa dilatation augmentant à mesure que l’on remonte dans les couches supérieures, l’épaisseur de l’atmosphère échappe à la précision des mesures et des calculs , et ses limites flottent indécises, au-dessus de la terre , fondues sans doute par une insensible raréfaction, avec l’éther, le milieu encore plus subtil de l’univers. La partie appréciable de l’atmosphère ne paraît pas dépasser 75 kilomètres, quoique certaines observations la reculent jusqu’à 320 et 3 10 kilomètres. Son poids est 770 fois moindre que celui de l’eau; sa masse est évaluée au 1200/000' de la masse terrestre. Malgré cette légèreté, les couches superposées ne laissent pas de peser sur la terre et les êtres qui l’habitent, par une pression égale à celle d’une colonne de 76 centimètres de mercure ou de 10 mètres d’eau : sur le corps d’un homme, c’est une pression de 1 1 à 15,000 kilogrammes. Le baromètre est l’instrument qui mesure directement cette pesanteur, variable suivant bien des influences, mais dans des limites peu étendues, et il ne sert qu’indirectemeut à indiquer les variations du temps , par la connexité qui existe entre la pression et les perturbations de l’atmosphère.

L’air, qui est la matière constituante de l’atmosphère, se compose de deux éléments principaux, l’oxygène (20.80) et l’azote (79.20), et de deux éléments secondaires, l’acide carbonique, ou la combinaison d’oxygène et de carbone (3 à 6 dix-millièmes), et la vapeur d’eau (6 à 9 millièmes), celle-ci composée elle-même d’oxygène (88.89) et d’hydrogène (11.11) Ce sont, en réalité, quatre corps seulement à l’état gazeux, l’oxygène, l’azote, le carbone, l’hydrogène, qui constituent la masse atmosphérique, les mêmes, sauf de très-petites parcelles minérales, que ceux constatés par la chimie dans la matière des organismes. Si diverses que soient les formes et les apparences des êtres, le fonds des matériaux est donc à peu près le même, et la vie, dans la nature, consiste surtout dans l’incessante circulation et métamorphose de ces éléments primordiaux.

Par la respiration et l’absorption, lès animaux et les plantes puisent dans l’air certains éléments de leur nutrition, suivant des lois qui agissent, en rqode différent, dans le règne végétal et animal, de manière à produire un échange continu. Les animaux absorbent l’oxygène, le fixent dans leurs tissus et rejettent de l’acide carbonique, qui est un gaz non respirabje et fatal à la vie ; à leur tour, les plantes absorbent l’acide carbonique, fixent le carbone et rejettent l’oxygène. Par ce simple et admirable mécanisme, l’équilibre vital se maintient et l’harmonie physiologique se renouvelle sans fin à la surface du globe.

Une certaine quantité d’air étant nécessaire à la respiration, l’atmosphère raréfiée des hautes cimes des montagnes n’en fournit pas aux poumons la dose suffisante : aussi le voyageur éprouve-t-il, dans les régions supérieures, un malaise violent : à 5 ou 0,000 mètres d’élévation, que ce soit sur l’Himalaya, sur les Andes, ou dans les airs, la souffrance est vive; à la hauteur de 7 à 8,000 mètres qu’ont atteinte certains aéronautes (Gay-Lussac, Barrai et Bixio, Rush et Green), l’accablement est extrême; à 10,000 mètres, où se sont élevés une seule fois ces intrépides pionniers de l’air (Glaisher et Coxwell), la vie touche à la mort : un élan de plus, et les organes se briseraient. Tous

L’ ATMOSPHÈRE

les échelons ascendants de cette pression inégale de l’atmosphère se marquent en traits visibles dans la végétation qui, au delà de la zone des arbres, va s’affaiblissant et se dégradant, à mesure que l’on remonte. L’animalité suit les mômes lois de décroissance jusqu’aux sommets, où les animaux et les plantes finissent par disparaître. Cependant, par un privilège unique, le condor plane plus haut encore, presque invisible dans les profondeurs de l’air. Le rapport qui existe entre la pression atmosphérique et la hauteur des lieux, permet de calculdr les altitudes, soit par la hauteur de la colonne barométrique, soit par le degré d’ébullition de l’eau, deux méthodes que contrôlent les mesures trigonométriques, d’une exactitude bien supérieure.

Dans sa rotation quotidienne d’occident en orient, la terre entraîne l’atmosphère ; mais le déplacement des molécules iluides se faisant plus lentement, l’atmosphère éprouve un mouvement d’orient en occident, comme le navire qui descend un fleuve remonte un sillage aérien en sens contraire de celui de l’eau : ces courants atmosphériques sont les vents alisés, qui soufflent régulièrement de l’est à l’ouest, mais en obliquant vers le nord-est ou le sud-est, suivant l’hémisphère, à cause de l’inégale vitesse de rotation des divers lieux L Au delà des tropiques, les vents subissent l’action de diverses causes, qui en modifient et en masquent la direction normale. La même régularité se trouve, mais en sens opposé, et soumise à des perturbations analogues, entre le 40 e parallèle et le pôle. Ces larges bandes sont séparées par des zones de calme à l’équateur, sous les tropiques et au voisinage des pôles.

A ces courants circulaires répondent d’autres courants, allant du pôle à l’équateur; effet physique de réchauffement des molécules aériennes au contact de la terre, dans la zone torride. Il se produit sur le globe le même phénomène que dans une chambre où brûle un poêle ou une chemi- . née: l’air échauffé se raréfie, s’élève, et s’échappe au dehors; il est remplacé par l’air froid et plus lourd qui vient de l’extérieur par les portes et les fenêtres : le courant établi

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